Le Saint béni soit-Il a créé le monde afin de prodiguer Sa bonté sur la Création.

Le degré le plus intense de bonté relève de la perfection, car elle contient tout en elle. La perfection absolue n’est propre qu'à D.ieu Lui-même. C’est pourquoi Il octroie à l’Homme la possibilité de s’attacher à Lui, lui prodiguant ainsi la suprême bonté. 

Par conséquent, le but de l’homme est de s’attacher à son Créateur, de se délecter de cette proximité Céleste. Aucun autre plaisir n’a d’égal ce bonheur. C’est ainsi que l’Homme réalise le but de l’existence. 

Bien que dans ce monde-ci, il soit possible de ressentir cette merveilleuse proximité, dans le monde futur, le monde de l’âme, chacun selon son niveau pourra goûter à ce plaisir suprême. L’âme étant la seule capable d’appréhender tant de jouissance.  

Le Rav Eliahou Dessler explique que le simple préambule au plaisir dans le monde futur correspond à regrouper tous les plaisirs vécus (petits comme grands) par tous les individus depuis la Création du monde… en un instant ! Seul le caractère spirituel de l’âme est à même de supporter ça.

Comment atteindre le but ?   

Les moyens mis à disposition de l’Homme pour atteindre ce but sont les Mitsvot. Les Mitsvot bâtissent l’Homme à l’image de son Créateur. Par elles, l’Homme ressemble un peu plus à son Maître et mérite Sa proximité. Leur but est de créer une adhérence.

Cependant, pour nous permettre d’atteindre notre but final au travers des Mitsvot, il fallait un cadre de réalisation, une plateforme de travail. Alors D.ieu créa le monde.

Le Rav ‘Haïm Friedlander explique que chaque Mitsva justifie à elle seule la création du monde et de tout ce qu’il comporte. 

Prenons l’exemple de la Mitsva du Loulav, le bouquet des quatre espèces, de la fête de Souccot. Pour accomplir la Mitsva du Loulav, il faut des palmiers (le Loulav étant une branche de celui-ci). Pour qu’il y ait des palmiers, il faut des agriculteurs mais aussi… des maisons pour les loger, des vêtements pour les vêtir, des bouchers pour les nourrir, des facteurs pour leurs courriers etc.

Pareil pour la Mitsva de la Matsa, des Téfilines et les autres. Les seules Mitsvot justifient pleinement la création de notre monde et de son histoire.

L’enjeu

Cependant, pour que les Mitsvot agissent sur nous de la manière désirée par Hachem, il était nécessaire qu’elles soient réalisées par notre volonté la plus intime. Puisque leur but est de nous façonner à l’image de D.ieu, créant en nous une certaine ressemblance avec le Tout-Puissant, il fallait nécessairement que ce soit le fruit de notre volonté profonde. Un choix personnel et voulu sans contraintes. Alors D.ieu créa le libre-arbitre.

L’expression de cette nécessité se traduit par le fait que l’Homme soit conçu avec un penchant pour les plaisirs matériels qui l'éloignent du spirituel, et donc de son but. Ce n’est que dans ce duel constant avec lui-même, que l’homme manifeste au travers de l’accomplissement des Mitsvot qu’elles sont réellement le fruit de sa volonté propre. Ainsi, il prouve qu’il a résolument décidé d’épouser l’idéal, à savoir, le dessein divin.

Le monde offre à l’Homme un double choix. D’une part, le monde est le lieu de la réalisation de soi grâce aux Mitsvot. Il est le passage vers la félicité, offrant toutes les occurrences pour optimiser son évolution en vue du but final. De l’autre, il est fait de sorte à attirer l’Homme dans ses vices les plus bas. Il saisit tous les sens, hypertrophie les sensations, fourvoie l’imaginaire tout en amoindrissant l’intellect et oubliant l’âme.

Seule cette détermination exprimée dans l’adversité manifeste notre choix pur, mais aussi le façonne.

En résumé

Nous devons faire face en permanence à deux choix, celui du bien et celui du mal. L’adversité est notre moteur. Notre but est de grandir, d’aller toujours de l’avant tout en évitant les pièges qui jonchent le sol de notre monde, chacun ayant ses propres défis. Gardons à l’esprit qu’un œil bienveillant est toujours posé sur nous, nous encourageant dans notre chemin… qui n’a d’autre fin que le bonheur absolu.