Le Chabbath et les fêtes, nous sommes beaucoup plus nombreuses à nous retrouver, côté femmes, à la synagogue. Mais savez-vous que beaucoup d’entre nous, sans le savoir, passent à côté de grandes bénédictions ? Celles des Cohanim...

Pendant l’office du matin, plusieurs étapes saintes se succèdent pour nous rapprocher d’Hachem. L’un des points culminants est Birkat Cohanim, la bénédiction des Cohen pour toute l’assemblée, nous y compris.

La signification

Savez-vous que la bénédiction des Cohen a été instaurée par Hachem, directement ? Pourquoi une telle demande explicite ?

Dans le Midrach Tan’houma, il est ramené : « Lorsque les Bné Israël ont entendu le Saint béni soit-Il dire : "Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël", l’assemblée d’Israël s’adressa au Saint béni soit-Il : "Maître du monde ! Tu demandes aux Cohanim de nous bénir ? Nous n’avons besoin que de Ta bénédiction, d’être bénis par Ta bouche, comme il est dit : Jette un regard du haut des cieux, Ta sainte demeure, et bénis Ton peuple Israël." Le Saint béni soit-Il leur répondit alors : "Bien que j’aie demandé aux Cohanim de vous bénir, Je suis parmi eux et vous bénis, comme il est dit : Ils imprimeront ainsi Mon Nom sur les enfants d’Israël et Moi Je les bénirai" ».

On comprend à présent qu’il s’agit d’un moment solennel, où le Créateur du monde est présent, et à travers Ses intermédiaires, nous envoie un flux de bénédictions.

Pourquoi alors une telle confusion ?

Beaucoup de femmes, par ignorance, se détournent des Cohanim pendant qu’ils récitent la bénédiction, alors qu’il faut justement être face à eux, mais en gardant les yeux baissés. La confusion vient du fait qu’à l’origine (à l’époque du Beth Hamikdach), il était interdit de regarder les Cohanim au moment de la bénédiction (même une seule seconde), car c’est à ce moment précis que la Présence Divine reposait sur eux. Mais aujourd’hui et puisque les Cohanim se recouvrent de leur Talith, cette Halakha n’a plus cours. Cependant, on continue de veiller à ne pas les contempler (c’est-à-dire les regarder fixement pendant un long moment), pour une autre raison : il s’agit de ne pas se déconcentrer soi-même, au risque de passer à côté de la Brakha. [1] 

Comment bénéficier au mieux de la bénédiction ?

Déjà, pour la recevoir au mieux, on doit donc se tourner vers eux et baisser la tête, ou fermer les yeux (même si nous sommes bien sûr séparées par un rideau, un paravent, ou toute sorte de “Me’hitsa” qui crée un espace 100% féminin et Cachère). L’objectif est de bien penser à chaque mot prononcé, pour recevoir ces puissantes bénédictions !

Il est aussi important de comprendre le sens des 3 versets prononcés par les Cohanim, afin de pouvoir se concentrer au mieux. Voici ci-dessous la traduction en français :

Que D.ieu te bénisse et qu'Il te garde,

Que D.ieu éclaire Sa face vers toi et qu'Il te prenne en grâce,

Que D.ieu tourne Sa face vers toi et qu'Il te mette la paix.

Ces bénédictions évoquent successivement la réussite matérielle, la réussite dans l’étude de la Torah, l’instauration du Chalom (la paix et la quiétude)... et nos Sages enseignent que la Birkat  Cohanim contient toutes les bénédictions ! Elle peut donc nous aider à obtenir tous nos besoins ! Ne passons pas à côté...

La force de la prière personnelle 

Avez-vous remarqué que les Cohanim égrènent lentement chacun des mots qui composent cette bénédiction ? A la différence des autres, pourquoi spécialement pour celles-ci doivent-ils marquer des pauses entre chaque mot ?

Et bien, c’est parce que toute l’assemblée doit prendre part à cette prière ! Même nous (surtout nous, car nous connaissons la force des prières des mamans) !

Ainsi, chacun des mots renferme une force de bénédiction exceptionnelle. Il est bon d’accompagner (à voix basse) par une prière personnelle, ou par des extraits des textes saints (entre chaque mot prononcé par les Cohanim, mais pas pendant).

Dans beaucoup de livres de prières (type Sidour), vous trouverez en hébreu les passages bibliques à réciter.

Mais vous pouvez aussi laisser parler votre cœur et votre Néchama (âme) pendant ces instants de grande bienveillance de la part de notre Créateur. Confiez-Lui vos doutes et vos espoirs. 

La plus forte des Ségoulot

Il n’y a aucun doute à dire que la force de cette bénédiction est plus forte que toutes les Ségoulot.

D’ailleurs, le Rav Steinman avait dit à ce propos : « Il est très fréquent que des visiteurs viennent me voir pour divers problèmes, ils demandent à obtenir des bénédictions, et très souvent, ils sont prêts à voyager loin dans ce but, même s’ils n’ont aucune garantie de l’effectivité des Brakhot de ceux qui les bénissent. Ils ne font pas attention au fait que tout près de chez eux, chaque jour, ils peuvent bénéficier d’une Brakha garantie par le Saint béni soit-Il, qui apporte de nombreux bienfaits », tout en éclaircissant ses propos : « C’est la Brakha récitée tous les jours par les Cohanim… Pourquoi ne pas faire l’effort de rechercher le mérite de la bénédiction des Cohanim ?! ».

Rappelez-vous que, de la même façon que vous n’auriez jamais idée de tourner le dos à votre père qui vous souhaite le meilleur, ainsi, vous devez vous tenir face aux Cohanim, prêtes à recevoir l’amour d’Hachem, Sa bonté et Sa réussite.

Que par le mérite de la Birkat Cohanim, toutes vos prières soient agréées ! 

Béhatsla’ha à toutes !

[1] : Michna Boura 2, 128 - Halakha 23