C'est après une vie de stérilité que Sarah conçut et enfanta un fils à Avraham, qui était alors âgé de 100 ans... Quel Miracle ! Quelle joie ! Quel soulagement ! Voilà l'aboutissement de toutes les Téfilot qui comble ce couple de Tsadikim (Justes) en leur donnant le mérite de voir la promesse d'Hachem se réaliser, comme il est écrit : "Dieu l'Éternel, que me donnerais-Tu, alors que je m'en vais sans postérité, et que le fils adoptif de ma maison est un damascénien, Eliezer ?". Mais voici que la parole de l'Éternel vint à lui, disant : "Celui-ci n’héritera pas de toi, c'est bien un homme issu de tes entrailles qui sera ton héritier". Il  Le fit sortir en plein air, et dit : ”Regarde le ciel et compte les étoiles, peux-tu en supputer le nombre ? Ainsi, sera ta descendance.” [1]  

Avraham s’annule devant Hachem et le sert avec amour

Et là, arrive la 10ème épreuve de Avraham Avinou, celle de devoir sacrifier Ist'hak, son fils unique et tant désiré ! Arrêtons-nous un instant et essayons d'imaginer ce qu'a ressenti Avraham Avinou au moment de l'ordre d’Hachem. Sacrifier lui-même son fils, son seul héritier, celui qu'il a eu après tant d'années !

Rav Israël Salanter pose la question suivante : pourquoi est-ce qu'on s’étonne tellement qu’Avraham Avinou ait fait face à cette épreuve et ait accepté de faire monter Its'hak sur l'autel ? Est-ce qu'il aurait pu refuser quelque chose à Hachem ? Est-il difficile pour Hachem  de les prendre les deux de ce monde ? Et qu’il y a t-il de spécial dans ce sacrifice qui nous a donné le mérite à nous, le peuple juif, d'en tirer profit jusqu'à aujourd'hui ?

Rav Israël répond en disant que Hachem n'a pas ordonné à Avraham d’égorger son fils. Il lui a juste dit : ”Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Its'hak, achemine-toi vers la terre de Moria. Et là, offre-le en holocauste sur une montagne que je te désignerai" [2].

Il insiste sur le fait qu’Hachem n'a pas dit explicitement d’égorger Its'hak mais seulement de l'offrir en Holocauste. Avraham Avinou s'est dit : ”Je n'ai pas besoin que D.ieu me dise d’égorger mon fils. Je comprends seul ce que Hachem attend de moi et je Le devancerai par ma propre initiative, si c'est ce qui Lui fera plaisir".

Quel Amour incroyable ! Avraham s’annule complètement pour faire la volonté de son Créateur, et de quelle manière le fait-il ? Le texte dit : ”Avraham se leva de bonne heure, sangla son âne…” [3]

Rachi nous apprend que Avraham Avinou s’empressa d'accomplir la Mitsva et sangla son âne lui-même alors qu’il aurait pu le demander à ses serviteurs. Dans sa façon d'agir, il n'a ressenti aucune contrainte. Au contraire, il a fait preuve d'une motivation et d'un enthousiasme exceptionnel.

Et là se trouve toute la grandeur du père de la nation juive qui vient nous enseigner une règle essentielle dans notre service divin, ainsi que dans notre relation avec autrui...

L'essentiel n'est pas combien donner mais comment donner !

Dans les Pirké Avot (Maximes des Pères), il est rapporté que celui qui accueille son prochain avec un visage souriant, c'est comme si il lui avait donné tous les cadeaux du monde ! Et au contraire, celui qui donne à son prochain tous les cadeaux du monde, mais avec un visage aigri, c'est comme si il ne lui avait rien donné du tout. [4]

Pourquoi cela ? Tout simplement parce que le besoin de l'homme est de se sentir apprécié ! Et c'est le message que l'on fait passer quand on sourit, comme l'enseigne le Maharal.

Donner avec un sourire, c’est donner son cœur ! Donner froidement est un acte machinal, qui peut souvent vouloir dire : je donne mais je suis bien obligé de le faire.

Alors, Mesdames, rappelons-nous de ceci dans notre vie au quotidien, spécialement avec notre mari ! Par exemple quand nous servons le repas, n’oublions pas de le servir avec joie, et de rajouter des phrases comme : ”Tu vois chéri, je suis allée spécialement acheter des aubergines, je sais que c’est ton légume préféré !”. Ou alors : "Tu as vu, j'ai mis le collier que tu m'avais acheté et que tu adores !"

De cette manière, on exprime notre volonté de rendre heureux notre conjoint, et nos efforts prennent alors une dimension autre que celle de simples actes techniques.

Un mari qui ressent l'amour de sa femme à son égard s’épanouira, et parviendra à faire sortir les forces qu’il a en lui. Nous avons, nous les femmes, un très grand pouvoir d'influence sur la réussite de nos maris. Que ce soit au niveau spirituel ou professionnel ! D'ailleurs, il y a un grand Rav qui a écrit à sa fille une lettre avant qu'elle ne se marie, et dans laquelle il lui disait : ”Sache que tu es l'ange qui se tient au-dessus de ton mari et qui lui dit... grandis !”

N’oublions pas également que les premières gagnantes de cela, ce seront nous, les femmes. Car un mari qui se sent aimé renverra cet amour sur sa femme, et cela mettra alors en marche une dynamique positive qui nourrira la relation sentimentale.

Réussir dans sa vie de couple n'est pas une mission facile aujourd'hui. Il est vrai que la femme est souvent débordée puisqu'elle fait face à d’innombrables tâches journalières : entre le travail à l'intérieur de sa maison, et son travail à l'extérieur, franchement, nous méritons des médailles !

Mais Hachem ne nous a pas abandonnées. Et tous les secrets de la réussite sont écrits dans notre sainte Torah. Il faut juste s'armer d'une bonne volonté et ne pas oublier de demander de l'aide à Hachem ! "Je t'en prie, Maitre du monde, aide-moi à être une bonne épouse, celle qui aura le mérite d'être appelée : une aide à ses côtés...".

Chabbath Chalom à toutes !

 

[1] Béréchit, Chap. 15, versets 2,4,5

[2] Chap.22, verset 2

[3] Chap. 22,verset 3

[4] Pirké Avot, Chap. 13