Soukkot est appelé zeman sim'haténou (le temps de notre joie). Lors de chaque fête juive, nous avons une mitsva de nous réjouir ; mais encore plus à Soukkot.

Rav Rottenberg zatsal disait : "A Soukkot, un Juif rentre dans la Soukka avec ses bottes et son bâton". Par ces mots, il rappelait :
- le fait que la Soukka soit la seule mitsva dans laquelle nous rentrons tout entier ; 
- et l'importance de faire toutes nos activités (parler, manger, boire, dormir, se promener...) dans la Soukka.

Cela permet de les faire dans le cadre d'une mitsva, et donc de les élever. De ne pas les considérer comme de simples actes matériels. De les faire aussi pour Hachem, et pas seulement pour nous-mêmes.

Il est bon de rester dans la Soukka le plus longtemps possible. D'y vivre, d'y faire toutes nos activités. 

La Soukka est comparable au Beth Hamikdash. Le Nom d'Hachem plane sur elle ; et le yétser hara n'y entre pas (sauf si on cherche vraiment à l'y faire entrer). 

A Roch Hachana et Kippour, nous avons dit à Hachem que notre volonté est de faire la Sienne, mais que le yétser hara nous en empêche. A Soukkot, Hachem nous donne la chance de pouvoir vivre une semaine loin du yétser hara, et donc d'atteindre la plus grande joie.   

La Torah mène forcément à la joie ; et si on ne ressent pas cela, c'est qu'on n'est pas sur la bonne voie.
 
Chaque mitsva à accomplir est un cadeau qu'Hachem nous envoie. Lorsqu'on offre un cadeau très précieux à une personne mais que cette dernière nous remercie pas, ou le fait très brièvement et froidement, c'est qu'elle n'en apprécie pas la valeur. Comme un enfant auquel on aurait donné un chèque valant beaucoup d'argent mais qui, ne sachant pas ce qu'est un chèque, se met à pleurer et à le déchirer, parce qu'il pense qu'on s'est moqué de lui en lui donnant un simple bout de papier... 

Si les mitsvot nous fatiguent ou nous ennuient, c'est qu'on n'en apprécie pas la valeur. Celui qui les apprécie se réjouit non seulement de les accomplir, mais il cherche même à les faire de la meilleure manière possible : avec entrain, avec joie, en utilisant ce qu'il a de plus beau etc...

Le fait d'accomplir les mitsvot avec joie permet d'atteindre un niveau spirituel particulièrement élevé.   

La Guémara Berakhot raconte qu'un jour, Rav Brouna était particulièrement heureux ; le sourire n'a pas quitté ses lèvres ! Ceux qui le voyaient pensaient qu'il avait trouvé un trésor très précieux ; mais en vérité, ce qui le réjouissait tellement était le fait d'avoir réussi à commencer sa Amida du matin précisément au nets (l'heure à laquelle il est particulièrement bien de commencer cette Amida) ! 

De nos jours, nous avons des calendriers qui indiquent avec précision cette horaire. Mais à l'époque de Rav Brouna, cela n'existait pas ; et le Rav restait chaque matin devant sa fenêtre pour voir, selon la position du soleil dans le ciel, si le moment du nets était arrivé ou pas lorsqu'il commençait sa Amida. Parfois il la commençait un peu trop tôt ; parfois, un peu trop tard. Et ce matin-là, après de nombreuses tentatives les jours précédents, il avait réussi à la commencer exactement au moment du nets ! D'où sa joie débordante !

Dans la vie, nous avons baroukh Hachem tellement d'occasions d'accomplir des mitsvot que parfois, nous nous habituons à celles-ci, et n'apprécions donc plus suffisamment leur valeur. Nous les accomplissons machinalement, au lieu de les accomplir avec joie... Mais un enfant, par exemple, peut plus facilement s'émerveiller de chaque mitsva ; et pour lui, le simple fait de pouvoir "dormir avec son papa dans la Soukka" peut constituer une raison suffisante pour aimer Soukkot, et attendre impatiemment cette fête chaque année !

L'accomplissement des mitsvot demande, certes, parfois des efforts. Mais lorsqu'on les fait avec joie, on ne les considère pas comme un poids...

La récompense des mitsvot ne nous est pas donnée dans ce monde ; nous la recevrons dans le monde futur. Par contre, dans ce monde, Hachem nous récompense déjà pour la joie avec laquelle nous accomplissons les mitsvot (et la récompense de cette joie est indépendante de la récompense des mitsvot elles-mêmes).

Plus nous accomplissons les mitsvot avec joie, plus Hachem nous donnera l'occasion de nous réjouir.    

A Sim'hat Torah, on voit parfois des Rabbanim âgés et qui ont du mal à marcher, danser énergiquement et joyeusement avec la Torah. Cela montre bien qu'Hachem aide celui qui se réjouit de Le servir, en Lui donnant encore plus de joie (et donc de force).

Parfois, en s'attristant ou se vexant pour des choses qui n'en valent pas la peine, on rate des occasions de se réjouir... A Soukkot, la Torah nous demande d'être akh saméa'h, remplis de joie ; de mettre de côté tous les soucis qui pourraient entacher cette joie. Cela demande certes des efforts, mais entraîne tellement de kiddoush Hachem !  

Nous devons être joyeux toute l'année, mais surtout les jours de Chabbat, Yom Tov et Pourim, lors desquels Hachem nous permet de goûter un peu au monde futur, qui est le but de toute la création. Les préparatifs de ces jours (les bons repas, les beaux habits etc...) créent un contexte favorable à la joie.  

Que nous puissions mériter de toujours faire partie de ceux qui servent Hachem avec joie ! Hag saméa'h ! 

Retranscrit par Léa Marciano