Nous connaissons toutes l’acronyme de la fameuse phrase de Chir Hachirim : « אני לדודי ודודי לי – Ani Lédodi Védodi Li – Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi » - Eloul, אלול. Bien évidemment, à l’approche du mois de la Téchouva, ce verset est très éloquent. Nous devons nous rapprocher d’Hachem, être entièrement dévouées à Lui et, Béezrat Hachem, en retour, Il sera proche de nous et fera tout pour combler nos requêtes pour l’année à venir.

Ce verset provient de Chir Hachirim (le cantique des cantiques), qui décrit l’amour entre Hachem et Son peuple en le comparant avec l’amour entre conjoints. Oui, dans le couple aussi, si l’on est entièrement tourné vers l’autre et que l’on cherche toutes les occasions pour lui faire plaisir et combler ses besoins, on peut escompter, avec l’aide d’Hachem, qu’il soit aussi complètement focalisé sur notre bien-être et notre bonheur.

Mais n’oublions pas un autre verset, également écrit par le roi Chlomo, cette fois dans le livre de Michlé (chapitre 19). « ואץ ברגליים חוטא – Celui qui précipite ses pas, faute. ». Le Gaon de Vilna nous enseigne qu’il ne convient pas de courir quand on veut atteindre un noble but. Au contraire, cette course vers l’avant est une faute en soi. En effet, l’avancée doit être lente et systématique, sans essayer de sauter des étapes, d’aller trop vite.

Quand la Guémara affirme : « Yom Kippour Mékhaper LachavimYom Kippour permet d’expier les fautes des personnes qui reviennent sur la voie », elle ne désigne pas celles qui sont parvenues au repentir parfait, mais fait référence à celles qui reviennent sur la voie. Même si elles ne sont pas encore arrivées à destination, le simple fait d’être de retour sur la bonne voie les mènera vers la réussite.

Le Gaon de Vilna explique ce concept en décrivant deux hommes voulant monter en haut d’une échelle. Le premier dispose d’une échelle aux échelons très nombreux et rapprochés les uns des autres, tandis que l’échelle du second a beaucoup moins d’échelons à gravir pour arriver au sommet, mais ils sont beaucoup plus espacés.

Finalement, le fait de devoir faire de trop grands pas pour monter d’un cran à l’autre le décourage et il reste en bas. C’est en cela qu’il est considéré par le verset de Michlé, comme commettant une faute. Et étant donné qu’une image vaut mille mots, je vous laisse observer le phénomène par vous-même...

 

Certes, il est important d’avoir un point d’arrivée et il est important qu’il soit bien clair dans notre esprit. Nous devons avoir un objectif, tant dans notre évolution spirituelle que dans notre évolution au sein de notre couple. Notre objectif doit être : « אני לדודי דודי לי ». Sur le plan spirituel, je dois me rapprocher d’Hachem. Sur le plan interpersonnel, je dois me rapprocher et ne faire qu’un avec mon bien-aimé, mon mari !

C’est vrai, je voudrais une communication optimale, des compliments mutuels journaliers, sans critiques, sans plaintes, sans colère, sans conflits… Mais cet objectif est (on l’espère) atteignable après 120 ans de travail sur soi.

L’enseignement du Gaon de Vilna nous montre qu’il faut garder ce noble et sublime objectif en vue, mais qu’il convient de placer des étapes intermédiaires pour l’atteindre. Il faut d’abord décider d’avancer, se placer sur la bonne voie et se fixer des objectifs plus petits, à court et moyen terme. Apprendre à valoriser l’autre et ce qu’il fait pour moi, le complimenter une fois par jour (pour commencer), réduire graduellement le nombre de critiques…

Un peu comme ce que nous propose Waze… Pour aller de Jérusalem à Tsfat, je dois d’abord enregistrer l’adresse d’arrivée, savoir quelle est ma destination, mais cela ne suffit pas. Si je m’arrête là, je risque de ne jamais savoir comment atteindre mon objectif et finalement, ne jamais arriver à bon port. Après avoir noté l’adresse d’arrivée, je dois me mettre en route, prendre la bonne direction et me fier aux directives que le programme me donne, toutes les quelques minutes. « Dans 200 m, tournez à gauche », « Dans 120 m, placez-vous sur la file de droite pour prendre la sortie dans 800 m », etc.

La destination finale est importante, voire critique, mais n’oublions pas les étapes intermédiaires pour ne pas se perdre en chemin.

Bonne route !