Chaque jour de Souccot, nous jouissons d’un mérite exceptionnel : nous recevons des hôtes prestigieux qui ne sont autres que les pères de la nation... et ce soir, il s'agit de Yossef Hatsadik ! Nous avons la coutume de dire des paroles de Torah concernant l’invité du jour. Ainsi, l'équipe Torah-Box a jugé bon de vous en parler, ainsi que vous aussi, vous en parliez à table sous la Soucca...

Ra’hel, que la paix repose sur elle, n’eut pas d’enfant pendant de nombreuses années, jusqu’à ce qu’elle se tourne vers Hachem, en priant : « Hachem, je T’en prie, souviens-Toi de moi et gratifie-moi d’une naissance, je T’en prie, écoute ma plainte, vois ma détresse et donne-moi des fils comme les servantes, afin que je n’entende plus ma honte ». Hachem entendit la voix de Ra’hel et elle enfanta Yossef, comme il est dit : « Que Hachem m’ajoute un autre fils ».

Ya'acov Avinou aima Yossef plus que ses autres fils, car il était né au temps de sa vieillesse et était dévoué et sage comme lui. Pour cette raison, il lui transmit toutes les lois qu’il avait apprises à la maison d’études de Chem et ‘Ever

Cette relation spéciale entre Ya'acov Avinou et son fils Yossef eut pour conséquence d’éloigner celui-ci de ses autres frères. Aussi, les deux rêves de Yossef ne firent que renforcer la jalousie et la haine qu’ils ressentaient pour lui. Dans le premier, il rêva de ses frères rassemblant des gerbes de blé dans un champ quand soudain la sienne se redressa et toutes les autres s’inclinèrent devant elle. Dans le second, il vit le soleil, la lune et onze étoiles se prosterner devant lui. Les frères interprétèrent ses pensées ainsi : il désirait régner sur eux, faire d’eux ses esclaves qui se courberaient devant lui. Comme il est dit : « Ses frères lui dirent : N’est-ce pas que tu désires régner sur nous ? N’est-ce pas que tu veux nous dominer ? Ils le haïrent encore plus pour ses rêves et pour ses paroles ».

Dans la maison de Potifar

A son arrivée en Egypte, Yossef fut vendu comme esclave à Potifar. Il le servit fidèlement, demandant constamment l’aide d’Hachem pour tout ce qui lui arrivait. Lorsqu’il s’avançait pour exécuter son travail, il murmurait : « Maître du monde, Tu es ma confiance, Tu es Celui qui me diriges, fais-moi trouver grâce, bienfait et miséricorde à Tes yeux et aux yeux de tous ceux qui me voient, et aux yeux de Potifar, mon maître ». 

Yossef Hatsadik surmonte une grande épreuve

La femme de son maître le remarqua, et se mit à le séduire jour après jour, durant une année entière. Elle essaya de séduire Yossef, mais celui-ci demeura sourd à ses appels. Alors, elle l’attrapa par ses vêtements, mais Yossef s’enfuit et sortit de la maison. Impuissante, elle se mit à pousser des cris : « Voyez ce que m’a fait cet hébreu ! » Quand son mari arriva, elle lui dit : « L’esclave hébreu s’est approché de moi, et comme j’ai crié, il a abandonné ses vêtements et s’est enfui ». Yossef fut emmené au tribunal, qui le jugea et le fit mettre en prison.

Après les douze années d’emprisonnement qu’Hachem avait fixées à Yossef, Pharaon fit deux rêves qu’aucun de ses sorciers ne parvint à interpréter. Jusqu’à ce qu’on fit appel à Yossef qui réussit à les expliquer, comme il est décrit dans la Paracha Mikets. Très impressionné par les paroles de Yossef, qui n’avait alors que trente ans, Pharaon le désigna pour être son second. 

Hachem récompensa Yossef mesure pour mesure. Comment ? Il a été maître de son instinct, ainsi Il en a fait un souverain, comme il est dit : « Et Yossef, lui, était le gouverneur ». Il n’a pas écouté les paroles de la femme de Potifar, ainsi Hachem l’a nommé roi de toute l’Egypte et tous écoutaient ses paroles, comme il est dit : « Allez vers Yossef, ce qu’il vous dira, vous ferez ». Sa bouche n’a pas fauté, ainsi : « Et par ta bouche se pourvoira tout mon peuple ». Il a dit à la femme de Potifar afin de la repousser de lui, « Il n’est pas plus grand que moi dans cette maison » et ainsi : « Toi, tu seras sur ma maison ». Il ne l’a pas étreinte dans ses mains, ainsi : « Pharaon ôta son anneau de sur sa main, il le donna sur la main de Yossef ». Il a abandonné ses vêtements dans ses mains, ainsi « Il le fit habiller de vêtements de lin ». Il n’a pas abaissé son cou pour fauter, ainsi : « Il mit le collier d’or sur son cou ». Il ne s’est pas uni (en hébreu, "Rakhav") à elle, ainsi : « Il le fit monter (en hébreu, "Irkhèv") dans son deuxième carrosse ». La femme de Potifar alerta les hommes de sa maison au sujet de ce qui s’était passé, ainsi : « Ils appelaient devant lui : "Avrékh" ». Il fut donné comme prisonnier pour cela, ainsi : « Il fut donné sur tout le pays ».

Seul Yossef reçut une bénédiction unique en son genre : « Fils fertile Yossef, fils fertile sur l’œil », il domine son regard et aucun regard n’a d’emprise sur lui. Ses fils aussi furent bénis : « Qu’ils se multiplient abondamment au milieu du pays », comme les poissons qui sont dans la mer, l’eau les recouvre et le mauvais œil n’a pas d’emprise sur eux, ainsi en sera la descendance de Yossef. Nous tous, Bné Israël, avons mérité d’être bénis grâce à Yossef, même celui qui ne descend pas de sa tribu, car ainsi qu’il est dit dans les Téhilim : « Par ton bras, tu affranchis ton peuple, les fils de Ya'acov et de Yossef ». Tout le Peuple d’Israël est appelé « fils de Ya'acov et de Yossef », car c’est Ya'acov qui les a engendrés et Yossef qui a pourvu aux besoins de ses frères et de toutes leurs familles.

Pourquoi Yossef a-t-il mérité de recevoir une telle bénédiction ? La réponse se trouve dans la suite du verset : « Des filles marchent sur la muraille ». Lorsque Yossef parvint à la grandeur et régna sur l’Egypte, les jeunes filles égyptiennes montaient sur la muraille pour l’admirer et chacune jetait dans sa direction des bijoux et des pierres précieuses afin qu’il les remarque. Mais il préserva ses yeux et n’en regarda aucune. « L’œil qui n’a pas voulu "se nourrir" de ce qui n’était pas pour lui, le mauvais œil n’aura pas d’emprise sur lui ». (Midrach Béréchit Rabba 90, 3 ; Midrach Bamidbar Rabba, 14) 

« Yossef descendit en Egypte et se garda de relations interdites. Par son mérite, les Bné Israël en furent préservés ». (Midrach Vayikra Rabba 32, 5) 

Ainsi, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Yossef jette une accusation sur les méchants », comme il est dit : Aucun homme ne peut se justifier en disant que son mauvais penchant l’a attaqué, car Yossef a donné à chacun la force de ne pas se laisser dominer par son instinct. Que par le mérite de Yossef, nous puissions toujours servir Hachem dans la sainteté et dans la pureté, Amen.