J'ai embrassé ma mère défunte sur la bouche

Rédigé le Mardi 3 Novembre 2020
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Quand ma mère est décédée, je l'ai embrassée sur la bouche.

Or, on m'a dit que c'était grave de par sa Touma (impureté), est-ce vrai ?

La réponse de Rav Avraham GARCIA
Rav Avraham GARCIA
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Chalom Ouvrakha,

La source de cette interdiction provient du Séfer 'Hassidim [notes 4 et 236], qui nous met en garde que cela met en danger celui qui embrasse le défunt [voir aussi Rokéa'h fin du Siman 316 et autres].

Néanmoins, il y a lieu de supposer que cette interdiction ne concerne que le parent qui embrasse son enfant défunt [Lo 'Alénou], car nous retrouvons beaucoup de sources desquelles nous constations que le mort fut embrassé par son enfant, voire même son élève [Yalkout Chimoni Parachat Mass'é note 787, Yérouchalmi fin du deuxième chapitre de Chabbath, Zohar Parachat Haazinou page 297b].

Et nous citerons en tête le cas de Yossef qui embrassa son père après son décès [Parachat Vayé'hi chapitre 50, voir Torah Chléma sur place]. Le Tsror Hamor nous affirme donc qu'il y a possibilité [et peut-être "obligation"] d'embrasser son parent défunt.

Le Ma'avar Yavok [Sfat Emèt chapitre 11] et d'autres précisent que cette dérogation n'inclut pas les parents qui désireraient embrasser leurs enfants décédés, et ce serait même dangereux pour eux.

En revanche, le Or Ha'haïm Hakadoch [Parachat Vayé'hi] nous explique que Ya'acov, par sa Tsidkout [piété], pouvait être embrassé par son fils, mais de manière générale, ce n'est pas à faire et cela apporte l'impureté sur celui qui embrasse le défunt. Cet avis a été attesté par plusieurs Rabbanim, comme le Yafé Lalèv tome 5-344, le Malbim, le Emek Davar, le 'Hida, etc.

Conclusion : l'interdit d'embrasser un défunt est en vigueur pour le parent qui perd son enfant. En ce qui concerne les autres cas, comme par exemple un enfant qui désire embrasser son parent, cela n'est pas interdit, mais à éviter [voir Pit'hé Téchouva Yoré Dé'a 394,1].

Kol Touv.

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