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Il m’a pardonné, dois-je encore me soucier de ce qu’il pense ?

Rédigé le Lundi 21 Septembre 2026
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Il y a quelque chose qui me préoccupe beaucoup.

Hachem est bon avec nous, Il est prêt à tout nous pardonner si nous Lui montrons que nous voulons changer. Donc, pour faire Téchouva vis-à-vis de Lui, cela paraît plutôt faisable tant que nous avons la volonté.

Mais vis-à-vis des hommes, c'est différent...

Comment peut-on espérer le pardon de quelqu'un à qui nous avons pu faire du mal ? Même si elle nous accorde son pardon, nous ne pouvons pas être assurés que tous les ressentiments auront disparu. Comment peut-on reconstruire une relation sur la base d'un simple pardon ?

C'est normal que la relation avec une personne à qui nous avons fait du mal soit impactée d'une façon ou d'une autre. Elle peut perdre confiance, estime... J'ai du mal à concevoir comment cela peut repartir de zéro simplement en demandant pardon. Bien entendu, les efforts pour reconstruire cette relation sont nécessaires. Se dire cela est vraiment décourageant pour demander pardon, car nous savons que cela ne sera jamais plus comme avant, contrairement à la relation que nous avons avec Hachem.

Merci Rav de m'éclairer.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
45648 réponses

Bonjour,

En effet, plus la faute commise envers notre prochain a été blessante, gênante ou vexante, plus il nous paraît difficile, voire inconcevable, d'imaginer que les liens puissent redevenir exactement comme avant.

Mais pour répondre à votre question, il faut bien faire la différence entre ce que la Téchouva exige de nous et ce qui ne relève plus de notre ressort :

Demander pardon à l'autre, c'est, d'abord et avant tout, lui prouver de façon honnête et sincère que l'on reconnaît sa faute et que l'on regrette amèrement le tort ou la douleur qu'on lui a causés. Il faut tout mettre en œuvre pour obtenir ce pardon, y compris, si cela est possible, en lui faisant un cadeau pour concrétiser nos regrets.

Hachem ne nous demande pas des choses irréalisables. Notre responsabilité consiste à faire une vraie démarche de demande de pardon et de réparation. Dès lors que l'autre personne exprime verbalement sa Mé'hila [son pardon], nous devons accepter sa parole et considérer qu'elle efface la faute. Ce qui subsiste dans les profondeurs de son cœur ne doit plus devenir une source de paralysie ou de découragement pour nous. Nous ne pouvons pas contrôler les pensées d'autrui, et la Torah ne nous rend pas responsables de ce que l'autre choisit de garder en lui une fois le pardon accordé.

Il est vrai que dans certains cas, des cicatrices ou de petites séquelles peuvent rester un temps. Mais le pardon n'est pas un coup de baguette magique qui efface le passé en un instant : c'est la porte d'entrée qui permet au temps, aux efforts et à la sincérité de refaire leur effet. Très souvent, avec le temps et la constance dans la bienveillance, on constate que la relation se restaure pleinement, et parfois même qu'elle devient plus solide qu'avant.

Il ne faut donc surtout pas se décourager de faire le premier pas. Demander pardon est une immense Mitsva. L'accomplir avec sincérité et honnêteté est ce qu'Hachem attend de nous.

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.

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