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Comment m'attrister sur la perte du Beth Hamikdach ?

Rédigé le Mercredi 15 Juillet 2026
La question de Anonyme

Bonjour,

Je n'arrive pas vraiment à me attrister de la perte du Beth Hamikdach, car je ne perçois pas sincèrement ce que nous avons perdu.

Je respecte les restrictions des 3 semaines, mais j'ai l'impression de passer à côté de la vraie raison pour laquelle nous avons ces restrictions.

J'ai beau me dire : "nous avions les Korbanot (sacrifices), Hachem a perdu Sa maison", etc., je n'arrive pas à le ressentir fortement. Je ne ressens pas non plus de diminution de ma joie dans les événements joyeux à cause de Jérusalem, comme au moment où un 'Hatan casse le verre...

Auriez-vous des conseils sur des lectures ou d'autres supports qui soient accessibles et qui m'aideraient à ressentir cette perte ?

Merci beaucoup.

La réponse de Rav Avraham GARCIA
Rav Avraham GARCIA
9000 réponses

Chalom Ouvrakha,

Ce que vous décrivez est une difficulté que beaucoup de personnes ressentent. Il est en effet difficile de faire le deuil de quelque chose que l'on n'a jamais connu.

Nous savons que le Beth Hamikdach était le cœur de la vie spirituelle d'Israël. Pourtant, il est naturel que cette connaissance reste parfois intellectuelle, sans se traduire immédiatement par un véritable sentiment de manque.

Cependant, le fait même que cette situation vous interpelle est déjà très significatif. Si cela vous dérange de ne pas ressentir davantage ce manque, c'est bien que vous ne vous en désintéressez pas. Vous aspirez à ce que votre cœur rejoigne ce que votre esprit sait déjà. C'est souvent ainsi que débute un véritable travail intérieur (voir Alé Chour, tome II, p. 411).

Nos maîtres enseignent d'ailleurs que le sentiment même d'être éloigné est parfois déjà une forme de rapprochement (Mo'èd, voir aussi Mikhtav Méeliyahou, tome II, p. 47).

Une première démarche pourrait être de mieux découvrir ce qu'était réellement le Beth Hamikdach. Plus nous comprenons ce qu'il représentait, plus il devient possible d'en ressentir l'absence. L'étude des Korbanot, du service des Cohanim ou des différents aspects de la 'Avoda peut beaucoup y contribuer. À titre personnel, les Michnayot de Bikourim m'ont particulièrement aidé à développer cette sensibilité. Il y avait aussi le service du Cohen Gadol le jour de Kippour et la Sim'hat Beth Hachoéva pendant Souccot [Michna Soucca chapitre 5].

Il est également utile de réfléchir à ce que signifie concrètement l'absence du Beth Hamikdach dans notre réalité quotidienne.

Son absence signifie notamment :

que la Présence Divine ne se révèle pas encore pleinement dans le monde [voir Noda Biyehouda Tanina Ora'h 'Haïm Siman 107]. Même notre rapport à la Torah n'est plus celui qu'il devrait être (voir le Gaon de Vilna sur Michlé 7,20), et la crainte de la faute n'a plus la même profondeur (voir le Ramban au début de Vayikra). qu'Israël n'a pas encore retrouvé toute son unité. Même lorsque nous sommes réunis sur notre terre, les divisions demeurent. que le monde tout entier n'a pas encore atteint l'état de perfection auquel il est destiné.

Ainsi, le deuil du Beth Hamikdach ne consiste pas seulement à regretter un édifice détruit il y a près de deux mille ans. Il consiste surtout à prendre conscience que la création n'a pas encore atteint son accomplissement.

On remarque d'ailleurs que la Torah elle-même présente comme objectif de la sortie d'Égypte la résidence de la Présence Divine au milieu d'Israël (voir Tétsavé 29,46, ainsi que Rachi, Ibn Ezra et Rabbénou Be'hayé).

Qu'Hachem nous accorde le mérite de voir très prochainement la reconstruction du Beth Hamikdach, avec la Guéoula complète, rapidement de nos jours.

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