Vous vous rappelez de ces films où le héros revit la même journée jour après jour ? C’est un peu le sentiment que les parents en Israël ont ressenti pendant la guerre : être tous ensemble à la maison, tout le temps…Youpiiii ! On a replongé dans cette ambiance qu’on finit par bien connaître : cours en zoom, télétravail… Tout ça avec la désinvolture à l’israélienne, ou plutôt la Émouna (foi) et la résilience. Mais j’ai lu ce matin que ce qui dérangeait le plus les Israéliens, dans leur quotidien de guerre, c’était le manque de sommeil...
Imaginez la scène, vous dormez profondément quand la pré-alerte retentit. Vous savez que dans quelques minutes vous allez devoir descendre à l’abri avec vos enfants complètement endormis, portés comme des sacs à patates. Et ce, parfois plusieurs fois par nuit. Dur quand même !
Mais une espèce rare supporte la situation : les mères de familles (très) nombreuses...
En une seconde, elles sont capables de sortir du sommeil paradoxal (phase du cycle de sommeil la plus intense) et de gérer toutes sortes de situations : du simple biberon, au pipi au lit, jusqu’aux suppositoires à mettre dans l’obscurité totale sans réveiller personne… De vraies commando !
Les pères ne sont pas mal non plus, selon leurs degrés d’entraînement quotidien. Mon mari et moi, appartenant à cette espèce rare, avons perfectionné la gestion du vomi nocturne : coordination parfaite, efficacité redoutable… le genre d’épreuve qui renforce le couple !
Interrogeons nous donc sur cette difficulté numéro 1...
Les personnes souffrent réellement de ce manque de sommeil : ils n’arrivent plus à bien travailler, ont des difficultés a conduire… Comment nous, ces mamans, avons-nous pu transformer notre nature et muter en des espèces capables d’affronter les journées avec des nuits entrecoupées presque non-stop ? Ça relève vraiment du miracle !
Trêve de suspens, je vais vous révéler le secret, en tout cas le mien. J’ai demandé à Hachem de me donner les forces, coûte que coûte...
C'est-à-dire que je n’ai pas fait dépendre mon état de mes conditions de vie mais de l’Aide divine. Et heureusement, sinon je me serais écroulée bien vite ! Ma Rabbanite, maman de 11 enfants (gloups) me disait : tu choisis où tu branches ta prise. Soit tu te branches à l’électricité normale, soit tu te branches à Hachem et tu verras tes forces décupler…
Se brancher à Hachem, ce n’est pas une idée abstraite. C’est se renforcer en Émouna en gardant en tête qu’Hachem peut TOUT : même nous donner des forces alors qu’on est au bout de notre vie ! Une fois qu’on en est profondément convaincue, on déclenche le courant : la prière.
Personnellement, je le fais avec mes mots, dans les moments critiques : le matin quand je suis épuisée ou en récupérant les enfants après une journée de travail alors que je rêve juste de disparaître sous une couverture ! Et sans publicité mensongère : ça marche.
Bien sûr, cela ne remplace pas le repos. Tout le monde en Israël a compris l’importance du sommeil. C’est quelque chose que l’argent ne peut pas acheter. Un couple milliardaire sera quand même obligé de se lever la nuit pour nourrir leur bébé ou soigner leur enfant malade. Ils ne pourront pas lui dire « Allez, je te donne 50 euros et tu arrêtes de pleurer, deal ? »
En ce moment, on nage en plein luxe en Israël : deux semaines de trêve avec la possibilité de passer de bonnes nuits et d’envoyer les enfants à l’école. Et soudain, on réalise à quel point les journées simples, les nuits normales et le calme sont un trésor...
Parce qu’en réalité, on ne mesure la valeur des choses que lorsqu’elles disparaissent. Donc apprenons, ou continuons, à remercier Hachem pour tous Ses bienfaits au quotidien.
Rien n’est acquis, tout est un cadeau. Au fond, la vraie question n’est pas combien d’énergie il nous reste, mais à quoi — ou plutôt à Qui — nous choisissons de nous brancher…




