Un homme demande à son ami : « Dis-moi, que fait ta femme lorsque tu l’énerves ? » « Elle se met à se plaindre de chaque petite chose. » « Et que fait-elle lorsque tu l’énerves encore plus ? » L’ami baisse la tête : « Laisse tomber. Elle ne me parle pas pendant des jours. » « Alors ? », insista le premier, « ça ne vaut pas le coup ?! » :)
Vous voulez atteindre un but ? Par exemple, améliorer votre relation de couple, ou vous renforcer dans votre relation à Hachem ? C’est déjà magnifique de le vouloir. Quelle est l’étape suivante pour faire de cette volonté une réalité ? Transformer cette volonté en moyens puis en petits actes concrets. Il faut établir un plan clair et détaillé. Faisons cela au moyen de questions-réponses : Quand vais-je commencer ? Comment me préparer ? Durant combien de temps vais-je investir de mes forces et de ma réflexion ?
Une fois que nous avons un plan, nous pouvons nous mettre au travail ! Pour commencer, avançons par petits pas. Ces pas demanderont évidemment des efforts, mais l’effort en vaut la peine si l’on veut véritablement atteindre son but. Beaucoup de gens savent ce qu’ils veulent, mais peu sont prêts à y investir le prix. Les gens ne s’attendent pas seulement à ce que la destination soit agréable, mais que le chemin le soit également. Bien sûr, cela demande quelques sacrifices. Beaucoup baissent alors les bras, se découragent dès la première difficulté. Pire encore, certains se désespèrent avant même le premier obstacle… Il vaut donc mieux suivre le principe : « Le cœur suivra les actes ».
Même si on ne ressent pas d’enthousiasme intérieur brûlant, commençons par agir, le cœur suivra.
L’homme doit définir ses objectifs : « Je veux perdre du poids », « Je veux réussir dans mes études », « Je veux avancer dans mon travail ». Ensuite, il se posera les bonnes questions : « Que dois-je faire pour réaliser mes objectifs ? » Puis, il se mettra en action ! Il accomplira des actes le rapprochant du but. Important : ne pas désespérer, même si les résultats ne sont pas immédiats. Il faut persévérer et agir ! La joie viendra avec la satisfaction du travail accompli, avec l’aide de D.ieu.
Tout dépend essentiellement de l’acte
Un des actes les plus extrêmes figurant dans le livre des records est un homme qui a mangé un vélo ! Comment quelqu’un a-t-il pu manger un vélo ?! Il a tout simplement découpé le vélo en tout petits morceaux, les a fait fondre, et les a avalés un après l’autre. Comme nous l’avons dit, très simple… Pour atteindre son but, il faut diviser le processus par petits bouts et commencer, tout simplement. On visualise l’objectif à atteindre (qu’il s’agisse d’un but spirituel et d’accomplissement personnel, ou d’un but physique comme perdre du poids).
On peut vouloir désespérément atteindre un but, celui-ci nous apparaît lointain, difficile d’accès. Comme on le sait, « même le plus long des chemins commence par un pas ». A priori, un acte simple, mais qui le plus souvent, requiert le plus d’énergie. Aussi, après avoir défini clairement notre but, l’étape importante suivante est d’agir ! Il faut se fixer un calendrier clair pour la semaine à venir, ou si c’est trop, pour les trois prochains jours. Il est important de diviser les actions à faire de sorte qu’elles deviennent réalisables. Par exemple : « Je prends sur moi de consacrer quotidiennement cinq minutes durant les trois prochains jours à lire tel livre qui m’aidera à atteindre mon but » ; ou encore : « Je prends sur moi de réduire ma consommation de boissons sucrées une seule fois par jour ».
En avançant, il faudra redéfinir les étapes nous menant au but. Non seulement les redéfinir, mais ne pas rester au stade des plans et de la réflexion, mais de l’avancement. Commencer à mettre nos plans en action. Une Michna des Pirké Avot (3, 15) enseigne : « Tout dépend essentiellement de l’acte ». Le Rambam commente : « Cela signifie que les niveaux que l’homme atteindra ne dépendent pas de la taille de son acte, mais du nombre d’actes qu’il fera. Il s’élève par de nombreux actes louables et constructifs, et non pas par un seul grand acte, même plus grand que tous les autres. Ainsi construit-il une élévation solide. »
Lorsqu’un homme accomplit de petits actes répétitifs, cela l’influence plus fortement qu’un seul grand acte.
On relève un exemple à cela dans la loi juive sur la Tsédaka : si un homme possède 100 shékels qu’il souhaite donner à la Tsédaka, est-il préférable qu’il les donne en une seule fois, ou qu’il donne 10 fois 10 shékels ? Le Rambam [1] tranche qu’il est préférable de donner 10 fois 10 shékels. Donner 100 shékels (ou toute autre somme selon ses moyens) est un acte louable qui demandera certainement un effort. Toutefois, on préférera diviser un grand don en plusieurs petits du fait que la répétition des dons – même minimes – provoque un changement intégré et durable chez le donateur. L’homme évoluera « selon le nombre d’actes accomplis » et non selon la taille de son acte.
Si un homme veut changer, il préférera des petits actes à des actions grandioses qui ne lui apporteront que l’honneur. Les petits actes répétitifs, au contraire, mènent jusqu’au changement souhaité. Dans le livre Iguéret Ha’Hazon Ich (I, 123), on relève : « Si nous manquons de compassion envers autrui, il est conseillé de lui faire du bien et de le soulager dans sa souffrance. L’acte agira sur le cœur. On priera également pour lui, même si cela ne vient pas encore du cœur ». Vous avez peut-être un membre de votre famille avec lequel vous ne vous entendez pas. Qu’allez-vous faire ? Le ‘Hazon Ich [2] nous indique la voie à suivre : agir ! Il est difficile d’agir directement sur les émotions. Les actes sont davantage à notre portée. C’est la raison pour laquelle, afin d’éveiller nos émotions envers une personne en particulier, nous pouvons réaliser envers elle des actes de bonté. Ces actes agissent sur le cœur, effacent les sentiments négatifs et les transforment en sentiments positifs.
Ne restons pas au stade de la volonté en tant que telle. Transformons-la en actes pratiques. Même si l’on ne voit pas de résultats immédiats ni de satisfaction de nos efforts, ne désespérons pas !
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[1] Le Rambam, Rav Moché Maïmon décéda en l’an 1204. Il faisait partie des plus grands décisionnaires de tous les temps, grand érudit et médecin. Il est dit de lui : « Depuis Moché Rabbénou jusqu’à Moché [Maïmonide], personne ne fut l’égal de Moché ».
[2] Le ‘Hazon Ich, Rav Avraham Yéchayahou Karelitz, décéda en l’an 1953 à Bné Brak. Il était un grand érudit dans sa génération et l’un des plus importants décisionnaires des années 20. Il façonna le judaïsme orthodoxe en Israël.




