Après un divorce, l'une des tentations les plus fortes est souvent de vouloir se remarier rapidement. C'est normal, voire légitime. Mais il existe un piège que beaucoup de femmes découvrent seulement après coup : vouloir reconstruire trop vite sans avoir compris ce qui s'est réellement passé…
Quel que soit le divorce, qu'il ait été souhaité ou subi, il est toujours utile et sain de revenir sur les dynamiques que nous avons eues pendant la durée de notre mariage : comprendre pourquoi cela n’a pas fonctionné, ce que l’on aurait pu ou dû faire autrement et ce que l'on a subi et que l'on ne veut plus vivre de nouveau. Cela permet de se retrouver et de mieux se préparer à une prochaine relation, avec des bases nouvelles, en mettant toutes les chances de son côté.
Pour cela, il faut un sas. Et c'est là qu'intervient le temps pour soi…
Un temps pour faire redescendre le système nerveux, ainsi que le taux de cortisol accumulé par des mois, parfois des années de tensions. Un temps pour sortir du bruit, des drames, des montagnes russes émotionnelles. Et surtout : un temps d’abstinence sentimentale…
Le principe est simple, pendant un certain temps : pas de présentation, pas de Chiddoukh (rencontre arrangée en vue d’un mariage), pas de discussions ambiguës, pas de relations sentimentales.
Non pas parce que les hommes sont le problème. Mais parce que le cerveau, après une rupture, cherche instinctivement une anesthésie émotionnelle. Un message. Une attention. Une validation. Ces petites doses de dopamine empêchent souvent de faire le vrai travail intérieur — et entraînent parfois le choix d'un mauvais partenaire.
La diète masculine permet exactement l'inverse : se désintoxiquer du chaos relationnel.
Durant cette période, quelques règles simples et bienveillantes envers soi-même. Se concentrer sur sa santé physique : faire du sport, marcher, bouger. Remettre de l'ordre dans sa vie. Discuter avec des amies. Étudier un peu de Torah — même une minute, ça compte. Réfléchir, avancer. Mais aussi — et c'est essentiel — sortir voir ses amies, se rappeler qu'on existe en dehors de la relation. Se recentrer sur sa famille, retrouver ces liens parfois mis de côté pendant le mariage. Reconstruire son équilibre intérieur. Et bien sûr régler son divorce religieux et civil si ce n'est pas déjà fait.
Et puis il y a quelque chose que beaucoup sous-estiment dans ces moments-là : la prière…
Pas forcément une prière formelle, pas forcément en hébreu, pas forcément debout face à un livre. Parfois, c'est juste s'asseoir, fermer les yeux et dire à Hachem avec ses propres mots : "Je suis fatiguée. Je ne sais pas où je vais. Aide-moi à avancer." Ces phrases simples, prononcées avec sincérité, ont une puissance que les mots ne peuvent pas vraiment expliquer. Hachem n'attend pas que l'on soit forte pour nous écouter. Il nous entend aussi dans notre vulnérabilité, dans nos doutes, dans nos larmes du soir. Comme le disent nos Sages, il n’y a rien de plus entier qu’un cœur brisé… il peut faire émerger les prières les plus sincères et les plus puissantes ! Et souvent, après avoir parlé — vraiment parlé — on se sent moins seule. Pas parce que la situation a changé. Mais parce que l'on se sent soutenue, par Celui qui peut tout, Celui qui peut nous sauver et nous sortir de n’importe quelle situation…
Ce temps pour soi n’est pas une période de deuil solitaire. C'est une période de renaissance active…
On se lève, on s'habille, on sort — même si parfois on a des moments où l'on est un peu triste, où l'on n'a pas le moral. Dans ces moments-là, on se concentre sur ce que l'on aime et ce qui nous fait du bien. Et on n'a pas peur de dire à son entourage : "C'est une journée sans aujourd'hui." C'est humain. C'est autorisé. Et en même temps, on fait le travail intérieur en silence.
Au bout d'un moment, quelque chose change. Le bruit extérieur diminue. Et pour la première fois depuis longtemps, on commence à entendre sa propre voix intérieure. Celle qui dit : "Voilà ce que je veux vraiment. Je me console seule. Je règle mes traumas avec moi-même ou avec une personne experte (psychologue ou thérapeute)." Sinon, on sera toujours déçue de l'autre, car il ne comblera jamais tous nos besoins émotionnels.
Grâce à ce retour à soi, quand on rencontrera ensuite quelqu'un, on sait que ce ne sera pas pour combler un vide, mais pour construire, dans un objectif commun, un mariage sain et durable, avec celui qui marchera à nos côtés… jusqu'à 120 ans !




