Saviez-vous que derrière ce goût sucré se cache une symbolique bien plus amère pour nous, Juifs ? En effet, derrière cette galette apparemment anodine, il y a des origines plutôt ténébreuses.

Bizarre, non ? En janvier, les pâtisseries, Cachères bien sûr, nous sortent des galettes à la frangipane. Bon, c’est Cachère, commercial et c’est bon, alors pourquoi s’en priver ?

Un peu d’histoire

Saviez-vous que derrière ce goût sucré se cache une symbolique bien plus amère pour nous, Juifs ? En effet, derrière cette galette apparemment anodine, il y a des origines plutôt ténébreuses.

D’abord, tout le monde s’accorde à dire que cette coutume a commencé lors des Saturnales romaines, où des esclaves déguisés en "rois" d’un jour jouaient à celui qui trouverait la fève, et deviendrait le roi d’un jour. Il s’agissait d’une fête où débordaient banquets et jeux en l’honneur de Saturne, divinité liée à l’agriculture (d’où la fève).

Ensuite, les Chrétiens se sont emparés de cette galette pour célébrer l’Épiphanie. L’Épiphanie, qui signifie "révélation", célèbre une scène bien connue : des rois mages qui débarquent à Bethléem, les bras chargés de cadeaux pour un certain nouveau-né, guidés par une étoile. Enfin… à chacun sa "star". Mais derrière ce récit enchanteur, c’est surtout le coup d’envoi d’une vaste campagne d’évangélisation, qui va dès lors marquer la mise au placard officielle du judaïsme. Et c’est aussi le point de départ des persécutions, justifiées par la mission de répandre cette "bonne parole" à tout prix. Ironique, non, quand on sait que nous, avec la Torah, avons traversé les siècles malgré toutes les tentatives d’extermination ?

La couronne sur la galette, c’est celle de ce même enfant qui rappelle les siècles de rejet, de conversion forcée et d’oppression. Ce qui marque l’acceptation d’une "nouvelle alliance" et envoyant un message aux Juifs : vous êtes rejetés pour l’éternité.

Ce qu’en dit la Halakha

Certes, selon la Halakha pure, une tarte frangipane qui est Cachère peut être consommée en temps normal. Mais le jour de l’Épiphanie, c’est une autre histoire. Participer à une coutume liée à la ‘Avoda Zara, même indirectement, c’est interdit selon la Halakha.

Malgré cela, une question mérite d’être posée : souhaitez-vous vraiment déposer une galette des rois sur votre table ? Comment revendiquer l’héritage d’Avraham, qui a brisé les idoles de son père, tout en consommant un gâteau associé à des rituels dédiés à la divinité romaine Saturne ? Comment accepter de manger un mets qui, chaque année, célèbre notre rejet et véhicule un message niant l’essence même de notre identité ?

Ce que nous mangeons nous influence

Vous pourriez dire "ce n’est qu’un gâteau parmi d’autres, non ?" Eh bien, la réponse est claire : non ! En effet, lorsque quelqu’un revient à la Téchouva, la première Mitsva conseillée par nos Sages est de rendre sa cuisine Cachère. Pourquoi ? Parce que ce que nous mangeons devient partie de nous, cela fait grandir notre corps et notre âme, "chair de notre chair". Nos repas ne se limitent pas à de simples aliments : ils sont une source de transformation et un moyen de nous connecter à la dimension spirituelle qu’ils renferment.

Alors, sans même en être conscients, cette galette nous plonge dans une dimension païenne et dans une religion qui nous exclut.

Nos repas, des histoires vraies

Contrairement à cette galette, nos repas racontent notre véritable histoire : celle dont on veut s’inspirer. Des ‘Hallot pétries avec les prières d’une mère pour ses enfants. Un ‘Harosset qui évoque chaque larme et chaque espoir de nos ancêtres. Et ces bénédictions, récitées à chaque étape de la préparation au repas, qui déposent un goût intangible, nourrissant à la fois notre corps et notre lien avec Hachem.

Dans chaque maison juive, la table n’est pas un simple meuble. Elle devient un autel, où chaque plat porte une prière et un message : les lumières de Chabbath, une Ménora et les mets comme des offrandes, sur lesquels nous attendons que la Présence divine réside. C’est ce message que nous devons transmettre à nos enfants ! Souvent, la table est l’ancre qui relie le Juif à sa religion. Ce n’est pas un hasard : la nourriture nous transforme et nous élève.

Les vertus cachées de la cuisine juive

Le Ben IchHaï raconte une anecdote puissante : un jeune homme juif, accablé par ses épreuves, décide de changer de religion. En chemin, un simple juif l’interpelle et lui demande naïvement : "Mais si tu te convertis, tu ne feras plus le Chabbath. Et donc, plus de Dafina, plus d’œufs marrons mijotés toute la nuit gorgés des saveurs de la viande, des pommes de terre et du blé, et cette odeur divine qui emplit la maison au réveil !" Le jeune homme réfléchit, et revient sur sa décision : il retourne à la synagogue prier.

La cuisine juive, empreinte de spiritualité, peut raviver l’attachement à nos racines. Combien de Juifs ayant une amie non-juive sont allés manger en cachette chez maman, savourer les plats de leur enfance, jusqu’à ce qu’ils se fassent "prendre les mains dans le plat" ? Et au final, se sont retrouvés à épouser une spécialiste en cuisine juive ? Il faut le dire, l’odeur de la cuisine juive, c’est plus puissant que n’importe quelle tentation !

Élever nos choix

Dans une société obsédée par le vide et les plaisirs éphémères, chaque acte peut être une opportunité de nous élever. Manger, ce n’est pas juste se remplir. C’est se connecter, raconter, transmettre. Nos plats, remplis d’amour, de sens et d’histoire, nourrissent autant l’âme que le corps. Choisir ce que l’on met sur sa table, c’est choisir à qui l’on veut ressembler.

Mais le problème est bien plus profond que ça. Pourquoi, à l’heure où tout devient "fun", se contenter d’une galette des rois ? Pourquoi ne pas aller plus loin et confectionner des ‘Hallot en forme de croix ou de Bouddha pour pimenter un peu le dîner ? Allez, franchement, aujourd’hui, dans une époque où le wokisme s’impose comme la nouvelle norme, qui va se poser des questions ?

Mais bon, tout de même, peut-être vaudrait-il mieux s’en éloigner… pas juste en janvier, mais toute l’année, vu ce que cette galette représente, surtout pour un Juif qui ne vit pas que pour manger et dont les ancêtres sont montés sur le bûcher, parce qu’ils ont refusé de plier devant des symboles étrangers.

Mais ne vous inquiétez pas, les enfants de ces familles qui dégustent leur galette des rois en janvier, eux, ils n’y verront absolument rien de dérangeant. Après tout, grandir avec un peu de wokisme et des traditions bizarres, ça les prépare à bien vivre dans ce monde moderne, non ?