Les résultats des dernières élections en Israël sont parvenus à nous surprendre. Déjà, les sondages, provenant des principales chaînes de télévision, prévoyaient la chute du Likoud au bénéfice du nouveau parti Yachar d’Eisenkot : faux ! Erreur méthodologique ? Électeurs indécis ? Tous ne disent-ils pas la vérité ? Ou peut-être… une manipulation délibérée, hypothèse la plus grave. En effet, les médias s'unissent dans une volonté commune de voir enfin Netanyahou quitter son fauteuil de chef d’État. Pourtant, c’est un Premier ministre doté de compétences exceptionnelles, que beaucoup de pays nous envient.

Depuis l’échec des accords d’Oslo, la gauche israélienne s’est énormément affaiblie, laissant le gouvernement aux mains de la droite. Néanmoins, elle n’a jamais perdu l’espoir de voir l’État israélien dirigé par une personnalité proche de ses conceptions laïques. Chaque fois qu’un nouveau leader émerge dans l’opposition, même s’il n’a aucune expérience politique, tout est mis en œuvre pour qu’il se fasse élire. Cette fois, il s’agit d’Eisenkot. On a mis le paquet : le taux de participation n’a jamais été aussi élevé. Certains ont même voyagé des Etats-Unis pour venir voter. Mais le Likoud reste malgré tout le plus important parti.

La grande surprise de ces élections est évidemment la participation massive de la population arabe. Du jamais vu ! Certains dénoncent une intervention étrangère, celle du Qatar. Il est aussi possible qu’il s’agisse d’un changement d’état d’esprit. En effet, comme on peut le remarquer un peu partout dans le monde, on prend conscience du pouvoir des urnes, qui permet “facilement” de concrétiser ses aspirations idéologiques. Cependant, dans le cadre d’Israël, nous sommes en droit de nous demander quelles sont les limites de la démocratie : comment peut-on permettre à ces députés arabes, qui forment aujourd’hui près d’un sixième de l’ensemble des députés, de participer aux décisions de l’État, alors qu’aucun d’entre eux n’est capable de condamner les actes terroristes du ‘Hamas du 7 octobre 2023 ?!

On relèvera aussi, à la tête d’un parti (Béya’had), la présence de Naftali Bennett, qui obtient 12 sièges, alors qu’il n’y a pas si longtemps, il a démontré, outre ses incapacités, sa facilité à mentir et à faire délibérément le contraire de ce qu’il promettait à ses électeurs. Étonnant ! A-t-on la mémoire courte ? Certains avancent qu’il sait plaire à la jeunesse, un public somme toute facile !

Des dizaines de milliers de voix se perdent aussi, car certains partis ne réunissent pas assez d’électeurs pour franchir le seuil électoral. On peut reprocher à leurs dirigeants de se conduire sans suffisamment de responsabilité, de réalisme et d’humilité. Un vrai gâchis ! Il faut relever néanmoins ce besoin, chez les Juifs, d’exprimer leur conception particulière. Ben Gourion disait, en plaisantant, qu’il y avait dans son pays autant de chefs d’État en puissance que d’habitants. Toutes les tendances veulent s’affirmer, formant ainsi un vaste éventail d’opinions large de 180 degrés. Il serait bien que les Nations, avant de juger Israël pour ses positions, réalisent le pluralisme des conceptions qui y règne, inconnu à cette échelle chez elles, à plus forte raison chez les Palestiniens.

Que nous réserve le lendemain ? Va-t-on parvenir à former un gouvernement stable et productif, qui saura gérer les enjeux énormes auxquels fait face ce petit morceau de terre, convoité de toutes parts ?

Le seul élément rassurant, c’est l’Élection du peuple juif par D.ieu, qui ne nous abandonnera pas. Finalement, nous sommes entre de bonnes mains !