Allô le Beth Din ? Mon futur robot est-il « Chabbath Compatible » ?


L’ère des robots humanoïdes débarque dans nos salons.

Oubliez le petit aspirateur rond qui passe sa vie coincé sous le buffet en bipant comme s'il demandait l'asile politique.

Là, on parle d'un vrai androïde de compétition. Un Apollon en titane, bardé d'intelligence artificielle, capable de vider un évier, ranger une cuisine, changer une couche et, accessoirement, sauver ce qu'il reste de ma santé mentale.

Imaginez la scène. Pendant que je savoure enfin mon après-midi de Chabbath, profondément enracinée dans mon canapé, ma petite Sheyna décide qu'il est temps de produire une arme chimique de destruction massive.
Mais nous sommes en 2050... Et la couche est connectée.
Un micro-capteur détecte l'humidité, analyse la situation (soyons optimistes, il évite peut-être même le niveau de catastrophe...) et envoie automatiquement un signal Bluetooth à Nestor.
Alerte rouge.
Le robot quitte sa station de charge, attrape les lingettes et se dirige vers la chambre.
Le rêve absolu.

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Mais ces nouveaux défis demandent une sérieuse initiation aux problèmes soulevés dans la Halakha.

Énumérons-les : 

• Le « Siri » du samedi soir. 

Si je dis en direct : « Nestor, éteins le salon », ma corde vocale devient-elle techniquement un interrupteur électrique ?

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• Le Chabbath Goy en métal.

Un robot n'a pas d'âme. Si je lui lance une allusion hypocrite du style « Tiens, c'est bien sale ici... », est-ce que je triche avec la Halakha ou est-ce que je parle juste toute seule à un tas de boulons sans libre arbitre ?

• L'interrupteur humain. 

Si Nestor utilise des caméras thermiques pour ne pas écraser le chat, est-ce que le simple fait de traverser le couloir et de modifier sa trajectoire fait de moi un déclencheur de circuit électronique interdit ?

• Le piège de la minuterie (Chaon Chabbath).

Programmer une lumière le vendredi, d'accord. Mais programmer un androïde de 80kg pour qu’il récure les casseroles à 14h le samedi, est-ce que ça valide vraiment le concept de la minuterie passive ?

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• Le Ramdam sonore (Avchacha).

Nos Sages interdisent qu'une machine automatique fasse un vacarme flagrant le samedi. Si Nestor fait vrombir ses moteurs hydrauliques et fracasse les assiettes dans l'évier, le crash-test du repos sonore n'est-il pas totalement raté ?

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• Le qu'en-dira-t-on (Marit 'Ayin).

Si les voisins entendent ce boucan d’usine de tri de chez Amazon chez vous, ne vont-ils pas direct s'imaginer que vous cuisinez au marteau-piqueur pendant le jour saint ?

• Le mépris du jour saint (Zilzoul Chabbath).

Voir un automate s'activer à faire des tâches ménagères lourdes sous vos yeux ne détruit-il pas totalement la dignité et la sérénité du Chabbath ? Cela ne transforme-t-on pas une journée spirituelle en un show robotique profane (Ouvdin De'hol) ?

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Le coup de génie Séfarade 

Là, les petits malins du fond de la classe vont me dire : « Attends ! Si mon employée de maison non-juive décide d’elle-même de passer l'aspirateur pendant Chabbath alors que je ne lui ai rien demandé, la Halakha l'autorise ! Surtout chez les Séfarades ! »
Et vous avez totalement raison ! Selon Maran (le Choul'han ‘Aroukh), si elle est payée au forfait et qu’elle branche l’aspirateur de sa propre initiative pour aller plus vite, c'est permis. Pourquoi ?

Parce qu'elle agit pour son propre confort (le Rama et les Achkénazes font la grimace à cause du bruit, mais chez les Séfarades, ça passe).
Le problème, et là c'est le bug total pour le robot : Nestor n'a pas de dos qui coince, pas de fatigue, et se fiche éperdument de finir sa journée plus tôt pour aller boire un café. On ne peut pas dire qu'un robot agit « pour son propre confort ».

S'il s'allume, c'est uniquement parce que vous l'avez programmé le vendredi. Le joker de la femme de ménage tombe à l'eau !


En résumé, ce qu'il faut retenir (pour briller au Kiddouch) :

• Lui parler en direct le samedi : interdit total ! (Vos cordes vocales ne doivent pas servir d'interrupteur).
• Le laisser se balader avec ses caméras : gros point d'interrogation. (Marcher devant lui revient à modifier ses circuits électriques).
• Le programmer le vendredi : sur le papier oui, mais en réalité ses moteurs hydrauliques, le bruit des assiettes et le mépris de l'ambiance sacrée détruisent le repos (Ouvdin De'hol, Zilzoul et Avchacha).
• Le comparer à l'aide ménagère séfarade : impossible. Le robot n'a pas de libre arbitre et ne cherche pas son propre confort.
Verdict final : La technologie va sûrement créer des robots parfaits, mais elle n'a pas encore inventé le code pour contourner la sainteté.

En attendant le messie des androïdes, le meilleur moyen de passer un Chabbath serein reste de laisser Nestor au placard... et de continuer à négocier diplomatiquement pour savoir qui va faire la vaisselle !

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                      La Maman de Sheyna