Le calendrier juif est si bien conçu que chaque fête requiert un travail particulier de notre part, en plus de véhiculer un message qui lui est propre. Tel que vous le savez sûrement, nous vivons présentement une période que l’on qualifie du ‘Omer. En effet, le ‘Omer, qui dure précisément 7 semaines, s’étend de Pessa’h à Chavou’ot et constitue un moment propice pour parfaire nos Middot (traits de caractère) avant le don de la Torah.

Mais le ‘Omer est aussi une période tragique lors de laquelle les 24 000 élèves de Rabbi Akiva ont péri parce qu’ils ne faisaient pas preuve de respect les uns envers les autres. La plaie fut si terrible que pas moins de 1000 élèves trouvaient la mort chaque jour durant 24 jours consécutifs. Cette tragédie cessa miraculeusement durant le jour de Lag Ba’omer (33e jour du ‘Omer).

Cet événement doit néanmoins nous faire arquer un sourcil. Comment se fait-il que les élèves de Rabbi Akiva, qui est considéré comme le maître de la Torah orale, l’homme qui a quitté sa femme durant 24 ans pour étudier la Torah d’Hachem, puissent périrent ainsi ? Comment est-ce possible que des géants en Torah ne fassent pas preuve de respect les uns envers les autres ? L’essence d’un Talmid ‘Hakham (littéralement, un élève émérite) n’est-il pas de travailler son comportement ainsi que la façon dont il traite autrui ?

Plusieurs réponses sont offertes pour tenter de comprendre ce phénomène. Le Rav Kagan propose une magnifique explication. Lorsqu’un Ben Torah est trop absorbé par son étude, surtout lorsqu’il en vient au Talmud, ce dernier peut être porté à croire que sa façon d’interpréter une page ou un traité est la bonne ; la seule et unique manière de comprendre le texte. Il est très probable qu’il soit si convaincu que sa compréhension soit juste qu’il fasse carrément fi de l’opinion de son partenaire d’étude ou de son camarade. C’est exactement ce qui s’est produit avec les Talmidim (élèves) de Rabbi Akiva. Leurs connaissances en Torah étaient incommensurables, mais leurs traits de caractère n’ont pas été travaillés.

Le Rav Kagan tire de cet épisode une autre leçon qui peut s’appliquer directement à nos vies. Lorsqu’on cherche à donner, il est facile de perdre le fil des besoins de l’autre. Très souvent, donner peut facilement devenir prendre. Lorsque l’on donne, il est fréquent que l’on cherche à satisfaire nos propres envies et besoins. À l’inverse, un vrai donneur reste à l’affût des besoins de son prochain et fait preuve d’une immense sensibilité afin de s’assurer que ces derniers soient comblés, ni plus ni moins.

Quel est le lien avec les élèves de Rabbi Akiva ? Ces derniers, lors de leurs séances de ‘Havrouta (période d’étude en pairs) ou bien simplement lorsqu’ils se côtoyaient, n’étaient pas attentifs aux dires et aux sentiments de leurs camarades. Et c’est exactement ce manque de considération qui a causé leur perte.

Puissions-nous tirer une grande leçon de cet épisode tragique du peuple juif afin de bien faire l’équilibre entre l’étude de Torah et l’amélioration de nos Middot, et ainsi ne pas heurter qui que ce soit. En combinant ces deux piliers, nous aurons ainsi l’opportunité d’être les véritables émissaires du Maître du Monde et montrer l’exemple de la bonne conduite qu’un juif doit adopter.