On raconte qu’un jour, la femme d’un Juif aveugle se mit à préparer des pâtisseries destinées à la vente. Ce Juif sortit de chez lui, vendit les pains et les gâteaux de son épouse, ce qui leur permit de gagner de l’argent et de subvenir aux besoins du foyer. Un jour, la police arriva, arrêta l’homme en question et lui confisqua toutes les pâtisseries, arguant qu’il était interdit de vendre dans la rue. Il se mit à crier et à se défendre, à dire qu’il était aveugle, à pleurer et à se lamenter du fait qu’on lui avait retiré tout moyen de subsistance. Mais les policiers non-juifs n’eurent pas pitié. Ils lui confisquèrent toute sa marchandise et s’en allèrent, le laissant seul.
Un autre Juif, Rav Yéhochoua, vit la scène et se mit à pleurer tant il eut de la peine. Le lendemain, il se leva de bonne heure et alla rapidement chez l’aveugle pour lui acheter toute sa marchandise du jour. C’est ainsi que, dès lors, Rav Yéhochoua se comporta chaque jour ; il se dépêchait de venir lui acheter, de bon matin, toutes les pâtisseries pour éviter qu’il ne se fasse prendre par la police et pour qu’il puisse pourvoir aux besoins quotidiens de sa maisonnée. Rav Yéhochoua gardait un peu de gâteaux pour sa propre famille et distribuait le reste aux pauvres.
Un troisième homme vit cela et comprit le stratagème. Il demanda à Rav Yéhochoua la raison de son comportement. Pourquoi ne pas simplement donner à l’aveugle et à son épouse de l’argent, de façon à épargner à cette dernière de vains préparatifs ?
Rav Yéhochoua répondit : « Écoute, cet aveugle n’a rien. Nos Sages affirment qu’un aveugle est comparable à un mort. Quand il se présente comme marchand, qu’il fait du commerce, il ressent qu’il a quelque chose. Et ce plaisir, je ne veux pas le lui prendre ! C’est pourquoi je continuerai à lui acheter sa marchandise, à lui procurer la joie de vendre, quitte à ce que sa femme travaille un peu pour cela. L’essentiel étant de ne pas retirer à l’individu toute source de vitalité. »
Il faut être intelligent et bien réfléchir pour soutenir son prochain de la manière qui lui soit la plus profitable ; quand on fait du 'Hessed envers quelqu’un, ne pas lui donner l’impression qu’il est faible, qu’il dépend des autres. Nos Sages enseignent que la plus grande forme de 'Hessed consiste à proposer un prêt et, par la suite, à ne pas demander de remboursement.
La nature humaine nous pousse à prendre le contrôle, à nous sentir plus hauts, plus riches, à vouloir donner et à faire en sorte que l’autre sente qu’il reçoit de notre part. Or, Celui qui donne, c’est Hachem. Et nous sommes tous « receveurs ».
C’est un travail sur lequel il convient de se focaliser durant le mois de Av, afin de rectifier la faute de haine gratuite, nous devons prodiguer l’amour gratuit, aider autrui, mais sans le rabaisser.
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