L'an dernier, le soir du Séder, en plein confinement, nous étions des milliers à croire que le Machia'h viendrait. Et pourtant, non seulement il n'est pas venu ; mais en plus, l'année qui est passée a été particulièrement difficile. 
Ceci amène parfois les gens à se demander : Est-ce qu'Hachem nous aime encore ? Et si oui, pourquoi nous envoie-t-Il autant de souffrances ? 
 
Il est légitime de se demander cela. Et la réponse qui va être donnée n'est pas facile à intérioriser. Mais elle est extrêmement importante, et s'adresse à chaque juif, quel que soit son niveau religieux. 
 
Le Midrash Yalkout Chimoni nous dit que la délivrance finale (celle que nous attendons depuis plus de deux mille ans) viendra en récompense de notre émouna (foi en Hachem). 
 
Toutes les mitsvot que nous pouvons accomplir nous aideront certainement à la mériter, mais elles ne seront pas suffisantes pour cela. Pour mériter la délivrance finale, il faut la émouna. 
 
Celle-ci peut faire disparaitre n'importe quelle souffrance, et faire venir toutes les délivrances. 
 
Il n'est pas facile d'acquérir la émouna. Mais le mois dans lequel nous nous trouvons (Nissan) est particulièrement propice pour mériter la délivrance. 
 
Dans le premier verset du Chéma Israël, deux Noms d'Hachem, apparemment diamétralement opposés, sont mentionnés : 
- le Nom d'Hachem Youd Ké Vav Ké, qui fait référence à l'attribut de miséricorde d'Hachem ; 
- le Nom d'Hachem Elokim, qui fait référence à Son attribut de rigueur. 
 
Et la fin de ce verset (Hachem é'had) nous rappelle qu'en vérité, ces deux attributs d'Hachem ne sont qu'un : même lorsqu'Hachem semble se comporter avec dureté envers nous, Il se comporte en fait avec bonté envers nous. 
 
Dans les moments de difficulté, nous ne voyons pas toujours la bonté d'Hachem. Du fait de notre regard humain et donc limité, nous n'arrivons pas à voir cette bonté dans n'importe quelle situation. C'est pourquoi nous nous couvrons les yeux lorsque nous disons le premier verset du Chéma. Mais en vérité, Hachem se comporte toujours avec bonté, même lorsqu'Il semble se comporter uniquement avec sévérité. Car TOUT ce qu'Il fait est pour notre bien. 
 
Dans les moments de grande difficulté, il est très dur de ressentir la bonté d'Hachem. Mais elle existe pourtant. 
 
Et en tant que Juifs, maaminim béné maaminim (croyants fils de croyants), nous avons la force d'y croire. 
 
Si nous voulons mériter le Machia'h, nous sommes obligés d'avoir de la émouna. 
 
Après la venue du Machia'h, nous comprendrons en quoi chaque difficulté par laquelle nous sommes passés était pour notre bien. Et nous remercierons Hachem pour chacune d'elle. 
 
Avant cette période, notre challenge est de croire, même si nous ne le voyons pas clairement pour l'instant, que tout ce qu'Hachem fait est pour le bien. 
 
L'Admour de Komarna écrit que le Baal Chem Tov a demandé à la néchama du Machia'h : "Pourquoi tardes-tu tellement à venir délivrer ton peuple ?". Et Hachem a répondu au Baal Chem Tov : "Parce que Mes enfants ne sont pas assez conscients de l'amour que J'ai pour eux. Ils ne savent pas à quel point Je les aime !". 
 
Pour qu'Hachem nous délivre, il faut que nous réalisions que toutes nos difficultés, même les pires, sont voulues par Hachem, uniquement par amour pour nous. 
 
C'est extrêmement difficile, mais la délivrance finale dépend de cela. Nous devons nous efforcer d'y arriver ! 
 
Nous ne pouvons pas savoir mieux qu'Hachem ce qui est bon pour nous. 
 
Rabbi Nathan, l'élève de Rabbi Na'hman de Bresslev, nous dit : "Si nous arrivions à remercier Hachem dans n'importe quelle situation, il est certain que tous les problèmes disparaîtraient, et que la délivrance viendrait immédiatement". 
 
Retranscription : Mme Léa Marciano
Rav David ICHAY