Dans la religion juive, n’est considéré juif uniquement l’enfant dont la mère est juive, peu importe la religion du père. En effet, un enfant né de père non-juif et de mère juive, sera juif. Par contre, un enfant né de mère non-juive et de père juif, ne sera pas considéré comme juif. Il devra, par la suite, passer par chacune des étapes de la conversion s’il souhaite devenir juif.

Pour quelle raison la judéité passe par la mère ? Pourquoi la religion du père n’est-elle pas prise en considération ?

Tout comme le lien physique entre une mère et son enfant est indubitable, l’héritage spirituel suit la même voie et le même fonctionnement.

En effet, le développement du corps et de l’âme d’un bébé sont intimement liés.

Tout est transmis dans le ventre, depuis la conception jusqu’à la naissance. Le bébé vit à travers la maman. Ils ne forment pas deux entités différentes, ils forment un pendant neuf mois. L’enfant n’est autre qu’une extension de sa mère.

Le papa joue son rôle de géniteur au tout début de la grossesse, puis il jouera ensuite son rôle de père dès la naissance. Mais entre les deux instants, il est détaché du développement de son enfant. La création l’a voulu ainsi.

Alors que, pour la maman, c’est tout à fait différent. Depuis le jour J où elle tombe enceinte, sa vie change et, ce, pour toujours. Son corps lui-même se modifie pour donner la vie, son esprit ne lui appartient plus. Elle vit bébé à toute heure, quand elle le sent bouger elle pense à lui, quand elle ne le sent pas bouger, elle s’inquiète et pense à lui. Les nausées, le ventre qui s’étire, les jambes qui gonflent, les cheveux soyeux, le visage rayonnant (ou pas) sont autant de signes qui montrent au monde entier que la vie est en train de se créer à l’intérieur de cette maman. Et ce n’est qu’un échantillon des longues années de connexion intrinsèque qu’elle va vivre avec son enfant.

Nous ne discutons en aucun cas du lien émotionnel ou de la complicité qui pourront être forts entre un papa et son enfant. Nous parlons plutôt du lien physique unique qui lie chaque mère à sa progéniture.

Au fil des mois, le corps du bébé se développe, le corps de la maman change. Mais pas seulement. Les deux âmes également se lient et se développent.

La judéité est détenue dans l’âme. En effet, une âme juive est particulière, et ainsi, seule une maman qui en détient une peut transmettre ce statut à son enfant. Il n’est aucunement question du niveau de pratique des Mitsvot. Même si une maman juive n’est pas pratiquante, il n’en est pas moins qu’elle transmet cette âme et son étincelle à son enfant, qui naîtra juif.

Le lien entre une mère et son enfant, durant la grossesse, est tellement fort, qu’il en est perturbant. On a du mal à concevoir la puissance de cette relation. Mais lorsqu’on assimile la force de cette attache, on peut aisément comprendre que la maman transmette à son bébé son patrimoine spirituel à la même enseigne que son patrimoine physique.