Regrets, frustrations et inquiétudes. Nous sommes tous confrontés parfois à ces sentiments. Ce qui compte n’est pas ce à quoi nous devons faire face, mais c’est la façon dont nous y faisons face – l’état d’esprit que nous opposons à ces difficultés...

Dans la Paracha Béha’alotékha, nous trouvons une référence mystérieuse à un événement s’étant produit pendant les pérégrinations du peuple juif dans le désert et qui a clairement déplu à Hachem. Au cours de la deuxième année de leur errance, la Torah nous dit : « Le peuple affecta de se plaindre amèrement aux oreilles d’Hachem. Hachem l’entendit et Sa colère s’enflamma, le feu d’Hachem sévit parmi eux et déjà il dévorait les dernières lignes du camp. » (Bamidbar 11, 1)

Les commentateurs analysent la nature exacte du péché commis par les Hébreux. Le Ibn Ezra comprend que la raison se cachant derrière la punition d’Hachem était que les Hébreux avaient prononcé des paroles incorrectes. Le Ramban n’est pas d’accord : « Ce n’est pas juste, car pourquoi la Torah aurait-elle caché leur péché et n’aurait-elle pas dit exactement ce qu’ils avaient dit de mal, comme dans tous les autres endroits ? »

Par conséquent, conclut le Ramban, l’interprétation correcte semble être que, quand ils sont entrés dans le grand et terrible désert dans leur première étape en quittant le Sinaï, ils étaient bouleversés et ont commencé à se plaindre : « Qu’allons-nous faire ? Comment allons-nous vivre dans ce désert ? Qu’allons-nous manger et boire ? Comment allons-nous endurer les difficultés et les souffrances et quand allons-nous sortir d’ici ? »

Lorsque la Torah déclare qu’ils étaient anxieux et bouleversés, elle décrit en fait la nature exacte de leur péché. Ils ont parlé en se plaignant. Ils parlaient de l’amertume de leur âme, comme des gens qui souffrent. C’est cela qui n’était pas approprié aux yeux d’Hachem.

À première vue, nous pourrions compatir avec la douleur de leur situation. Dans ce désert aride, ils n’avaient certainement aucun espoir d’assurer leur subsistance par un moyen naturel. En outre, ils entamaient un périple très précaire, sans vision de l’avenir. Mais ce verset nous apprend que même avec toutes les bonnes raisons de se plaindre, ils n’avaient, malgré tout, pas le droit de se plaindre, de voir les choses si négativement.

Cela nous donne également une grande leçon.

Avons-nous déjà rencontré une situation plus précaire que la leur ? Pourtant Hachem s’attendait clairement à ce qu’ils aient une confiance beaucoup plus grande en Lui.

Ils auraient dû se délecter de toutes les bonnes choses qu’Il leur avait données au lieu de se soucier de l’avenir. Hachem prenait soin d’eux, à chaque instant, comme Il prend soin de nous aussi.

Bien sûr, une personne doit faire tout ce qu’elle peut pour se préparer à l’avenir. Mais pourquoi s’inquiéter, être pessimiste et prendre à cœur tous les problèmes et les ennuis potentiels avant même qu’ils n’apparaissent ? Pourquoi perdre de vue le bien immédiat au profit de la peur du lendemain ? Cela ne vous fait pas de bien. Concentrez-vous sur ce qui se passe de bien au moment présent, ne le gâchez pas ! Réjouissez-vous avec ce que vous possédez et laissez le bonheur imprégner votre être. Il est certain que des efforts adéquats doivent être investis pour préparer l’avenir. Mais ne laissez pas des pensées effrayantes sur l’avenir vous priver d’un présent glorieux.

Les gens traînent les déceptions du passé et les soucis pour l’avenir comme un boulet autour du cou. Lâchez prise et remplissez votre cœur du bonheur présent.

Soyez heureux. Soyez heureux, maintenant !

Rav Hadar Margolin, extrait du livre « Vivre dans la joie », disponible sur : La boutique Torah-Box