La paracha de cette semaine est Devarim. Le Rav Eliyahou Lopian rapporte au nom du ‘Hafets ‘Haïm qu’au temps de la Première Guerre mondiale, alors que les souffrances étaient immenses et que se produisaient des événements terribles, difficiles à supporter, le ‘Hafets ‘Haïm avait prédit qu’une Seconde Guerre mondiale éclaterait, et que la première semblerait n’être rien en comparaison de la seconde. Et nous savons tous que, lors de cette guerre, des millions de Juifs furent conduits à l’abattoir et périrent, dans une tragédie effroyable et sans nom. Le ‘Hafets ‘Haïm poursuivit en annonçant qu’il y aurait également une Troisième Guerre mondiale, et que, face à elle, la Seconde apparaîtrait comme un jeu d’enfant.

Mais il ajouta aussitôt que cette guerre future serait une guerre spirituelle, et qu’elle serait la plus redoutable de toutes. Que signifie une guerre spirituelle ? Cela veut dire que la lutte portera sur la Torah. Certains voudront l’étudier et s’y attacher, tandis que d’autres chercheront à l’abolir, à en empêcher l’étude et la transmission. Cette bataille sera âpre, tenace et impitoyable. Dans une telle guerre, la seule arme qui nous restera sera d’accroître la gloire de la Torah et celle du Ciel dans le monde, afin que, D.ieu préserve, le Nom d’Hachem ne soit pas profané. Car lorsque la Torah est bafouée et méprisée, c’est le Nom même de l’Eternel qui est profané.

La Guemara (Sanhédrin 98) rapporte plusieurs Amoraïm qui disaient : « Que vienne le Machia’h, mais que je ne sois pas là pour le voir ». Leur intention n’était pas de nier l’importance de la Délivrance, mais d’exprimer qu’ils ne souhaitaient pas être présents dans ce monde à l’époque de la venue du Machia’h. Car chacun sait que ce moment sera accompagné d’une révélation immense et redoutable, d’une lumière ayant une telle intensité que nul œil n’a encore contemplée, ainsi qu’il est dit : « Jamais un œil humain n’avait vu un autre dieu que Toi » (Yéchayahou 64:3). Ce sera une véritable révolution spirituelle, où Israël aura le privilège de contempler directement des visions Divines. Ceux qui mériteront de voir un tel dévoilement devront assurément être d’une grande élévation. Pourquoi alors ces grands Sages déclaraient-ils ne pas vouloir assister à ce moment ? L’explication simple est que, dans les moments précédant la venue de Machia’h, le monde sera traversé par de terribles souffrances, des catastrophes et des tragédies insoutenables.

Mais il existe une explication plus profonde : que voulaient vraiment dire les Amoraïm ? Est-il pensable qu’ils aient eu peur des souffrances, face à la révélation Divine immense et redoutable qui doit intervenir ? Est-il possible qu’ils n’aient pas voulu mériter d’être présents lors de cette manifestation de la Chékhina ? Bien sûr que non. En réalité, les Amoraïm disaient : nous savons qu’avant cette grande révélation, il se produira une profanation du Nom Divin d’une ampleur effrayante, comme l’a déjà expliqué le ‘Hafets ‘Haïm. Et cela, ils ne pouvaient pas le supporter ; ils ne pouvaient ni vivre à une telle époque, ni voir une profanation si grande de l’honneur du Ciel. C’est pourquoi ils étaient prêts à renoncer au privilège d’assister à cette révélation de la Chékhina (même si, évidemment, leur désir profond était de se réveiller au temps de la résurrection des morts), du moment qu’ils n’avaient pas à voir une telle profanation, redoutable et insoutenable, de la gloire Céleste.

C’est précisément ce que nous voyons de nos propres yeux dans notre génération. Une véritable guerre de religion se mène contre la Torah : la question n’est autre que de savoir s’il y aura encore la Torah et des Yéchivot. A D.ieu ne plaise, certains cherchent à fermer les Yéchivot. Certes, nous avons la promesse de la Torah : « Car elle ne sera jamais oubliée de la bouche de sa descendance » (Devarim 31:21). L’étude de la Torah et les Yéchivot existeront toujours dans le peuple juif, cela nous a été garanti. Mais il apparaît clairement qu’il faut une lutte acharnée et une grande abnégation pour que cela se maintienne et se perpétue.

En réalité, tout cela trouve son origine dans un seul événement : la destruction du Temple. Tant que le Beit Hamikdach existait, une grande lumière illuminait le peuple d’Israël. La Chekhina résidait au milieu d’eux ; Israël vivait dans la sainteté et la pureté, attaché à l’étude de la Torah avec ferveur et constance. Mais après la destruction du Temple, cette source de vie s’interrompit. Le cœur de la Chekhina et celui du peuple d’Israël cessèrent de battre à l’unisson. Depuis, il faut des efforts immenses et une grande abnégation pour réussir à consacrer quelques instants à l’étude, ou pour accomplir la Torah et les mitsvot. La Chekhina s’est retirée, et cette absence constitue la conséquence la plus douloureuse de la destruction du Temple.

Cependant, nous devons en même temps garder à l’esprit que, aussi difficile que soit pour nous notre situation spirituelle, qui est véritablement très éprouvante, la peine d’Hachem est infiniment plus grande, ainsi qu’il est écrit : « Dans toutes leurs souffrances, Il souffre avec eux » (Yéchayahou 63:9). Lorsque le peuple d’Israël souffre ici-bas, une douleur immense atteint également le Maître du monde, Qui partage le malheur de Son peuple. Lorsqu’un Juif est atteint, à D.ieu ne plaise, d’une maladie ou se trouve confronté à des difficultés, il ne doit pas penser qu’il s’agit simplement de son malheur personnel ; avant tout, il s’agit de la souffrance de la Chekhina, et Hachem ressent un chagrin infiniment plus grand que celui de l’homme concerné.

Les livres saints nous transmettent une promesse rapportée par les plus grands Tsadikim : si un Juif se trouve dans la détresse, mais qu’au lieu de se concentrer sur sa propre souffrance il se tourne vers la douleur de la Chekhina, alors il est assuré de sortir de son épreuve. Malheureusement, l’homme a tendance à penser d’abord à lui-même, à ses propres peines, et seulement ensuite à celles d’autrui. Mais il nous faut toujours nous rappeler qu’Hachem est aujourd’hui sans demeure dans notre monde, privé de Son Temple, privé d’un peuple d’Israël vivant dans sa plénitude de sainteté. La Présence Divine erre et s’exile loin de Sa maison, et cela représente une douleur terrible et effroyable. C’est cette peine-là qui doit être ressentie profondément par chacun d’entre nous.

Afin d’illustrer les propos, nous raconterons un fait qui eut lieu il y a de nombreuses années. Un vendredi matin, un grand notable, immensément riche, entra dans la ville de Zlotchov. Le riche désirait séjourner dans la ville pour ses affaires, et il savait que l’adresse appropriée où se rendre était chez le Rav Ye’hiel Mikhel de Zlotchov, qui comptait parmi les Tsadikim et les érudits de cette génération. Le notable pensa que passer le Chabbat dans la demeure du Rav serait assurément comme savourer un avant-goût du monde futur. Le vendredi matin, il se rendit à la maison du Rav et frappa à la porte. C’est la Rabbanite qui lui ouvrit, et elle vit devant elle un homme de grande prestance, riche et éminent. Le notable lui demanda s’il était possible de passer le Chabbat chez eux. La Rabbanite répondit avec empressement et une grande joie : « Baroukh haba, soyez le bienvenu ! Entrez donc, toute la maison est à votre disposition ».

Le riche entra dans leur maison, tenta de s’installer, et découvrit aussitôt une grande pauvreté. La Rabbanite s’approcha alors de lui et dit : « Vous êtes honorablement invité à demeurer chez nous, mais je ne suis pas certaine que vous pourrez profiter pleinement de votre séjour. Vous êtes habitué à l’aisance et à l’abondance, or, ici, notre maison vit dans la misère. Pour Chabbat, nous avons tout juste de quoi préparer un peu de poisson et un morceau de volaille, à peine de la taille d’une olive. Le lit n’en est pas vraiment un : il est à moitié brisé, et les murs sont délabrés. Sachez que, si vous restez chez nous, telle est la réalité à laquelle vous serez confronté ».

Le notable regarda autour de lui et constata en effet que la situation était très précaire. Il répondit alors : « Mais quel problème y a-t-il ? Nous ne sommes encore que vendredi matin ! » Il sortit de sa poche une pièce d’or de grande valeur, la donna à la Rabbanite et ajouta : « Allez donc au marché et achetez tout ce qui est nécessaire pour Chabbat, sans restriction ». La Rabbanite, toute joyeuse, s’y rendit et rapporta une abondance de mets. Ce fut, en vérité, la première fois de leur vie qu’ils purent dresser une telle table pour Chabbat, garnie de plats raffinés et variés. Elle remercia chaleureusement le riche bienfaiteur et dressa une table de fête comme ils n’en avaient encore jamais profité auparavant.

Ce fut en effet un Chabbat d’élévation, empli de chants, de paroles de Torah et d’une abondance spirituelle inestimable. Mais tout au long de ce Chabbat, le riche observait avec attention l’état misérable de la demeure du Rav. Jamais encore il n’avait vu une telle pauvreté : tout était usé, décrépit, et la maison menaçait de tomber en ruine. Cela susicta chez lui une grande peine : comment se pouvait-il qu’un Tsadik comme le Rav Ye’hiel Mikhel de Zlotchov, un homme saint, un ange de l’Eternel, dont l’esprit et les prières atteignaient assurément le Trône céleste, puisse vivre dans une telle misère ?

A l’issue de Chabbat, avant de prendre congé du Rav, le riche se tourna vers lui et posa cette question : « Le Rav est attaché à la Torah et aux mitsvot, et ses prières franchissent toutes les portes du Ciel. Pourquoi le Rav ne demande-t-il donc pas à Hachem de lui accorder un peu plus de subsistance et d’aisance matérielle ? Assurément, les prières du Rav provoquent un grand retentissement dans les sphères célestes, elles sont exaucées ; la preuve en est que ses bénédictions pour autrui s’accomplissent toujours. Le Rav ne pourrait-il donc pas prier pour lui-même ? »

Le Rav écouta la question, puis répondit : « Je vais te raconter une histoire, et tu comprendras. Il y a quelques mois, dans la ville voisine, vivait un homme immensément riche, connu sous le nom de Hershele. Sa fortune était véritablement légendaire. Sa fille s’était fiancée, et on se préparait, avec joie, à célébrer le mariage. Le riche et toute sa famille organisaient une noce grandiose, qui devait être célébrée avec une magnificence hors du commun. Il invita tout le monde, riches comme pauvres, sans distinction. L’événement devait être somptueux : les mets et les plats préparés étaient prévus en abondance pour des milliers de personnes, et toute la ville fut décorée pour honorer cette fête. De plus, fort de sa richesse, Hershele proclama publiquement que, pour marquer la joie immense de marier sa fille, en plus de tout ce faste, toute personne qui viendrait à lui demander la tsédaka le jour de la noce recevrait immédiatement cent pièces d’or – une somme colossale à l’époque ».

La rumeur se répandit à la vitesse de l’éclair : les pauvres se mirent à rêver, à calculer et à se préparer, car en un instant leur situation allait changer du tout au tout : d’indigents, ils deviendraient riches. Tous se réjouissaient, tous attendaient avec impatience le grand jour, et l’homme fortuné respecta sa parole. La veille du mariage, tout était prêt : deux énormes sacs remplis de milliers de sachets, chacun contenant cent pièces d’or, attendaient sur place. Chacun comprenait que, bientôt, il recevrait cent pièces d’or, et même les pauvres des villes avoisinantes avaient entendu parler de cette promesse et se dirigeaient déjà vers la cité.

Mais la nuit précédant le mariage, la fiancée s’assit avec sa famille, ses proches et de nombreux Rabbanim venus lui faire honneur, autour d’un dernier repas avant la cérémonie. Soudain, la jeune fille commença à se sentir mal. D’abord, tous pensèrent que tous ces symptômes étaient consécutifs à son émotion, mais bien vite, on comprit que la situation était bien plus grave : elle perdit ses forces et s’évanouit. Les meilleurs médecins furent appelés en urgence, mais malgré tous leurs efforts, elle ne reprit pas connaissance. Le moment était critique, mais tous les efforts restèrent vains. L’état de la jeune fiancée ne cessa de se détériorer, jusqu’à ce que, malgré les soins et les efforts acharnés, elle finisse par rendre son âme et s’élever vers les hauteurs célestes.

Ce fut un drame terrible, une catastrophe. Hershele, le riche, faillit lui-même s’effondrer. En un instant, toute la joie, toutes les préparations, tout le faste prévu pour ce mariage se transformèrent en un deuil accablant. Au lieu d’accompagner sa fille sous la ‘houppa, il l’accompagna au cimetière. La ville entière sombra dans la tristesse ; des foules se rassemblèrent pour une lévaya déchirante, et le lendemain, les habitants tentèrent de réconforter le père éploré, en vain.

Alors qu’il était assis à même le sol, brisé, une douleur infinie au cœur, une silhouette étrange fit irruption dans la maison de deuil. Un homme se fraya un chemin au milieu des visiteurs, s’approcha du riche et lui dit : « Je suis venu de loin pour recevoir les cent pièces d’or que vous avez promises, donnez-les-moi, je vous prie ». Tous les présents furent bouleversés : comment cet homme pouvait-il oser parler ainsi, en un moment si tragique ? Etait-il donc insensé ? Ne voyait-il pas la douleur d’un père qui venait de perdre son enfant unique ? L’indigent comprit aussitôt l’énormité de sa faute, baissa la tête, honteux, et s’en alla confus.

C’est cette histoire que le Rav raconta au riche qui s’était invité chez lui, et c’est ainsi qu’il répondit à sa question. Le notable saisit immédiatement la portée de ses paroles. « Sachez, expliqua le Rav, que Hachem Lui-même est en deuil, qu’Il pleure. La Guemara enseigne qu’il y a trois veilles dans la nuit, et qu’à chacune d’elles, l’Eternel pleure et rugit comme un lion. Si Hachem pleure et gémit, sans consolation, comment pourrais-je avoir l’audace de venir à Lui pour Lui demander du pain et de la subsistance ? Est-ce le moment ? Comment le pourrais-je ? Si je dois m’adresser à Lui, ce sera pour des sujets spirituels, mais pour Lui parler d’argent ou de moyens matériels, je n’en suis pas capable ».

Si tel est le cas, notre rôle est de réjouir Hachem et de multiplier la gloire du Ciel. Comment pouvons-nous y parvenir ? De quelle manière pouvons-nous alléger la douleur de la Chekhina ? Selon ce qui a été dit, la réponse est toute simple : puisque Hachem s’attriste de toute peine qui atteint un Juif, lorsque nous réjouissons un autre Juif et que nous lui venons en aide dans sa détresse, nous réjouissons ainsi le Créateur. C’est ainsi que les choses fonctionnent dans le Ciel : quiconque réjouit un Juif réjouit le Maître du monde.

Rav Biderman raconta une histoire saisissante à ce sujet. Il y a quelques années, il se rendit au tombeau de Ra’hel. A l’entrée, il aperçut un homme distingué, à l’allure noble, qui paraissait être un immense érudit en Torah. Le Rav s’approcha, échangea avec lui quelques paroles de Torah et constata aussitôt que jaillissait de lui une sagesse extraordinaire : il connaissait le Chass et les décisionnaires d’une manière admirable, et tout son comportement, sa manière de parler et son maintien transpiraient l’élévation et la noblesse. Au fil de la conversation, le Rav Biderman comprit qu’il avait devant lui un homme riche vivant aux Etats-Unis. Intrigué par la source d’une telle grandeur et d’une telle distinction, il se sentit obligé de lui demander d’où lui venait une telle profondeur et une telle noblesse d’âme.

L’homme entendit la question et répondit au Rav : Puis-je vous raconter une courte histoire, à partir de laquelle vous comprendrez tout ? C’est une histoire ancienne, qui remonte à l’époque de la création de l’Etat. Le Rav accepta volontiers, et le riche commença son récit. « Durant la Shoah, trois sœurs furent sauvées, par la grâce du Ciel, de l’enfer de cette époque tragique. Deux d’entre elles parvinrent en Terre d’Israël, tandis que la troisième, qui avait subi d’atroces sévices de la part des bourreaux nazis et avait appris depuis qu’elle ne pourrait jamais donner naissance à des enfants, partit, dans sa détresse, pour les Etats-Unis. Là-bas, elle eut le mérite d’épouser un homme qui, lui aussi, ne pouvait avoir d’enfants, et c’est ainsi qu’ils vécurent ensemble toute leur vie.

L’aînée des deux sœurs installées en Israël eut la grâce de mettre au monde un fils, puis une fille. Lorsqu’elle donna naissance à son troisième enfant, un fils, une pensée s’imposa à elle : certes, elle était heureuse et comblée, mais sa sœur d’Amérique, elle, vivait dans une profonde douleur, sans enfants, sans prolongement de vie en ce monde. Alors, dans son immense noblesse, elle prit une décision : ce troisième fils, elle le donnerait à sa sœur, afin qu’elle l’élève et qu’il soit son enfant à part entière. Bien sûr, elle conserverait un lien avec lui et voyagerait parfois aux Etats-Unis pour le voir, mais elle était déterminée à se séparer de son petit garçon pour apaiser la souffrance de sa sœur. Peu de personnes au monde seraient capables d’un tel sacrifice ».

Elle acheta un billet d’avion, se rendit chez sa sœur cadette et lui annonça sa décision. Bouleversée et émue aux larmes, la sœur cadette bénit sa grande sœur de tout son cœur. Peut-on seulement imaginer la joie immense qu’un tel acte engendra dans les Cieux ? Quelle abnégation, quelle messirout néfech pour autrui ! Et qui donc parmi nous serait prêt à donner son propre enfant, même à son frère ou à sa sœur les plus proches ? Après neuf mois de grossesse si éprouvants et remplis d’émotion, et au moment même où la mère a enfin le bonheur de serrer son fils dans ses bras, comment pourrait-elle se résoudre à l’abandonner pour le remettre à une autre ? C’est là un sacrifice hors du commun, uniquement pour éviter une peine à autrui et pour lui apporter de la joie.

La sœur cadette éleva cet enfant comme le sien. Or, à cette époque de la création de l’Etat d’Israël, les tentations et épreuves étaient innombrables. Les idéologies laïques exerçaient une grande influence, et beaucoup de Juifs abandonnaient la Torah et les mitsvot. C’est ce qui arriva aux deux premiers enfants de la sœur aînée : ils ne résistèrent pas à la pression ambiante et quittèrent la voie de la Torah.

Le seul qui demeura fidèle fut précisément ce fils qu’elle avait confié à sa sœur. Grandissant au sein de la communauté juive des Etats-Unis, il reçut une éducation fondée sur la pureté de la Torah et des mitsvot. Cet enfant, c’était moi. Ma mère m’a donné à sa sœur, et ainsi, j’ai été sauvé ». Voyez combien est grand le mérite de cette dame ! Non seulement elle apporta une joie incommensurable à sa sœur et, à travers elle, à Hachem et à Sa Présence Divine, mais en plus, grâce à ce sacrifice, un enfant issu de sa descendance resta fidèle à la Torah, jusqu’à devenir un homme riche, érudit et craignant D.ieu. Rav Biderman, profondément impressionné, rapporta ce récit dans nombre de ses cours.

Voilà ce qui réjouit véritablement Hachem. Et c’est ce que chacun d’entre nous doit s’efforcer de faire, particulièrement en ces temps difficiles. Hachem souffre et pleure sur la situation de Son peuple. Notre rôle est donc de réjouir le Créateur : si nous parvenons à apporter de la joie à nos proches, à nos frères, à nos amis et à nos voisins, alors nous procurerons du réconfort et de la satisfaction à Hachem. Et, avec l’aide de D.ieu, nous mériterons de voir bientôt la reconstruction du troisième Beit Hamikdach, rapidement et de nos jours, Amen.