« Hachem, je vois Ta main à chaque instant, je sens Ta bonté m’envelopper à chacun de mes souffles. Je ne demande qu’une chose : mériter de voir Tes miracles en ma faveur et en celle de tous les célibataires qui attendent leur Zivoug… »

Cela fait 16 ans. 16 ans que j’ai fait Téchouva par amour pour Toi. Personne n’a eu besoin de me menacer, personne ne m’a dit que j’étais obligée. C’est venu de moi, de mon cœur, bien qu’à l’époque, je ne Te connaissais pas comme je Te connais aujourd’hui.

16 ans que je suis passée de séminaire en séminaire, d’abord à Tel Aviv, puis à Jérusalem et même à New York. Où n’ai-je pas été pour Te trouver, pour en connaitre un peu plus sur Toi ? A me chercher, à partir à la conquête de ma Néchama (âme) ?

Les forces me quittent, mais je tiens bon !

Et me voici encore face à Toi, à prier, à demander le plus simplement du monde : « Hachem, mon Père, je T’en prie, envoie-moi aussi mon Zivoug. Ce n’est pas que pour moi, c’est aussi pour Toi, pour Ton service ! Car qu’est-ce qu’une personne si elle n’est qu’une moitié, si elle n’est pas complète, si elle n’a pas encore fait l’expérience de ce qu’est le véritable don au sein de son foyer ?

Hachem, je n’ai aucun droit de lister les sacrifices que j’ai faits pour Toi, car ceux que Tu fais en faveur de Tes enfants sont infiniment plus nombreux. J’ai tout quitté, tout bouleversé, pour marcher dans Tes voies. Et aujourd’hui, 16 ans après et beaucoup de déceptions amoureuses, je me sens lasse. Comme si je ployais sous le poids des espoirs évanouis, comme des lueurs qui s’éteignent lentement dans le silence de la nuit.

J’ignore pourquoi maintenant. Pourquoi maintenant je sens l’espoir s’envoler, les forces de me relever d’un énième Chiddoukh me quitter, la volonté d’y croire s’estomper.

Mais détrompe-Toi, Hachem, je ne pose pas de question. Je ne demande pas pourquoi. Pourquoi toutes les filles autour de moi sont déjà mariées, pourquoi elles semblent heureuses et moi triste, pourquoi elles cherchent chaque année dans les listes de prénoms à donner et moi je cherche toujours celui avec lequel je pourrais aussi choisir un prénom, pourquoi ma vie semble s’être arrêtée sur image il y a 16 ans et refuse d’avancer depuis. Et des comme cela, j’en ai des milliers d’autres à poser. Mais je ne les pose pas, parce que j’ai confiance en Toi et je sais que Tu sais ce qui est bon pour moi. Au lieu de cela, j’élève une prière silencieuse, humble, banale, pour te demander : Hachem, je T’en prie, ne m’oublie pas… »

« Chère princesse, ta délivrance est en chemin ! »

Puis, j’ai entendu une petite voix à l’intérieur me chuchoter : « Les initiales de la prière que tu viens de prononcer – Al Tichka’h Oti, ne m’oublie pas – forment le mot Ata, qui signifie "Il vient" en araméen. Tu comprends ce que cela signifie ? Cela signifie que D.ieu est déjà en route pour t’exaucer, pour t’envoyer l’objet de ta prière ! » Comme si Hachem en personne me répondait : « T’oublier, toi, la plus précieuse des roses de Mon jardin ? T’oublier, après toutes les Mitsvot que tu as prises sur toi en Mon honneur ? Après le courage de t’être relevée après chaque nouvelle épreuve ? Après toutes ces larmes silencieuses que seul Moi ai vues et entendues ? Ta délivrance est en chemin, chère fille d’Israël, encore un peu de patience. Les choses grandioses exigent du temps. Et lorsque ton prince charmant arrivera, tu lèveras ton regard vers Moi, non plus pour essayer de voir si Je suis toujours là, mais pour Me remercier de t’avoir exaucée. Tu comprendras alors que, loin de t’avoir oubliée, chère fille d’Israël, J’étais au contraire toujours à tes côtés, dans l’ombre certes, mais à tes côtés pour écouter tes supplications et t’insuffler des forces renouvelées chaque jour. Et quand tu le connaitras, ton prince, tu feras abstraction de ses rides naissantes pour découvrir sa personnalité rayonnante et parfaitement adaptée à la tienne. Alors oui, il aura fallu 16 ans pour la concocter, ta délivrance, mais que sont ces 16 ans face à l’immensité du bonheur qui t’attend avec ta moitié ? Tu as attendu 16 ans, mais cela ne valait-il pas la peine d’attendre ? »

Hachem, je vois Ta main à chaque instant, je sens Ta bonté m’envelopper à chacun de mes souffles. Je ne demande qu’une chose : mériter de voir Tes miracles en ma faveur et en celle de tous les célibataires qui attendent leur Zivoug. Donne-nous le sourire qui pansera toutes nos blessures et qui illuminera le jour que nous attendons tant !