Dans « Autant en emporte le vent », le plus grand succès de l’histoire du cinéma, Clark Gable incarne un gambler riche et marginal, mi-homme d’affaires, mi-aventurier, lucide et sans complaisance sur le déclin de son monde, le Sud des USA.

D'après lui, la guerre civile est perdue pour son clan.

Miroir, miroir -

Il n’est pas dupe des illusions que Scarlett — la jeune femme qui lui donne la réplique — entretient ; née dans le monde capitonné des nantis, dans une mansion blanche immaculée, entourée de plantations de coton à perte de vue, avec domestiques, chevaux, calèches « et puis tout ça », elle s’accroche à une réalité qui s’effrite, et qu’elle voudrait éternelle.

Miroir, miroir -

La confrontation de ces deux personnages à haut tempérament — mais aux vues philosophiques totalement opposées — alimente la dynamique du film (4 heures de durée, faut tenir…), alors que le spectateur sait que Rhett Butler — Clark Gable — est celui qui voit juste.

Trump est contrarié

Homme d’affaires avant d’être politicien (et c’est pour cela qu’il a été élu deux fois consécutives), Trump a sa conception de ce qu’est une alliance : elle doit être féconde et ne pas laisser un des partis sur la touche — et certainement pas le sien. Mister President n’aime pas jouer les pigeons.

L’OTAN — Organisation du Traité de l’Atlantique Nord — naît en 1949, dans un monde marqué par les ruines de la Seconde Guerre mondiale.

L’Europe est encore fragile et, face à une Union soviétique qui étend progressivement son emprise sur ses voisines — de la Roumanie à la Tchécoslovaquie, jusqu’à l’Allemagne de l’Est —, les États-Unis proposent aux pays européens une alliance fondée sur un principe simple : si l’un est attaqué, tous répondront.

Jusque-là, ça marche et tout le monde semble y trouver son compte.

Puis arrive Donald Trump, qui regarde ce pacte d’un œil de businessman. Pour lui, il y a déséquilibre : certains paient alors que d’autres profitent.

Il le dit d’ailleurs sans détour : les Américains sont devenus le pilier central, militaire, financier et stratégique de l’OTAN, alors que l’Europe, elle, s’est habituée à se reposer sur la grande sœur, cessant progressivement de s’investir.

L’OTAN coûte des milliards aux USA et Trump compte ses sous.

Il aurait pu passer l’éponge, mais aujourd’hui le vase déborde : alors qu’il demande à ses alliés d’outre-Atlantique un coup de main pour sécuriser le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 30 % du pétrole mondial, au large des côtes d’Iran, soudain plus personne n’est là.

L’Europe est affairée à ses petits calculs, ses intérêts économiques, sa peur de représailles internes qui mettraient le feu aux poudres, sans parler de son éternel positionnement pro-arabe.

De guerre lasse, Trump, piqué à vif par la mollesse de l’Europe — pour ne pas dire sa lâcheté —, lance : « L’Amérique n’a, en réalité, besoin de personne. Ni de l’OTAN, ni même d’alliés comme le Japon, l’Australie ou la Corée du Sud. »

Une déclaration qui n’est pas seulement stratégique : elle est presque existentielle.


Trump lorgne du côté du Moyen-Orient, avec ses terres riches en ressources et en carburant vital, ses rebondissements géopolitiques et son acteur principal, Israël, qui seul, selon lui, est capable d'honorer une alliance.

Car c’est un fait : l’homme le plus puissant du monde, par une Providence divine incroyable, est aujourd’hui à nos côtés, livre nos combats et croit en notre avenir. La balle qui a effleuré son oreille gauche et aurait dû mettre un terme à ses jours y est peut-être pour quelque chose.

Miroir, miroir -


Pour Trump, l’Europe est un has-been dans lequel, à moyen terme, il est vain d’investir.

Serait-il un Rhett Butler, qui lit la carte du monde avec justesse, sachant déceler une société à bout de souffle alors qu’une autre est en train de naître ?

Les alliances du vieux monde sont-elles en phase d’agonie, alors que la Mésopotamie et ses alentours, berceau premier de la civilisation, redeviendraient, sous l’égide d’Israël, une nouvelle civilisation ?

Certains le pensent, et pas des moindres.

L’avenir nous le dira. Très bientôt, il semble…