Est-ce possible que du rappeur israélien hip-hop, Ravid Plotnik, « tétsé Torah » ???!!!
On dirait bien.

Et si ce n’est pas exactement la Torah comme on la connaît qui émerge de ses textes, c’en est tout du moins sa substance.

Ravid, 37 ans, pose un regard complètement personnel et sans concession sur l’establishment israélien qui a imposé à ce peuple d’exception, enfin revenu sur sa terre, un modèle de vie étranger aux valeurs de ses Pères.

Ravid observe et dénonce ce positionnement élitiste, ultra-laïc, détaché de ses racines millénaires.

La chanson « Sim'ha » – Joie – par exemple, est un manifeste dénonçant les abus du système sioniste 'Hiloni sur l’innocence du Juif, et exaltant un retour à la foi, aux racines et à la simplicité. On s’étonne presque que les chaînes de radio nationales l'aient diffusée à profusion, à heure d'écoute maximale, malgré des paroles décapantes au possible. 
Lorsque le talent s'impose, la censure devient impossible. 

Miroir, miroir - Qui a peur de Ravid Plotnik... ?

Ravid n’est pas « religieux » au sens littéral, mais complètement relié à ses racines, à sa ville natale, Péta'h Tikva, et laisse librement la judéité qui vibre en lui s’exprimer.

Et que personne n’ose essayer de la lui retirer !!

Pas touche à mon patrimoine, à ma foi millénaire, celle qui a porté mes pères, ma mère (décédée alors qu’il avait 3 ans et venue d’Éthiopie enfant)… Pas touche à la spécificité de mon peuple, dit-il dans des textes riches, qui explosent et qui, malgré leur audace – où grâce à elle –, réussissent à conquérir le grand public.

Lui qui pensait rester dans l’underground des rappeurs et des rasta men… 

Miroir, miroir - Qui a peur de Ravid Plotnik... ?

Miroir, miroir - Qui a peur de Ravid Plotnik... ?

Mais pourquoi tergiverser, décollons avec ses textes :

Cette joie, cette joie-là, ils ne te la prendront pas
Et dans cette joie, dans cette joie-là, mon frère, je suis avec toi


[...]On nous a vendu une histoire de sionisme et de renaissance
Vous avez volé l’argent, ...
Vous avez enchaîné le corps, maintenant vous voulez l’âme
Mais nous ne sommes plus naïfs, oui
Croyants, fils de croyants

Vous avez manipulé nos parents, oui
Maintenant, vous nous manipulez en face [...]

Vous nous avez séparés de la religion
vous avez volé la conscience

Parmi les nations, nous sommes restés juifs
Parmi les Juifs, nous sommes restés seuls
Nous demeurons fidèles à la tradition
Croyants, priant, offrant l’encens

Vous nous avez entraînés vers le crime, vous nous avez orientés vers le mal
Vous avez fermé le passé, vous avez enterré l’avenir
Combine après combine, qu’est-ce que vous n’avez pas fait ?
Mais une chose, mon frère, ils ne te la prendront pas

La foi — cette foi-là, ils ne te la prendront pas
Et dans la foi, dans cette foi, mon frère, je suis avec toi
La foi — cette foi-là, ils ne te la prendront pas
La foi, aux racines profondément ancrées dans la terre


Inouï d’oser, et pourtant il ose l’inouï.

Porte-parole des « non-dits », il ouvre toutes les vannes des tabous israéliens.

Qui a peur de Ravid ?

Certainement pas l’Israël de la périphérie, celle que la caste des privilégiés, appelle avec suffisance, les « petites » gens, les « embrasseurs de Mézouzot », ceux de l’innocence et de la tradition.

Le peuple de la foi, lui, en tous les cas, n'a pas peur de Ravid Plotnik et se reconnaît en lui. 

Un zeste d’ashkénaze, beaucoup d’Éthiopie, et tout cela, bien serré dans un drink plein de glaçons, avec une rondelle d’orange made in Erets Israël : Ravid réunit un bouquet de saveurs, dont on fait les meilleurs cocktails…

Miroir, miroir - Qui a peur de Ravid Plotnik... ?