Le titre de cet article « fondamental » est très précis, car il s’agit ici d’un fondement essentiel de la réalité du peuple d’Israël et de l’être juif.
Commençons par remarquer que Ya'akov Avinou, après son rêve de l’échelle qui liait la terre au Ciel, a dénommé cet endroit « Beth-El », c’est ici la Maison de l’Éternel (Beréchit 28,11).
Comme on le verra, il ne s’agit pas seulement d’une désignation physique, mais d’un contenu spirituel. Ce même lieu, Avraham l’avait nommé « montagne » (symbole de l’effort pour grimper), Its’hak l’avait appelé « champ » (lieu de la germination), mais neutre, comme le champ se trouve encore à l’extérieur de la maison, mais Ya'akov l’appela MAISON, car c’est lui qui sera chargé de démontrer que le monde est la MAISON (Beth) de D.ieu (El). D’un premier point de vue seulement linguistique, ces deux mots sont en hébreu deux prépositions locales : « Beth » - « dans » - indique l’intérieur, et « El » - « vers » - traduit l’orientation, la direction. On est « dans » la maison, mais on avance « vers » un objectif.
Cependant, au-delà de cette première lecture linguistique, il faut découvrir l’ambiguïté de l’assemblage de ces deux lettres « Beth et « El », assemblage significatif et apparemment ambigu. Mais cette ambiguïté cache une réelle profondeur métaphysique, car ces deux lettres liées semblent traduire une apparente contradiction entre le négatif et le positif. C’est parce qu’il s’agit d’une réalité essentielle qu’il faut découvrir : une lutte nécessaire entre le « bien » et le « mal ». Sans cet antagonisme, le « bien » serait « neutre ».
Première remarque : la racine « Bal » (Beth et Lamed) traduit un désordre, un mélange, un bouleversement d’éléments qui se mêlent entre eux. Cela peut être négatif, et cela peut exprimer une exclusivité. Dans le nom des deux personnages qui voulaient maudire Israël, Bil’am et Balak, la première moitié du nom est Bal, qui transmet un message négatif et cela apparaît dans la deuxième moitié des noms : Bil-'am et Bal-alek, allusion à l’ennemi permanent d’Israël : 'Amalek. Quand le texte veut signifier que les nations ne connaissent pas les lois de la Torah, le texte hébreu des Psaumes (147, 19) doit définir cette absence par le terme Bal, pour traduire l’exclusivité. Et les commentaires font remarquer que les deux lettres Beth et Lamed sont la première lettre de la Torah écrite (BEréchit) et la dernière lettre de la Torah écrite (IsraEL, Dévarim 33, 12). Cela signifie que le Beth et le Lamed entourent la Torah écrite et assurent son exclusivité.
Ces deux lettres significatives de la MAISON de D.ieu constituent le cadre du message du judaïsme. Elles ont pour but de traduire un désordre (Bahel) pour mieux souligner la spécificité d’Israël qui doit refléter l’unité du Créateur qui a créé tout ce qui existe. L’échelle du rêve de Ya'akov est « fixée sur le sol » mais « le sommet atteint le ciel » (Beréchit 28, 12) ; elle illustre le lien de Ya'akov. Le concept « Bayit » (maison) a cinq étages : la synagogue (Beth Haknesset), le lieu d’étude (Beth Hamidrach), le Temple de Jérusalem (Beth Hamikdach), le prototype de la maison juive (Bayit Yéhoudi) et enfin la maison de D.ieu, comme le dit Ya'akov : BETH-EL, pour reconnaître QUI est le Propriétaire (Ba'al Habayit) du monde. Cinq étages reçoivent le nom BETH-EL. Il nous faut prier d’apprendre à monter sur l’échelle pour atteindre la porte du ciel, et voir bientôt le vrai Ba'al Habayit. C’est alors que seront heureux ceux qui reconnaissent ce lieu : « Achré Yochvé BÉTHÉKHA » - heureux ceux qui sont installés dans TA MAISON.




