Chère amie,

Cette semaine, parlons tabou.

Parce que la maladie est souvent taboue, honteuse, à cacher coûte que coûte, ce témoignage personnel viendra ici, je l’espère, redonner du sens aux maux dont on peut souffrir.

J’avais 27 ans et me trouvais en vacances avec mon mari et mes trois jeunes enfants, lorsque de violentes douleurs se faisaient progressivement sentir dans tout mon corps. Interrogations, mauvaise surprise, c’est sûr, ces vacances m’offraient un nouveau tournant…

Pour faire court, oscillant entre l’angoisse, le devoir de garder la face, et le besoin de protéger le moral de ma troupe, je me résous finalement à rentrer d’urgence, seule, emplie de peine, pour effectuer une série d’examens.

Le diagnostic tombe assez vite Baroukh Hachem : il s’agit d’une affection qui offre un panorama absolument pessimiste aux médecins.

Autant le dire, j’accuse péniblement le coup.

À 20 ans comme à 100 ans…

Tout d’un coup, j’ai eu 100 ans… en quelques minutes.

Avant de pleurer, j’ai vu ma vie défiler. Toutes les choses qui occupaient mes pensées jusqu’alors me sont apparues comme vanité des vanités. Plus rien n’avait d’impact sur moi, que de rechercher finalement le sens de ma vie. Pourquoi j’avais été envoyée ici, et maintenant ?

Je commence même à délirer : et si ma vie s’arrêtait bientôt, qu’adviendrait-il de ma jolie famille ? Qu’aurais-je laissé derrière moi ?!?

D’abord désemparée, les discours lugubres de la brigade morbide (c’est ainsi que j’ai renommé les médecins ternes, que la grâce avait quitté depuis un bail) n’auront finalement pas raison de ma chute de moral.

Pendant qu’ils papotent de mon cas, je m’interroge en silence : ok, le temps presse peut-être. Quels sont mes talents ? Les projets que j’ai toujours rêvé d'accomplir ?

Quelles seraient les choses dont je serais la plus fière si, un jour, je n’étais plus là ?

Où est la vérité dans ce monde ?

Hachem, où es-Tu ?? Que me veux-Tu ??

Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Comment m’en sortir ?

Accélérateur de maturité

J’ai donc deux options face à moi : être spectatrice de ce triste spectacle ou actrice, auquel cas je pourrais même tenter de sortir du décor !

J’opte pour cette dernière et reprends conscience qu’Hachem se cache derrière les rideaux.

À partir de là, je comprends que cette brigade en face de moi n’est pas une vraie brigade. Ce sont les acteurs qu’Hachem a mis dans mon décor. Eux, ils ne sont pas vrais, ils ne dureront pas. Moi, si. Ma Néchama (âme) est vérité et éternelle.

L’événement qui se présente à moi, le vrai problème de santé, n’est pas en lui-même le plus important. Non. Le plus important, c’est ce que je déciderai de faire avec cet évènement. De devenir.

Je vois du coup la vie avec des nouvelles lunettes : je vois la vie avec tellement plus de maturité. Merci Hachem. Merci Hachem de pouvoir Te remercier pour le bon, et sur ce que j’ai cru, par erreur, être beaucoup moins bon.

Débutent alors des Téfilot (prières) profondes comme jamais, des discussions silencieuses avec le Roi du monde, afin qu’Il me donne la force de surmonter la peine et de me battre.

Et Sa réponse ne tarde pas, je reçois le message d’en-Haut 5/5 : tout est entre Ses mains à Lui, et pas entre celles des médecins.

Pas de raison qu’ils fassent ce qu’ils ont à faire, et pas moi.

Les réponses à mes questions sur le sens de la vie me parviennent enfin, et tant bien que mal, un processus lent de Téchouva s’enclenche… La lumière rentre dans ma vie. Si j’avais su le bonheur que ça fait !

Depuis, dans mes temps d'étude, consciente que chaque seconde de vie est un immense cadeau, je cherche comment optimiser chaque jour, au maximum, et le remplir de choses vraies, qui resteront pour toujours.

Une vie étincelante

L’un de ces temps d’étude m’a beaucoup marquée et permis d’affronter chaque jour avec un plus grand recul.

Rav Yé’hia Benchetrit (« Une invitation au savoir ») rapporte le Arvé Nahal : « L’âme est constituée du même nombre d’étincelles que le nombre de jours à vivre. Et chaque jour, une étincelle se révèle et crée la situation vécue. »

Deux possibilités s’offrent à nous :

- Si on valide les tests de notre journée, cette étincelle est « gagnée pour toujours », et formera une parcelle de notre monde futur,

- Si on ne valide pas le programme que cette étincelle nous propose, elle sera perdue pour nous et redistribuée dans une autre âme, avec une autre destinée (sauf si on fait Téchouva, auquel cas Hachem, dans Son infinie bonté, nous représentera le scénario plus tard, et sous une autre forme, pour nous permettre de rattraper ce bout de vie éternelle).

Depuis cet apprentissage, en ce qui me concerne, j’essaie d’opter pour cette vie étincelante d’efficacité ; formations, Limoud, apprentissages pour reprendre les rênes de sa vie, m’ont beaucoup aidée à structurer une nouvelle vie. Un nouveau départ. Baroukh Hachem, j’ai retrouvé la pêche !

Entre autres choses, j’aimerais désormais contribuer à mon peuple, que mon expérience profite à ceux qui ont besoin d’être reboostés face à leur maladie. C’est pourquoi, je propose à ceux qui en ont besoin un coaching thérapeutique complètement bénévole (noemie.hadida@gmail.com).

Puissions-nous n’entendre que de bonnes nouvelles dans tout le ‘Am Israël.

Kol Touv