Le jeûne du 17 Tamouz souligne cinq fautes tragiques dans lesquelles l’ensemble du peuple juif s’est impliqué, hormis une seule. L’exception à la règle constitue la fabrication et la vénération d’un veau d’or, et subséquemment, la destruction des Tables de la Loi par Moché Rabbénou. À ce propos, il nous est révélé que les femmes n’ont pas été impliquées d’une quelconque manière dans l’épisode du veau d’or. Ainsi, pourquoi sont-elles également tenues de respecter ce jeûne ? Afin de répondre à la question, relatons brièvement les événements qui ont conduit à la réalisation du veau d’or, ainsi que leur signification.

Convaincus que leur maître Moché est décédé alors qu’il était supposé redescendre du mont Sinaï afin de leur transmettre la Torah, les Bné Israël sont complètement déboussolés et succombent aux propos mensongers du Satan. C’est alors que ces derniers s’adressent à Aharon, le grand prêtre :

"Allons ! Fais-nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Égypte, nous ne savons ce qu'il est devenu" (Chémot 32 :1). Aharon leur répondit : "Détachez les pendants d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et me les apportez" (Chémot 32 :2).

Ainsi, dans ces deux versets, nous pouvons observer que les femmes sont restées en retrait, à la merci des hommes qui voulaient à tout prix construire un D.ieu fait de poussière. En fait, Rachi explique qu’à l’origine, elles ne voulaient pas faire offrande de leurs bijoux, mais elles y ont finalement succombé à la suite de pressions incessantes de leurs maris.

Selon le Rav Yéhiel Jessurun de Montréal, les femmes, malgré le fait qu’elles n’aient pas fauté, sont quand même concernées par la faute de leurs époux ou de leurs fils. Il n’est pas possible que ces dernières se dissocient de cela. Une femme ne peut pas dire « c’est mon époux qui a commis cette faute, et cela ne me concerne donc pas ». Un couple ne forme qu’une seule chaire, et, pour une femme, ses enfants font partie intégrante d’elle. Ainsi, les femmes sont tout de même tenues responsables par la faute qu’ont commise leurs conjoints ou fils. A ce propos, elles auraient pu au contraire user de leur influence pour les dissuader de faire une telle chose, ce qui n’a pas été le cas.

Pour illustrer cet argument, prenons l’exemple de la rébellion de Kora'h, événement que l’on a rencontré il y a quelques semaines dans la Paracha qui porte le même nom. Au sein des hommes qui étaient entraînés par Kora'h, seulement un s’est désisté, One ben Pélèt. Et devinez qui l’a dissuadé ? Sa femme ! C’est son épouse qui l’a résonné en lui affirmant que de se lancer dans une dispute avec les chefs du peuple d’Israël n’augurait rien de bon, et qu’il valait mieux se retirer sur-le-champ. Encore une autre femme qui sait entendre raison !

Mais quelle leçon pouvons-nous tirer de cet épisode ? En tant que femmes, nous avons la responsabilité d’instiller en nos maris et nos enfants la Emouna (la foi) en Hachem. Si les femmes avaient su davantage l’instiller lors de l’événement du veau d’or, peut-être que ce dernier n’aurait pas eu lieu. Nous avons le devoir d’assurer l’avenir et d’élever la prochaine génération. La faute du veau d’or et le jeûne du 17 Tamouz nous font réaliser que la femme juive a de lourdes responsabilités, et que, malheureusement ou heureusement, elle peut difficilement s’en décharger.

Puissions-nous mener nos familles à bien, sur le chemin de la Torah, et sur celui des responsabilités !