Nous venons d'entrer dans le mois d'Eloul. L'occasion de revenir sur son aspect historique et ses implications halakhiques.

Il est écrit dans la Torah (Exode 24.12]: « L’Eternel dit à Moché : « Monte vers Moi, sur la montagne, et demeures-y : Je veux te donner les Tables de pierre, la Doctrine et les préceptes, que J’ai écrits pour leur instruction. Moché partit, avec Yéhochoua, son serviteur ; puis il gravit la divine montagne. […] Moché pénétra au milieu du nuage et s’éleva sur la montagne ; et il resta sur cette montagne quarante jours et quarante nuits. »

Après le jour du don de la Torah, qui était le 6 Sivan, Moché Rabbénou monta étudier la Torah pendant quarante jours et quarante nuits jusqu'au 17 du mois de Tamouz. C'est le 17 Tamouz qu'il descendit pour transmettre la Torah au peuple d'Israël. Mais, voyant que le peuple s'était débauché et avait fait des offrandes au Veau d'or, il décida de jeter les Tables et les détruisit au pied du mont. Comme il est écrit (Chémot 32.15] : « Moché redescendit de la montagne, les deux Tables du Statut à la main, Tables écrites sur leurs deux faces, d’un côté et de l’autre. […] Or comme il approchait du camp, il aperçut le veau et les danses. Le courroux de Moché s’alluma ; il jeta de ses mains les Tables et les brisa au pied de la montagne

Le jour suivant la faute du Veau d'or, le 18 Tamouz, Moché remonta vers Hachem afin d'implorer Son pardon. Il resta quarante jours et quarante nuits supplémentaires et redescendit le 29 Av car Hachem lui avait ordonné de transmettre les deuxièmes Tables. De nouveau, Hachem les écrivit comme la première fois. Ainsi il est dit dans la Torah (Chémot 34.1] : « Le Seigneur dit à Moché : « Taille toi-même deux Tables de pierre semblables aux précédentes ; et Je graverai sur ces Tables les paroles qui étaient sur les premières Tables, que tu as brisées. […], Moché se leva de bonne heure et monta sur le mont Sinaï, comme le lui avait commandé l’Eternel, après avoir pris en main les deuxièmes Tables de pierre

Le lendemain, c'était le premier jour du mois d’Eloul et Moché Rabbénou monta de nouveau sur le mont Sinaï. Il y resta quarante jours et quarante nuits, mais contrairement aux précédents, ceux-ci étaient des jours de miséricorde et de grâce pour le peuple d'Israël. Il redescendit le 10 Tichri où il annonça qu’Hachem leur avait pardonné la faute du Veau d'or, comme il est écrit : « Jai pardonné selon tes paroles. » Et Hachem dit à Moché que ce jour (le 10 Tichri) sera pour Lui un jour de pardon et d'expiation pour Israël, comme il est écrit : « Car ce jour expiera vos fautes et vous purifiera de vos transgressions, devant Hachem purifiez-vous.» Les quarante jours précédents, c'est-à-dire depuis le 1er Eloul, seront pour vous des jours de grâce et miséricorde.

C'est pour cette raison qu'il y a une coutume, pendant ces jours-ci, de faire les Séli’hot (supplications) devant le Créateur du monde. Grâce à ces Séli’hot, prononcées avec ferveur et soumission, l'homme s'éveille à la Téchouva (retour vers Hachem) concernant ses mauvaises actions et au perfectionnement de ses bonnes actions.
 

Eloul : recherche et détection

Lorsque le peuple d'Israël était en exil à Bavel, il donna aux mois des noms en araméen : Tichri, ‘Hechvan, Kislev, Tévet, etc. Tous ces noms révèlent l'essence profonde de chaque mois.

Le dernier mois de l'année a été nommé Eloul. La traduction de ce mot est : rechercher, scruter, détecter.

Où devons-nous chercher durant ce mois ? Que devons-nous scruter et fouiller ?
 

« Venez, faisons les comptes »

Un bon commerçant est toujours plongé dans ses comptes. Arrivé à la fin de la journée, il compte sa caisse. Chaque mois, il fait le calcul des dépenses qu’il aura à payer. Son cerveau évalue en permanence sur quoi il doit plus ou moins investir, à quelles dépenses il doit prêter attention, combien lui doit-on, combien doit-il, etc… Cependant, les calculs les plus importants arrivent à la fin de l'année, lorsqu'il établit le bilan annuel. Ce dernier permet un regard global sur la santé de l'entreprise. C'est le moment idéal pour tirer des conclusions, améliorer et optimiser. Aucun commerçant respectable ne pourrait fermer les yeux sur son bilan annuel.
 

Nous sommes tous des commerçants !

Ce monde est un gigantesque centre commercial où nous sommes tous des commerçants, dans lequel nous décidons de ce qu'il faut acheter et de ce qu'il ne faut pas, dans quoi il faut investir et à quelles dépenses il faut faire attention.

« C’est pourquoi, diront les poètes, venez à ‘Hechbone ! » [Bamidbar 21.27]

Poètes, en hébreu, se dit mochlim qui veut dire également « gouverneurs ». Ainsi, le sens figuré de ce verset est que ceux qui gouvernent sur leur mauvais penchant vivent en perpétuelle introspection. De même, les juifs, emplis de révérence divine, établissent leur compte spirituel chaque jour.

Cependant, le dernier mois de l'année, Eloul, est celui qui s'y prête le plus. C'est le moment de faire un bilan complet et détaillé de notre situation spirituelle. De scruter et méditer jusque dans les moindres replis de notre cœur et de se préparer pour Roch Hachana – le jour du jugement. Tel que le verset le souligne [Eikha 3.40] : « Scrutons nos chemins et examinons-les, revenons vers Hachem. »