"Oui, mais j’ai raison !" – voilà une phrase qui détruit souvent nos relations, qu'il s'agisse de disputes entre copines, de tensions dans notre couple ou même de conflits professionnels. En effet, cette obsession d'avoir toujours le dernier mot découle souvent de l'orgueil, cette volonté d'affirmer coûte que coûte que notre vérité est la seule valable. Mais cette lutte pour la vérité en vaut-elle vraiment la peine ?

Un célèbre proverbe israélien dit : "Ne cherche pas à avoir raison, mais à être sage". Dans les Pirké Avot, on dit également que celui qui est sage est celui qui voit l’avenir. Ces conseils mettent en avant une approche qui vise à privilégier les conséquences à long terme de ce que nous faisons, disons… l’harmonie plutôt que la satisfaction personnelle. 

Prenons l’exemple des groupes WhatsApp : on a tous dans l’un d’eux cette fille très active qui sait tout sur tout, donneuse de conseils (s'improvisant bien souvent experte dans des domaines) et qui commente sans cesse… non sans vexer ceux qui osent s’opposer à ses opinions ou qui n’osent pas se confronter à elle. Alors oui, elle a peut-être raison, mais à quel prix ?

J’ai raison = je suis imbue de ma personne

Le Or’hot Tsadikim aborde directement ce problème. Le fait de vouloir toujours avoir raison, de se la “ramener”, est une conséquence malheureuse de l’orgueil. Et cet orgueil est un obstacle majeur à des relations saines. Lorsque nous nous obstinons à avoir raison, cela traduit souvent un manque d'écoute et un refus de reconnaître les sentiments ou les opinions des autres. Cette attitude crée des tensions inutiles. Le comble de l'histoire : la personne qui campe sur ses positions est souvent érudite et sûre de son savoir. Mais même si ses connaissances sont justes, le Or’hot Tsadikim affirme que cette personne deviendra "répugnante", finissant même par rejeter Hachem.

Pourquoi des conséquences aussi graves, alors que cette personne semble être dans son bon droit ? Parce qu'elle tombe dans le cercle vicieux de l’orgueil, un piège où sa fierté prend toute la place, à l’image d’un plat laissé trop longtemps sur le feu. Même si les ingrédients étaient bons au départ, le plat a tourné. Ainsi, cette personne, trop imbue d'elle-même, finit par ne plus voir qu'elle...

Reconnaître ses erreurs, trouver sa place

Pour vivre des relations plus apaisées et être en paix avec nous-mêmes, apprenons à "baisser la garde", à admettre nos erreurs, à vérifier avant d’affirmer des choses, et à faire plus de place aux vérités des autres. En prenant ce recul, nous pouvons aborder nos relations avec plus de modestie, en reconnaissant que notre opinion n’est pas la seule qui compte. Cet acte d’humilité permet des relations plus apaisées et moins tendues. N’avez-vous jamais remarqué que lorsqu'une personne reconnaît ses torts, la situation se désamorce instantanément et les tensions s’apaisent ?

Soyons comme Aharon Hacohen, qui recherchait toujours la paix. Lui aussi aurait eu raison de réclamer la place de son frère Moché, puisqu'il était le leader des Bné Israël en Égypte pendant l'esclavage. Tout comme Moché aurait pu se plaindre à Hachem que ses enfants n’aient pas été nommés Cohanim comme ceux de son frère Aharon ; théoriquement, tous deux avaient raison. Pourtant, ils surent faire le choix judicieux de l'humilité et du Chalom.

De la même manière, sachons aussi reconnaître nos fautes envers Hachem, faire le point sur l'endroit où nous nous trouvons, et surtout, admettre notre fragilité et notre petitesse. Hachem préfère cette sincérité à celle d’une personne qui aurait bâti un édifice sur des fausses idées et de la mauvaise foi, tout en refusant de se remettre en question.

Un nouveau départ

L'essentiel n'est pas de toujours avoir raison, mais de reconnaître nos torts. En hébreu, "Yéhoudi" signifie celui qui reconnaît. Admettre ses erreurs, c’est non seulement un signe d’humilité, mais aussi un moyen de se libérer des tensions qui pèsent sur nos relations. Travaillons à lâcher prise sur notre orgueil et à accepter que la vérité de l'autre ait aussi de la valeur. En faisant cela, on se rapproche d'Hachem et des autres, tout en avançant vers une vie plus paisible et apaisée.