Et voilà, c’est reparti… Une nouvelle rentrée scolaire, comme celle d’avant et celle d’encore avant. Au programme : les chansons de Roch Hachana, puis les dessins de Souccot, jusqu'au spectacle de fin d’année. Tout semble déjà connu. Et pourtant, chaque année est unique : de nouvelles amitiés se tissent, un prof redoutable fait son apparition, des talents insoupçonnés se révèlent… et ce sont nos petites têtes brunes qui grandissent et s’épanouissent chaque jour un peu plus. Et nous ? Un peu pareil finalement. On va préparer la pomme dans le miel, sortir les affaires d’hiver, commander des déguisements de Pourim sur Ali express… Mais est-ce qu’on va grandir et s’épanouir nous aussi ?
Une amie m’a raconté qu’elle a eu de gros soucis avec un de ses enfants l’année dernière. En l’emmenant chez la psy, elle s’est aperçue qu’elle aussi aurait bien besoin de quelques séances. Et en prenant soin d’elle, c’est finalement toute la dynamique familiale qui s’est transformée. Happy end, ok, mais elle a regretté de ne pas avoir franchi le pas plus tôt.
Ça m’a fait réaliser que de se faire systématiquement passer en dernier dans la famille n’est pas un cadeau pour eux. Céder sa dernière part de pizza dont on avait vraiment envie, renoncer à sa sortie à la plage parce qu’il n’y a pas assez de places dans la voiture c’est très louable et généreux… Mais sacrifier son bien-être, ça, non ! Il y a un équilibre à trouver. Se placer parfois en priorité, ce n’est pas de l’égoïsme mais du ‘Hessed que l’on fait par ricochet : « Si je vais bien, vous irez bien ».
Chaque année, mon travail organise un séjour pour femmes de deux jours. Chaque année, je refuse, incapable de laisser mes enfants (pas de papi et mamie en Israël). Cette année, j’ai enfin osé ! Je savais que les plus petits allaient pleurer, que les grands allaient râler et que mon mari allait crouler sous les tâches. Je me sentais coupable. Mais au fond, je savais qu’ils profiteraient tous d’une maman et d’une femme revigorée. Et je ne me suis pas trompée. Mettre mon cerveau sur pause pendant 48h m’a fait plus d’effet que dix Guronzan !
Alors, en ce début d’année, à nous de faire une petite introspection et voir où l'on en est dans notre évolution personnelle, notre Chalom Bayit (paix et harmonie dans le couple), notre rôle de mère, dans le travail… Qu’est-ce qui mérite d’être enfin mis en priorité ? Quelles petites choses faciles nous feraient du bien ? Quels rêves traînent depuis trop longtemps sur la liste d’attente ?
Gardons ce qui marche : le cours de Torah du mardi soir, les apéros entre copines. Évitons les catastrophes prévisibles : inviter toute la belle-famille une semaine avant Pessa’h… Ou les idées saugrenues : acheter un lapin « pour occuper les enfants » et finir par lui courir derrière avant qu’il ne grignote tous les fils électriques de la maison !
Que cette année soit réussie, à l’écoute de nos besoins et de nos envies. Que chacune trouve son juste équilibre, et que cela rayonne sur nos familles ! Car la joie qui est ressentie dans notre foyer laissera une trace indélébile dans le cœur de nos enfants et les accompagnera toute leur vie…





