Dans les quatre dimensions de la création (minéral, végétal, animal, parlant), seule la quatrième dimension s’est adressée au Verbe. (La langue des animaux n’est pas une langue, mais un assemblage de signes.) La langue, le verbe, la parole sont la traduction d’une activité cérébrale.
Le Tout-Puissant s’exprime par le verbe, seul vocable de l’expression qui transmet le message du Créateur. Ainsi, il est écrit que les 10 Maamarot (dix paroles) traduisent l’action créatrice. « Parler » a ainsi une fonction verticale (du Haut vers le bas) et horizontale (relation entre créés). C’est le parallèle entre ces deux dimensions qui expliquent le monde, et le lien entre le spirituel et le matériel.
Cela explique la faute de Moché Rabbénou qui a frappé le rocher, alors que l’Éternel lui avait dit de « parler » au rocher. C’est ce qui explique que dans deux circonstances particulières, l’animal « parle » à l’homme. Le serpent PARLE à Ève pour la séduire, et l’ânesse de Bil’am fait des remontrances à Bil’am. Le langage humain, le verbe, est l’usage fait par ces deux animaux : il s’agit d’un acte créateur pour introduire le MAL dans le monde (le serpent) ou pour éviter la malédiction sur Israël. Pourquoi la parole a-t-elle un rôle créateur ? Pourquoi une bénédiction doit être exprimée de façon précise par celui qui bénit ? Le sort du monde est lié à ce problème !
Il s’agit ici d’un MYSTÈRE de la création. Le même moyen utilisé par l’homme (et seulement par l’homme) pour établir la rencontre entre la dimension verticale (du haut vers le bas) et la dimension horizontale (des créés entre eux), ce même moyen, le Verbe, est la rencontre entre la dimension de l’Éternel, et la dimension du fini. Il y a d’autres rencontres apparentes entre l’expression de l’Infini et l’expression de l’éphémère. Ces autres termes – la vie, la mort, les réactions psychologiques comme la colère, le rejet, la satisfaction par exemple, ces réactions sont APPAREMMENT semblables, mais n’expriment qu’une image quand elles traduisent l’intervention de l’Éternel. La seule expression qui soit commune à D.ieu et à l’homme, c’est l’expression VERBALE. Cela se traduit dans la RÉVÉLATION qui utilise aussi un terme du VERBE (Dibrot-Daber). C’est pour cette raison que la parole de l’homme est CRÉATRICE, à l’image du Créateur. Si l’on veut bénir ou maudire, on utilise le langage divin.
C’était la faculté de Bil’am (« Celui que tu maudis est maudit, celui que tu bénis est béni »). C’est la raison pour laquelle Essav voulait une bénédiction de son père Its’hak. C’est pour cette raison que si l’on veut prier pour quelqu’un, il faut exprimer exactement le NOM de la personne, car, à l’image du Créateur, la parole est créatrice. Quand D.ieu a créé le monde, Il a parlé et le monde fut créé. Pourquoi Moché a-t-il été puni ? Parce qu’il n’a pas présenté devant le peuple la puissance créatrice de la parole. L’eau vient grâce à la parole divine, et c’est le rôle de l’homme de découvrir D.ieu derrière la parole, de Le découvrir dans le monde.
À certaines personnes, s’ajoute à cette expression VERBALE l’expression de la VUE dans l’avenir. Cela est réservé aux prophètes, mais la faculté créatrice est dépendante de l’homme, sans qu’il soit prophète. D.ieu a transmis au créé la dimension verticale, mais l’homme l’utilise dans la dimension horizontale. Cette convergence, UNIQUE dans la création, est donc le secret, le mystère du monde. L’ânesse vient rappeler à Bil’am : Attention, n’y a-t-il pas un danger dans ce voyage ? C’est l’apparition de l’ange à Bil’am qui comprend qu’il ne peut qu’utiliser pour le bien cette faculté. L’ânesse est chargée de le lui rappeler.
L’homme, le descendant des enfants d’Israël, a été doué de cette faculté. David écrit dans les Téhillim : « Venez, je vous enseignerai la source du bien et du mal, pour celui qui VEUT LA VIE » (‘Hafets ‘Haïm). C’est la parole qui est le moyen de transmettre le message du divin, non seulement la langue du prophète, mais la langue de chaque individu. C’est le message éternel de l’Éternel : « Je vous ai donné un outil : le VERBE ». Utilisez-le pour le bien. Il est possible – ce qu’à D.ieu ne plaise – de l’utiliser pour le négatif, car le Tout-Puissant a donné ce pouvoir créateur à la langue. Sachons utiliser cela pour le bien, dans notre dimension horizontale, pour recevoir la dimension verticale, la dimension divine.




