Premier jour de confinement : nous autres parents, commençons difficilement à accepter notre sort et cette étrange onzième plaie qui s’est abattue sur nous. Confinés à la maison ? Pas d’école pour les bambins ? Pas de travail ? Pas de visite aux copains ni aux cousins ? Pas de loisirs ? Envolée, la routine à laquelle nous étions habitués et dont nous réalisons aujourd’hui à quel point elle était en fait source de stabilité !

Voilà les pensées qui m’assaillaient ce fameux jeudi 12 mars, jour où pour la première fois depuis des temps immémoriaux, nos enfants furent contraints de rester à la maison pour cause… d’épidémie ! 

Mais je n’étais au bout de mes surprises….

Merci l’ordinateur

Pas de panique, pensai-je : ne sommes-nous pas au XXIème siècle ? Bien sûr, il n’était pas question de laisser mes enfants s’abrutir des heures devant un écran, mais une ou deux heures devant l’ordinateur pour visionner des contenus ludiques, ça ne peut pas faire de mal, ni à eux, ni à moi, me dis-je. Au contraire, même ! Eux seront ravis de retrouver leurs personnages préférés et la Paracha de la semaine et moi, j’aurais du temps de libre pour accomplir toutes les tâches difficiles à réaliser lorsque les petits sont dans les parages… Bref, l’idéal.

La fin du monde ! 

Oui mais voilà, tout cela c’était avant que ça n’arrive. Quoi ? demanderez-vous. Eh bien essayez d’imaginer la pire chose qui puisse arriver dans une maison avec des enfants en bas-âge un premier jour de confinement… Oui vous avez deviné : l’ordinateur est tombé en panne !

Non vous ne rêvez pas. Oui, je sais, c’est effroyable. Lorsque c’est arrivé, j’ai entendu trois sons monocordes s’échapper de ma bouche entrouverte face à l’écran qui refusait de réagir : “Aaaah, aaaah, aaaaah !!!” 

Je suis restée quelques instants immobile, amorphe, sans pouvoir réagir. Puis j’ai été secouée de ma torpeur par des coups tapés à la porte : c’était ma voisine de palier qui avait entendu les cris et venait s’enquérir que nous allions bien… “Pas vraiment”, répondis-je, encore sous le choc de l’hécatombe qui venait de s’abattre sur moi. “Que se passe-t-il ?!”, demanda-t-elle, inquiète. “Mon ordinateur vient de rendre l’âme”. Je vis se dessiner sur son visage une expression d’horreur et elle me quitta en laissant s’échapper un compatissant : “Bon courage...”

Raconte-moi une histoire

Mais je n’avais pas le temps de m’apitoyer, je devais agir et vite. Trouver une occupation intelligente, ludique et surtout qui puisse captiver toute ma petite tribu pour un bon bout de temps, histoire d’éviter les disputes, les pleurs et surtout histoire de me laisser le temps de me consacrer à mes propres tâches du jour.. 

En désespoir de cause, je me suis alors souvenue d’un groupe auquel j’étais abonnée sur mon téléphone mais auquel je n’avais jamais réellement prêté attention : celui d’un Rav qui envoyait chaque jour une belle histoire audio destinées aux enfants. Il s’agissait en général d’histoires de nos Tsadikim, mais cela pouvait également toucher d’autres thèmes du judaïsme. Le point commun de toutes ces histoires : elles étaient toutes merveilleusement bien racontées, elles étaient porteuses de valeurs juives et étaient réellement captivantes (comment je le sais ? Eh bien, je me suis surprise à les écouter et à verser quelques larmes d’émotion !).

“Les enfants”, appelai-je avec un regain d’enthousiasme, “venez, installez-vous. Shay, monte sur cette chaise, Sarah, prends celle-ci. Netanel, assieds-toi ici et toi Hillel, ici. Voilà, maintenant, on reste sage et on écoute tous une belle histoire”, dis-je, pas très convaincue.

Et là miracle…

Un mal ? Un bienfait !

Soudain, pour la première fois depuis des années, je vis un spectacle merveilleux se dérouler sous mes yeux : mes enfants étaient assis, les uns à côté des autres, sans se pousser ni se bousculer, à écouter un récit passionnant raconté à l’oral ! Une vision de l’autre monde, quoi.

“C’est tout simplement magnifique. Comment n’y ai-je pas pensé avant ?”, me demandai-je. “Se peut-il que l’accès facilité à l’informatique nous ait fait oublié qu’il existe d’autres formes de divertissement, bien plus pédagogiques et intéressantes ?”

Pendant que j’observai les petits aussi sages que les images d’une histoire, complètement pris par le récit qu’ils écoutaient, je me suis rappelée qu’il y a un certain temps, j’avais lu un article sur le web qui détaillait les bienfaits sur nos enfants de l’audio en comparaison avec la vidéo. Parmi les nombreux avantages cités par l’auteur, on trouvait : le développement de l’intelligence et du langage, l’acquisition d’un vocabulaire plus étoffé, la stimulation de la capacité d’écoute et de la concentration ainsi que le développement de l’imagination, de la créativité, de la logique et du sens de la chronologie. L’auteur y affirmait même que certains contes avaient une fonction véritablement thérapeutique en ce sens qu’ils sollicitaient l’intelligence émotionnelle de l’enfant !

Mais en réalité, même sans ces informations, il me suffisait de le constater de mes propres yeux : mes enfants étaient calmes, captivés, ils étaient concentrés avec une attention déconcertante et prenaient visiblement un très grand plaisir à écouter les histoires !

Mieux : avec le temps, je me suis aperçue que tout en écoutant les histoires, mes enfants pouvaient en prime être mobiles et actifs (contrairement au temps où quand ils sont assis devant l’ordinateur) ! Ils participent désormais aux tâches domestiques, ils m’aident à la cuisine et peuvent même jouer à faire un puzzle, le tout au son d’une belle histoire qui ne les abrutit pas… Il leur arrive même de faire de l’exercice physique pendant qu'ils écoutent une histoire !

Enfin, le dernier des bonus (parmi ceux que j’ai constatés pour l’instant) : on peut brancher directement son téléphone à une chaîne hi-fi via Bluetooth, sinon enregistrer les histoires sur une clé USB branchée à une baffe portable (pratique), soit utiliser un lecteur mp3 classique. Le must !

***

Finalement, je n’ai pas réparé l’ordinateur. D’abord, parce qu’aucun réparateur n’était disponible, mais aussi parce que cette panne inopinée m’avait permis de découvrir qu’il existe un autre moyen ô combien plus efficace et pédagogique d’occuper nos enfants que de les figer devant un écran. 

Et finalement, ce que je croyais être la fin du monde s’est avéré être la découverte d’un nouveau monde… celui de l’audio !

Témoignage de Joy Galam adapté par Elyssia Boukobza 

Pour rejoindre le groupe “A chaque enfant son histoire” du Rav Yossi Attal, vous pouvez vous inscrire ici : https://chat.whatsapp.com/LFJXQwgEG5X3bBsafh6ug3