Il est écrit dans la Paracha (16, 30) : "Car en ce jour, on fera propitiation sur vous afin de vous purifier ; de tous vos péchés, devant D.ieu, vous vous purifierez".

A propos de ce verset, le Talmud enseigne au nom de Rabbi Akiva : « Heureux est le peuple d’Israël ! Devant qui vous purifiez-vous et qui vous purifie ? Votre Père qui est aux cieux. » Et le Maguid de Doubno de s’interroger : quel avantage y a-t-il à ce que ce soit D.ieu Lui- même qui purifie Israël ? L’essentiel étant d’atteindre la purification, quelle différence cela fait-il si c’est D.ieu, ou une autre personne, qui s’en charge ?

Il répond, comme à son habitude par une parabole :

Lorsqu’un médecin soigne un patient, son souci principal est de le guérir de ses maux et même s’il ne souhaite pas

lui occasionner une quelconque douleur, cette dernière préoccupation n’occupe qu’une place secondaire à ses yeux. En revanche, lorsque le médecin s’avère être le père du malade, en plus de le guérir, il a à cœur de diminuer, autant que faire se peut, la douleur occasionnée par ses traitements.

De même, conclut le Maguid, le fait que ce soit « notre père qui est aux Cieux » qui assure notre purification revêt un avantage immense : cela nous garantit un traitement tout en douceur !
 

Autre explication

Rabbi Elazar ben Azaria a commenté le verset : « De tous vos péchés, devant D.ieu, vous vous purifierez - Le Grand Pardon expie les fautes commises envers D.ieu, mais celles commises envers son prochain, ce jour ne pourra les effacer qu’après l’obtention du pardon de l’autre. »

Dans le Séfer Toldot Adam, on raconte comment dans sa jeunesse Rabbi Chlomo Zalman de Vilna parvint à convaincre un homme d’accorder le pardon à son prochain une veille de Kippour.

Quelques heures avant le début du jeûne, un fidèle s’excusa auprès de son voisin pour avoir médit à son propos mais celui-ci refusa de lui accorder son pardon, arguant qu’il n’était pas tenu de le faire étant donné qu’il lui avait sali sa réputation. Le jeune Chlomo Zalman était présent lors de cette confrontation et il s’adressa à l’entêté en ces termes : « Nos Sages enseignent que Jérusalem n’a été détruite que parce que la justice s’en tenait à la stricte loi. Or le prophète Yé’hezkel dénonce explicitement les fautes graves commises à cette époque. Dès lors, pourquoi nos Sages attribuent-ils la destruction du Temple à leur attitude intransigeante face à la justice ?

« La réponse est la suivante : les enfants d’Israël se sont effectivement rendus coupables de péchés capitaux. Toutefois, tant qu’ils dominaient leurs mauvaises tendances et ne se tenaient pas rancune, le Saint béni soit-Il réciproquait et passait outre leurs fautes. Mais lorsqu’ils refusèrent d’aller au- delà de la stricte justice, D.ieu agit en conséquence et orchestra la destruction du Temple à cause de leurs fautes. »

A peine le jeune homme eut-il terminé sa phrase que le

réfractaire se précipita vers son voisin pour lui accorder son pardon le plus sincère... Et après une chaleureuse poignée de main, les deux fidèles redevenus amis sautèrent au cou du jeune Chlomo Zalman et le remercièrent d’avoir été l’instrument de leur réconciliation.

Dans l’ouvrage Ketset Hachemech biguevourato qui traite du travail de la personnalité, on raconte que le lendemain de Kippour, les proches de l’une des grandes autorités spirituelles de la génération remarquèrent que ce dernier semblait particulièrement joyeux.

Interrogé sur la raison de son allégresse, le Rav expliqua :

« Dans la prière Zaka que nous avons récité à l’entrée de Yom Kippour, il est dit : "Je pardonne de tout cœur à quiconque a fauté envers moi." Ce qui signifie que le pardon accordé porte sur les torts et les désagréments qu’autrui m’aurait déjà occasionnés. Mais j’ai pensé qu’il convenait de m’élever davantage que le Kippour précédent. J’ai donc pris la ferme résolution que cette année, je pardonnerai non seulement ceux qui auraient déjà fauté envers moi, mais également ceux qui projetaient de fauter envers moi à l’avenir. »

Puis il conclut en disant : « Ayant eu le mérite suprême de pardonner à toutes ces personnes, j’ai eu le sentiment que Celui qui réside dans les cieux m’a accordé le pardon total de toutes mes fautes. Vous comprenez à présent pourquoi je suis habité d’un tel sentiment de joie. »