Le dernier jour de la vie de Rabbi Chimon Bar Yo’haï, il eut le droit de révéler de nombreux secrets de la Torah. Il exploita ce jour-là au maximum et communiqua ses enseignements à ses disciples les plus fidèles. 

Il passa toute la journée à faire des Divré Torah. L’heure du coucher du soleil était proche, et Rabbi Chimon dit alors : « Béni soit-Il et béni soit le Nom du Saint béni soit-Il à tout jamais. Tous nos propos sont authentiques, tous sont des propos saints, dont il ne faut dévier ni à gauche ni à droite, tous sont des secrets, qui étaient jusqu’à présent occultes et cachés, car je redoutais de les dévoiler, et, à présent, ils sont dévoilés. D.ieu sait que ce n’est pas en mon honneur ni pour l’honneur de mon père que j’ai agi, mais dans le but de guider mes élèves. Et je constate que le Saint béni soit-Il est d’accord avec moi et se réjouit de mon bonheur. »

Il se reprit et s’assit, ses lèvres murmurèrent une prière, il n’était pas possible de regarder en sa direction en raison de l’éclat qu’il dégageait, et, bien entendu, il n’était pas possible de l’observer. Il dit : « J’ai demandé toute ma vie à dévoiler ce secret, et je n’ai pas réussi jusqu’à aujourd’hui où j’ai obtenu la permission. Je décrète que cette journée ne s’obscurcisse pas comme un jour ordinaire, car ce jour m’appartient totalement, et je commence à dévoiler des secrets. » Et il en fut ainsi.

Rabbi Chimon s’assit et fit des Divré Torah. Rabbi Aba s’assit en face de lui et prit note, et son fils Rabbi Elazar répéta les propos, tous les élèves l’écoutèrent et furent en proie à une vive émotion. Le feu brûlait autour d’eux, et le soleil ne se coucha pas. Il dévoila des secrets de la Torah issus de la Torah mystique, jusqu’à ce qu’il arrive au verset : « Car c’est là que D.ieu a placé la bénédiction, la vie heureuse pour l’éternité. »

« Rabbi Aba dit : Rabbénou n’eut pas tôt fini de prononcer le terme de « ‘Haïm (vie) », que ses propos se sont affaiblis. Moi, qui rédigeais, voulus écrire davantage, je n’entendis pas, ne levais pas la tête, car l’éclat était fort, et je ne pouvais pas regarder. Lorsque j’entendis une Bat Kol, une voix céleste, déclarer : "Car ils te vaudront de longs jours, des années de vie et de paix", je fus ébranlé. J’entendis une autre voix dire : "Il t’a demandé le don de la vie, Tu le lui as octroyé, ce sont de longs jours se suivant sans fin." Pendant toute la journée, le feu ne cessa de brûler dans la maison, et personne ne pouvait s’approcher de lui, car il était entouré de lumière et de feu. »

« Toute la journée, nous sommes tombés à terre et avons pleuré. Une fois que le feu eut cessé, nous avons vu Rabbénou Hakadoch, le sommet de la sainteté, qui avait quitté ce monde, enveloppé de son vêtement, allongé sur le côté droit, le visage souriant. Son fils, Rabbi Elazar, se leva, saisit ses mains et les embrassa. Les amis voulurent pleurer, mais ne purent émettre un son. Rabbi ‘Hayé se leva et déclara : "Jusqu’à présent, Rabbénou a œuvré pour nous, le temps est venu d’agir pour lui. » Rabbi Elazar et Rabbi Aba se levèrent et portèrent son cercueil à l’extérieur. Le cercueil se mit à voler en l’air, devancé par un feu brûlant. Tout le monde entendit une voix céleste déclarer : « Montez, venez et rassemblez-vous pour la Hilloula de Rabbi Chimon, "Il entre dans la paix, repose sur sa couche, celui qui suit son droit chemin." »

« Lorsqu’il entra dans la grotte, on entendit une voix annoncer depuis la caverne : "C’est l’homme qui fait trembler la terre, irrite des royaumes. Combien de sentences ont été atténuées ce jour-là grâce à toi ! Tu es Rabbi Chimon bar Yo’haï, dont le Créateur était fier de lui chaque jour ! Sois heureux de ton sort, combien de mondes supérieurs te sont réservés ! Il est dit de toi : "Et toi, marche vers la fin, tu entreras dans le repos, puis tu te relèveras pour recevoir ton lot, à la fin des jours." »

Le texte ci-dessus était la copie, dans la traduction en araméen, des propos du Zohar. Bien entendu, nous avons omis les secrets de la Kabbale et les mystères des sphères supérieures cachés et mystérieux, dévoilés ce jour-là, qui s’étalent sur de nombreuses pages.

Rabbi Chimon bar Yo’haï est décédé le 33ème jour du ‘Omer et a été enterré à Méron. En souvenir du grand feu qui brûla dans sa demeure pendant toute cette journée et à la lumière duquel il dévoila tous ces secrets de la Torah, l’usage, dans toutes les communautés juives est d’allumer des feux de joie et de chanter à cette lumière le célèbre cantique : « Bar Yo’hai, Nimcha’hta Achrékha, Chémèn Sassone Mé’havérékha » « Bar Yo’haï, tu es fortuné, oint d’une huile joyeuse (de la sagesse) sur toi et tes compagnons.»

Il y a près de cinq cents ans, Rabbénou Ovadia Mibarténoura a écrit : « Le jour de Lag Ba’omer, jour de son décès, on vient de tous les environs et on allume de grands feux, en dehors de la lampe perpétuelle… De nombreuses femmes stériles sont tombées enceintes et des malades ont guéri, en ayant pris des résolutions spirituelles et versé des dons sur ce lieu. »

Le Ari Hakadoch s’y rendit le jour de Lag Ba’omèr. De même, le Or Ha’haïm Hakadoch, en montant en Erets Israël, se rendit sur sa tombe. Arrivé au pied de la montagne, son émotion augmenta. Il descendit de l’âne et commença à gravir la montagne à pied, tout en s’exprimant : « Dans quel lieu je pénètre, moi, un homme modeste, j’avance vers une terre de feu, une flamme de sainteté, en présence de toute l’escorte céleste et toutes les âmes des Tsadikim ! »

Rabbi Chimon bar Yo’haï s’était hissé au niveau des anges, si ce n’est plus haut. Mais comment s’était-il élevé ? Par l’étude de la Torah, l’accomplissement des Mitsvot, par la prière et le service divin.

Il n’est pas né Rabbi Chimon bar Yo’haï. Il a commencé, en réalité, par un pas. Et cette promesse s’est appliquée à lui : « Celui qui vient pour se purifier est aidé. » Ainsi que celle-ci : « Ouvrez-moi une ouverture de la taille du chas d’une aiguille, et Je vous ferai une ouverture de la taille d’un palais. »

On nous demande une ouverture de la taille du chas d’une aiguille. Il vaut la peine de tenter. Les résultats seront certainement surprenants.

À’hénou