Si vous recevez un cadeau d’une grande valeur, il y a fort à parier que vous en prendrez grand soin et que vous l’utiliserez au mieux uniquement dans de bonnes conditions. Ce cadeau si précieux, nous l’avons tous reçu et c’est Hachem qui nous l’a offert : il s’agit de la parole...

L’outil de la création du monde et force créatrice !

Quand Hachem créa le monde, Il le fit par la parole : “D.ieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut” (Béréchit 1,3).

Et l’Homme, à la différence des animaux, possède lui aussi la force de la parole car il est la combinaison de deux éléments : l’intelligence et la parole. Et il est le seul à détenir la capacité de connecter son corps et son âme par le biais de paroles ! Comment ? Simplement par le fait d’exprimer (par la bouche) une idée qui a pris naissance dans une dimension supérieure : la Néchama (l’âme).

L’Homme, créé à l’image de D.ieu (par Son Souffle divin) a le même pouvoir : il peut créer par la force de la parole et faire basculer le monde du matériel au spirituel. Quand par exemple nous récitons la bénédiction sur les lumières de Chabbath le vendredi soir, par nos mots nous sanctifions le Chabbath (avant d’ouvrir la bouche, nous étions vendredi et une fois notre bénédiction terminée, nous sommes “entrées” dans Chabbath).

Et quand un homme, le jour de son mariage, prononce : “Haré At Mékoudéchet li…” ("הרי את מקודשת לי"), il passe du statut de “célibataire” à celui “d'homme marié”.

Un autre phénomène est l’influence de la parole sur la réalité physique, matérielle. Comme le montre cette expérience étonnante du docteur japonais Masaru Emoto qui a prouvé que l’eau est physiquement influencée par les propos négatifs ou positifs que l’on tient en sa présence !

Ce phénomène nous montre le pouvoir véritable de la parole : celui de créer une réalité. C’est pourquoi il est essentiel de faire très attention aux paroles que nous prononçons ! Comme le cas malheureux de cet homme qui s’était rendu chez le Rav Kaniewsky, désespéré, parce qu’il avait un jour menti à son patron en faisant croire que sa grand-mère était décédée… et le jour même où il avait prononcé ces paroles, elle avait en effet quitté ce monde.

Le pouvoir de construire ou de détruire

Lorsque nous utilisons la parole envers notre prochain, nous avons également en notre possession la capacité de “construire des individus” ou de faire l’inverse...

Comme le Rav Chlomo Freifeld qui était connu pour avoir ramené au judaïsme l’un de ses voisins, uniquement par la chaleur de ses “bonjour” ! En lui témoignant attention et affection, c’est comme s’il lui disait “ton existence est importante à mes yeux”.

Bien souvent, on a tendance à sous-estimer l’impact qu’un sourire accompagné d’une parole douce peut avoir chez l’autre, et à quel point cela peut changer sa vie... Et quand notre mari nous complimente sur notre capacité à gérer à la fois maison, enfants et travail, est-ce qu’on ne se sent pas d’un coup remontée à bloc, comme si on nous avait rechargé les batteries ? Lorsque l’on encourage nos enfants, sur leur comportement avec les autres ou leurs efforts en classe, c’est surtout là qu’on les voit se dépasser… et réussir !

Ces exemples nous montrent que la parole peut créer des réalités positives. Mais de la même manière, elle peut tout aussi bien être négative et destructrice.

Le roi Salomon disait : “La vie et la mort dépendent de la parole” (Michlé 18,21). Pire ! Le Talmud (Arakhin 15b) explique que la parole négative est pire qu’une épée, car elle peut tuer même à distance. La médisance peut détruire des carrières, des réputations. Même au sein de la famille, le dénigrement peut s’exercer. Un enfant que les parents qualifie de “stupide” ou “bon à rien” peut voir s’effacer toute notion d’estime de soi, par la force d’un mot.

Mais il n’y a pas que l’autre qui peut être détruit par les mots. Un langage vulgaire abaisse aussi son auteur… Les mots grossiers affectent ainsi celui qui les prononce et diminue fatalement sa valeur aux yeux des autres et du Maître du Monde. De plus, Pédout Rotnemer enseigne que des paroles négatives sur autrui ne nous renseignent que sur leur auteur et non sur la personne visée.

N’oublions pas que si nous avons reçu ce cadeau si précieux de la part d’Hachem, c’est dans un but bien précis : “J’ai placé Mes paroles dans votre bouche… pour planter des cieux et semer les fondations de la Terre” (Yechaya 51,16).

Penser avant de parler

Comme la parole d’Hachem qui est vraie et éternelle, la parole doit et devra toujours être sincère. Car : "דברים היוצאים מן הלב נכנסים אל הלב"  (“Les paroles qui sortent du cœur pénètrent le cœur”).

Même si cela ne paraît pas toujours facile, c’est une responsabilité de chaque instant de toujours réfléchir avant de parler ! Et croyez moi… avec une volonté sincère, ce n’est pas un exercice si difficile. Pour vous aider, voici un petit test que vous pouvez appliquer en toutes circonstances :

  • Est-ce que ce que je vais dire est vrai ?
  • Ce que j’ai à dire est-il nécessaire ?
  • Est-ce que je suis sur le point de dire quelque chose de gentil ?

Si vous répondez “Oui” à ces 3 questions, alors il n’y aura plus qu’à tendre l’oreille !

Hachem nous a donné ce cadeau, qui n’a pas de prix. A nous de penser à nous en servir toujours avec précaution et bienveillance…