“Mamannnnn je veux une glace, une glace, une glace ! Pourquoi tu dis non ? Tu es méchante !” vous lance votre adorable petite fille de 6 ans. Une phrase qui pourrait vous toucher en plein cœur (moi, méchante ? Oh non, je lui ai fait de la peine…), mais qui ne vous atteint pas si vous savez pourquoi vous dites non pour cette fameuse glace. Cette petite vient tout juste de sortir de chez le dentiste, qui lui a trouvé trois caries… alors hors de question de l’exposer davantage au sucre. Pourtant, à ses yeux, vous êtes cruelle. Facile à comprendre comme situation, non ? Et pourtant… combien de fois agissons-nous exactement de la même manière avec Hachem, en remettant en question Ses décisions, en pensant qu’Il nous a oubliées ? Ce schéma de pensée est un vrai frein à notre joie. Alors, quelle conviction faut-il développer pour ne plus raisonner ainsi et accéder à une véritable paix intérieure, quelles que soient les circonstances de notre vie ?

Qui ne rêve pas d’une vie paisible et sans embûches ? En effet, c’est le rêve de tout le monde... Sauf que parfois, ce que l’on prend pour des obstacles sont en réalité des tremplins.

Prenons un exemple : vous êtes coincée dans un bus depuis 40 minutes, vous allez arriver en retard au travail, c’est certain. Vous pouvez pester contre la situation, les travaux, les grèves… Bref, contre tout ce qui rend aujourd’hui la circulation impossible. Qu’est-ce qui en ressortira ? De la frustration, de la colère… Ou bien, vous pouvez choisir de vous dire (et vous devez vous le dire) que cette situation est taillée sur mesure. Hachem a précisément orchestré cet instant. Il sait mieux que vous pourquoi vous devez être bloquée à ce moment-là : peut-être vous a-t-Il évité une mauvaise rencontre au travail ? Peut-être que ces 40 minutes de bus sont l’occasion parfaite pour passer cet appel médical que vous repoussez depuis des semaines ? Ou peut-être allez-vous faire la connaissance de votre voisine de bus, future femme de votre cousin de 30 ans encore célibataire ?

Bref, activez votre imagination, explorez tous les scénarios possibles et jugez positivement cette situation qui, au premier abord, semble pénible !

En réalité, la clé de la véritable joie, c’est d’accepter toute situation et d’apprendre à “surfer” avec elle. À ce moment-là, les difficultés deviennent des tremplins pour vous élever. En un mot : ADAPTATION. Reconnaître que chaque événement est le meilleur pour nous à un instant T et savoir en saisir les opportunités cachées, voilà ce qui transforme une contrariété en levier de croissance.

Oui, parfois, cela fait mal, me direz-vous. Effectivement, il ne s’agit pas toujours d’un simple embouteillage, mais parfois d’épreuves bien plus dures à encaisser. Pourtant, le simple fait de se dire qu’Hachem a infiniment pitié de nous, plus que nous ne pourrions l’imaginer, est déjà un immense réconfort. Attention ! Accepter la situation ne veut pas dire sombrer dans le désespoir ou renoncer à s’en sortir. Cela signifie continuer à prier, à demander l’aide d’Hachem avec confiance — sans amertume, sans penser un instant qu’Il agit avec cruauté, ‘Has Véchalom.

La phrase “Hakol Létova” (tout est pour le bien) est souvent prononcée après coup, comme un remontant. Parfois, c’est devenu une formule de “religieux”, un réflexe au même titre qu’un “Baroukh Hachem” (grâce à D.ieu) murmuré en mode automatique. Mais pour atteindre la vraie joie, le “Hakol Létova” doit devenir un leitmotiv, une conviction profonde. Je dois me répéter que Hachem a un seul objectif : mon bien. Me faire devenir une meilleure personne, m’aider à atteindre la version optimale de moi-même. Et parfois, pour cela, Il doit me secouer un peu… mais toujours avec amour. Chaque secousse n’a qu’un but : me faire grandir.

Selon le Or’hot Tsadikim, dans son chapitre sur la Sim’ha (joie) : il faut répéter sans cesse qu’Hachem veut notre bien, qu’Il est le seul à savoir ce dont nous avons vraiment besoin et qu’il ne faut jamais douter de Sa miséricorde. Certes, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais plus on se le répète, plus on s’en convainc.

Tout comme une petite fille comprendra un jour que sa mère lui a sauvé ses dents, sa santé — et probablement sa silhouette — en refusant parfois une glace, avec le temps on commence à comprendre pourquoi Hachem nous a placée dans certaines situations qui nous semblaient au départ inextricables ou insupportables. Et c’est justement cette conviction qui peut nous mener vers une vraie joie.

Don’t worry… be happy !