L’on a attribué à chaque fête juive un symbole qui lui est propre et caractéristique. À Pessa’h, nous avons la Matsa, à Souccot, la Soucca, mais à Chavouo’t, qu’avons-nous ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, le symbole de Chavouo’t est … la femme.  En effet, l’essence même de Chavouo’t est la Emouna, la foi, puisqu’il s’agit de la fête célébrant le don de la Torah. Et c’est la femme qui est le véhicule et l’incarnation même de la Emouna.

Afin d’explorer la question, remontons à la sortie d’Égypte ainsi qu’à la fête de Pessa’h. Il est écrit dans le Midrash sur le livre de Chémot que c’est par le mérite des femmes que le peuple juif a mérité d’être extirpé d’Égypte. En effet, lorsque Par’o a décrété de faire tuer tous les nouveau-nés masculins, les hommes ont sombré dans le désespoir et ont cru que leur perte était arrivée. Qu’ont fait leurs épouses ? Elles ont pris des miroirs, se sont faites belles, et se sont empressées d’aller retrouver leurs conjoints dans l’objectif de perpétuer la descendance du peuple juif et d’empêcher Par’o de parvenir à ses fins. De par leur foi inébranlable, elles étaient persuadées que, malgré les conditions exécrables que le peuple juif endurait, Hachem n’allait pas laisser tomber Ses enfants. Leurs intentions si pures et honnêtes ont sans aucun doute précipitées la naissance de plusieurs nourrissons, dont Moché Rabbénou, ainsi que l’éventuelle sortie d’Égypte.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Lors du don de la Torah, Hachem dit à Moché :

« Et ils Me construiront un sanctuaire, pour que Je réside au milieu d'eux » (Chémot 25 :8). Au sein de ce sanctuaire, les mêmes miroirs auxquelles les femmes avaient eu recours en Égypte ont été utilisés pour concevoir un bassin dans lequels les Cohanim (prêtres) se lavaient les mains. Alors que la construction du Mishkan (Tabernable) s’acheva, Moché demanda à Hachem si c’était une bonne idée que de simples miroirs, et, par surcroît, des miroirs ayant été employés à des fins qui ne semblaient a priori pas si saintes, soient incluent dans la construction du Michkan (Tabernacle). Hachem a rétorqué à Moché que tout objet se trouvant dans son Tabernacle était d’une immense sainteté, mais que ces miroirs, eux, étaient tout particulièrement chéris par le Maître du monde. Ainsi, en examinant les actions des femmes en Égypte et lors de la construction du Tabernacle, nous pouvons leur attribuer une Midda (trait de caractère) : celle de la Emouna, la foi.

Le concept de Na’assé Vénichma’, nous ferons et après nous comprendrons, constitue une autre raison pour laquelle la Emouna représente le symbole de Chavouo’t. En effet, Hachem a demandé à tous les peuples du monde s’ils désiraient recevoir la Torah avant de s’arrêter au peuple juif, mais chacun avait des conditions bien précises. Seuls les enfants d’Israël ont rétorqué qu’ils accepteraient la Torah sans intérêt, mais plutôt par amour et par foi entière pour la vérité. La Emouna constitue donc l’identité même du peuple juif, puisque c’est grâce à cette dernière que nous avons accepté inconditionnellement de recevoir la Torah.

En somme, la fête de Chavou’ot nous requiert de préserver cette identité et nous enjoint de recevoir et de suivre tous les commandements, même ceux que l’on ne comprend pas. Mais au bout du compte, cette capacité unique à croire en la véracité de chaque mot de la Torah, à croire qu’Hachem est juste et bon, nous a été sans aucun doute instillée par les mères d’Israël, tel qu’il a été le cas en Égypte et dans le désert. Puissions-nous célébrer Chavou’ot dans la joie, la plénitude, et la foi !