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[Vidéo] Toulouse : le destin brisé de la famille Sandler

Mis en ligne le Lundi 23 Avril 2012


La famille du rav Yonathan Sandler zal assassiné, avec ses deux garçons Gavriel et Arié devant l’école d’Ozar Hatorah de Toulouse le 19 mars dernier, a traversé la Shoah en échappant aux rafles et à la déportation. Le journal "Hamodia" lui rend hommage en relatant son histoire et en particulier celle des grands-parents du rav Yonathan Sandler, Robert et Henriette Sandler.
 
Il y a un mois, le jour des obsèques des victimes de la tuerie de Toulouse, sur l’Esplanade du cimetière de Guivat Chaoul à Jérusalem, Samuel Sandler, le visage fermé sous un borsalino noir, avait la voix meurtrie.
 
« Jamais je n’aurais pensé qu’on pouvait encore assassiner des enfants juifs en France ». Car en voyant face à lui les corps de son fils, le rav Yonathan, et de ses deux petits-fils, Arié et Gavriel, enveloppés dans un talit blanc, il pensait d’abord à son cousin de 8 ans, Jeannot, déporté de Drancy à Auschwitz en 1943. Pour lui, la tuerie de Toulouse ravive le douloureux souvenir de la Shoah. Né juste après la guerre, Samuel Sandler se rappelle qu’il est un survivant.

 
En 1937, peu de temps avant la Nuit de Cristal, ses parents Robert et Henriette abandonnaient leur fonderie de métaux ferreux, à Mannheim, pour rejoindre la France via des filières clandestines. Arrivés au Havre où se trouvent leurs proches, leur nationalité allemande en fait des indésirables. Ils sont contraints de s’exiler à Limoges. Rue Gaignolle, dans leur appartement au troisième étage d’une vieille maison les Sandler ouvrent un restaurant casher. De temps à autre, un jeune homme, dans une petite chambre, fabrique de faux papiers. Courage ou inconscience, ils poursuivent leurs activités même après le début des rafles, auxquelles ils échappent miraculeusement.
 
Après la Libération, le restaurant rouvrit ses portes, avec bientôt une nouvelle adresse. À la Libération, la famille Sandler fut appelée à Paris, pour gérer « Le Foyer israélite » de la rue Médicis qui fut lui aussi la cible du terrorisme en mars 1979 - alors qu’il n’était plus dirigé par les Sandler - faisant 33 blessés.
 
Le regard plongé sur une pile de vieilles photos, la main tremblante, Léa Marcou la soeur de Samuel Sandler fait le récit haletant de cette époque où elle n’était encore qu’une enfant. Pas un détail ne lui échappe jusqu’à l’installation définitive de la famille à Paris. Son enfance a été marquée par le récit, souvent fait par ses parents, de l’odyssée tragique du St Louis, un paquebot à bord duquel 963 Juifs tentèrent de fuir l’Allemagne nazie, et ne trouvèrent aucun lieu d’accueil.
 
Elle vit aujourd’hui dans le paisible quartier de Kiryat Hayovel, sur les hauteurs de Jérusalem, qu’elle n’a plus quitté depuis son arrivée en Israël, il y a une vingtaine d’années. C’est aussi dans ce quartier que son neveu Yonathan est venu s’installer après avoir fondé une famille. En effet, Yonathan et sa tante étaient très proches. « Yonathan, raconte Léa, a été profondément marqué par l’histoire de notre famille, surtout en devenant père. Liora, sa petite dernière d’à peine deux ans, porte d’ailleurs en deuxième prénom celui de Pauline, le nom de sa grandmère déportée ».
 
Lundi 19 mars  vers 10 heures, son frère Samuel l’appelle de France pour lui annoncer le drame. Il est déjà en route pour Toulouse. En écoutant les nouvelles, la vieille tante apprend qu’en plus de Yonathan, elle a perdu ses deux petits neveux Gavriel et Arié, eux aussi assassinés : « Nous étions une famille juive qui a survécu à la guerre et qui s’était reconstituée. Nous voilà décimés ».
 
Le rav Yonathan Sandler, 30 ans, était natif de Bordeaux, la ville dont sa mère est originaire. Ses parents s’établiront plus tard en région parisienne et c’est au Chesnay, près de Versailles, qu’il grandira. La famille est pratiquante, engagée même, à l’instar de Samuel qui prend vite en main la petite communauté juive locale. Yonathan effectue sa scolarité à l’école publique jusqu’à la quatrième. Pris d’un intérêt profond pour l’étude du judaïsme, il rejoint l’école Ozar Hatorah de Toulouse, à la réputation
d’excellence. « C’était quelqu’un de discret, d’humble, et qui avait toujours le sourire, un sourire marquant », se souvient Leslie, très émue, qui tenait à lui rendre un dernier hommage en Israël. « Il était fier de se présenter comme un ashkénaze français », renchérit Avner, un autre camarade de classe.
 
Dans la ville rose, Yonathan Sandler est vite remarqué et adopté par le directeur de l’école, le rav Yaacov Monsonégo, dont la fille Myriam, 8 ans, est la quatrième victime du carnage perpétré par Mohamed Merah.
 
Le baccalauréat en poche, Yonathan décide de faire son alya et d’entrer dans la yéchiva de Bet Halévy à Jérusalem. C’est là qu’il rencontre Éva Alloul, une Franco-Israélienne qui deviendra son épouse. « Il a toujours voulu retourner à Toulouse pour enseigner à Ozar Hatorah, restituer ce qu’on lui avait appris », confie un proche de la famille Sandler. Son voeu est exaucé en septembre 2011. Mais sa mission de deux ans s’est achevée, lundi, au bout de cinq mois. « Aux informations, on parle de gens tués et on passe à autre chose, explique sa tante Léa. Mais nous, on ne peut plus passer à autre chose. Yonathan et ses fils sont morts parce qu’ils étaient juifs. »
Maxime PEREZ - © Hamodia
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