Boum boum boum ! À peine la fête de Sim’hat Torah terminée, j’entends déjà mes voisins dévisser, démonter et retirer leur Soucca. Ça fait un petit pincement au cœur quand même ! On les voit s’investir comme de vrais architectes, et à peine quelques jours plus tard, ils enlèvent déjà ce qu’ils viennent de construire. De quoi se dire : « bon, la prochaine fois, j’en ferai pas des caisses pour huit jours seulement ! » Et pourtant, chaque année, ils recommencent avec la même ardeur. Pourquoi alors s’investir dans quelque chose d’éphémère ?
Souccot, c’est tout sauf éphémère…
Il nous reste, bien sûr, de précieux souvenirs : ces repas partagés sous le Skhakh (le toit de la Soucca), cette ambiance unique, les rires, la joie… Et pour les enfants, dormir dans la Soucca, ça n’a pas de prix ! C’est quelque chose qui reste gravé dans leur mémoire et dans leurs cœurs. Bon, nos voisins nous détestent peut-être un peu plus cette année à cause du vacarme des petits à côté du mur mitoyen… mais ils nous l’ont bien rendu avec une fête d’anniversaire et musique à fond jusqu’à 23h30.
Mais surtout, ce qu’il reste de Souccot, ce sont nos Mitsvot. Souccot, c’est le jackpot des Mitsvot ! Le seul fait d’être dans la Soucca, c’est en soi une Mitsva, y dormir aussi. Une Mitsva que l’on fait avec tout son corps ! On est littéralement enveloppé dans la sainteté. Et cette sainteté, elle ne s’en va pas quand on démonte la Soucca : elle nous accompagne toute l’année, et nous promet un salaire sans pareil dans le monde futur.
Le parallèle avec notre vie...
Bien sûr, on s’applique à “décorer” notre existence : un bon travail, une belle maison, des enfants heureux et épanouis… Et c’est important, bien sûr. Mais que restera-t-il à 120 ans, quand Hachem viendra reprendre nos “superbes cabanes” ? Nos Mitsvot. C’est ça, notre vrai patrimoine. Tout le reste ? Comme la Soucca, ça s’envole après huit jours… ou après une vie bien remplie.
Alors évidemment, on ne fait pas les Mitsvot pour “gagner des points”, même si chaque Mitsva apporte un mérite immense qu’on ne peut même pas imaginer. On les accomplit parce qu’on a la conviction que les Mitsvot sont pour notre bien : « Ce que l'Éternel, ton D.ieu, te demande uniquement, c'est de Le révérer, de suivre Ses voies, de L'aimer, de Le servir de tout ton cœur et de toute ton âme, en observant les préceptes et les lois que Je te prescris aujourd'hui, pour devenir heureux » (Deutéronome 10:12-13). Chaque Mitsva nous élève, nous protège, nous rapproche de Hachem et nous rend… heureux, qui dit mieux ?!
Alors oui, mes voisins ont déjà démonté leur Soucca. Moi, je n’ai pas encore le cœur à le faire. Je préfère m’en séparer en douceur, pour garder encore quelques instants le parfum de la fête… et surtout, le goût d’éternité qu’elle laisse derrière elle…





