Bardot qui meurt, c’est comme un monument historique qui s’effondre.
Ça fait du bruit.
On ne peut pas passer son chemin en se cachant le visage et en crachant par terre.
Les années soixante furent Bardot, pas moins qu’elles ne furent Kennedy ou Apollo 11, et les retombées de l’explosion de cette décennie ont façonné notre présent.
Les sixties, bouillonnantes, rebelles, impertinentes, relèguent sans pitié les crooners cravatés et gominés dans les coulisses, et attendent qu’un symbole à leur hauteur les représente.

B.B. sera l'un d'eux, et s’empressera d'imposer sa conception à toute une génération, ne respectant plus les règles du jeu, celles où la féminité devait accepter le rôle qu’on lui avait assigné depuis des lustres.
L’indécence, en hébreu, se dit « Pritzout » : c’est-à-dire pénétrer un espace par effraction. La Pritzout est d'abord une attitude, qui peut s'exprimer éventuellement par un manque de décence vestimentaire, mais la révolution que B.B met en place c'est la revendication d'un hédonisme à outrance, qu'elle vit et légitime complètement.
Ce qui était le fait de minorité, de marginaux, devient par elle, la norme ; elle fixe la loi, se moque des regards outrés et fait passer ses détracteurs pour de ridicules has been.
On va se coiffer Bardot — la fameuse « choucroute » blonde qui dégouline sur ses épaules —, s’habiller comme elle, rechercher les lieux de villégiature qu’elle a rendus mythiques et pèleriner ses demeures, devenues les nouveaux temples d’Épicure.
Pour mieux comprendre le phénomène B.B. et ce qu’elle a « infligé » à l’humanité, il faut retourner à nos Versets, qui expliquent ce qui se déroula dans le Jardin vierge de la Genèse, pourquoi après la faute, la pudeur est devenue une nécessité vitale, et comment Bardot, finalement, la désacralisa.
Au commencement…
Au début de la création d’Adam et Ève, la pudeur n’existait pas.
Le verset nous rapporte :
« Ils étaient nus tous les deux, l’homme et sa femme, et n’avaient pas honte »
(Genèse 2:25).
Dans un monde d’innocence totale, où le mal n’a pas encore éclos — n’étant qu’un potentiel —, la nudité du premier couple était aussi naturelle que celle d’un enfant.
Dans cet état premier, où le Da'at, l’esprit, n’a été perverti par aucune interprétation possible, la pureté des intentions du premier couple était telle qu’ils n’avaient nul besoin de cacher leur corps : il était un ustensile parfait, une enveloppe bénie, un écrin radieux habité par une âme divine.
De même qu’un végétal ou qu’un épi de blé n’a pas besoin de se couvrir, qu’un animal ne connaît pas la honte, Adam et Ève évoluaient dans une pureté rayonnante.
Après la faute, lorsque l’innocence fut fissurée à jamais, lorsque l’on comprit que la nudité pouvait devenir un outil de débauche, la pudeur devint une obligation : un pansement indispensable posé sur une blessure ouverte qui, si on ne la couvre pas, risque de s’infecter à chaque instant.
Il n’y aura désormais, et jusqu’à la fin des temps, plus d’issue à cette condition.
L’humanité civilisée va le comprendre et l'accepter : il va falloir désormais couvrir les parties intimes de notre corps, surtout celles qui sont le plus exposées aux « mauvaises interprétations », dont on risque d’abuser sans limite, et dont dépend la continuité de l’espèce humaine.
De même, tout le relationnel homme-femme doit dorénavant être géré, canalisé, légiféré par des institutions comme le mariage, par des valeurs comme la fidélité, par une retenue morale : c’est le prix à payer de l’« après-faute », et nul ne peut y échapper. L'obscurité dans laquelle nous sommes tombés exige des réparations de taille.
Mais B.B, elle, ne cesse de déclarer par ses actes et son way of life, qu'on peut faire fi de l'ordre du monde.
La perversion est de faire passer cet impératif de décence millénaire, cette incontournable nécessité sociale acceptée universellement, pour une hypocrisie dont on peut se passer.
Et vive la liberté !
Bardot refusera de payer le tribut de la faute originelle ; elle refusera les règles morales les plus élémentaires, celles qui depuis l'exil de l'Eden, sont garantes du bon fonctionnement d’une société.
Elle est "Proutza" en cela qu'elle enfreint le consensus humain établi — issu de la Bible — que même les nations ont reçu et intégré.
Depuis la faute, la pudeur est une nécessité : la clef confiée à l’homme et à la femme, pour ne pas errer à découvert dans un monde qui n’est, malheureusement, plus le Jardin d'Eden.
La pudeur restera à jamais, jusqu'à notre retour à notre état premier d'homme abouti, le pilier irremplaçable d'une société saine.
N'en déplaise à Saint-Tropez…






