Chaque jour de Souccot, nous jouissons d’un mérite exceptionnel : nous recevons des hôtes prestigieux qui ne sont autres que les pères de la nation... et ce soir, il s'agit de Moché Rabbénou ! Nous avons la coutume de dire des paroles de Torah concernant l’invité du jour. Ainsi, l'équipe Torah-Box a jugé bon de vous en parler, ainsi que vous aussi, vous en parliez à table sous la Soucca...

Cent trente ans après que les Bné Israël furent descendus en Egypte, Pharaon fit un rêve. Un seul ministre, du nom de Bi’lam, osa l’interpréter : « Un grand malheur va s’abattre sur l’Egypte à la fin des temps, car un enfant va naître parmi le Peuple d’Israël qui va détruire tout le pays. Si la chose plaît au roi, qu’il fasse paraître le décret que tout garçon naissant parmi les Juifs soit tué, afin d’éradiquer le mal du pays ». Le roi en fit ainsi et un décret sortit dans tout le pays d’Egypte : « Chaque garçon qui naîtra, jetez-le dans le Nil ».

Cependant, malgré tous les efforts des Egyptiens pour les noyer, Hachem protégea ces nouveau-nés et la majorité fut sauvée. Comment ? Il ordonna aux vagues de rejeter les nourrissons vers le désert. Là-bas se trouvait un ange qui les nettoyait et les soignait comme une accouchée s’occuperait de son enfant. Il leur donnait deux boules, une remplie d’huile et l’autre de miel. Comme il est dit (Dévarim 32, 13) : « Il lui a fait sucer le miel de la roche, et l’huile de la dureté de rocher ».

La dissimulation de Moché

Yokhéved, alors qu’elle était âgée de 130 ans, attendit un enfant. Elle mit au monde Moché au sixième mois de sa grossesse, le 7 du mois d’Adar. Dès qu’il naquit, toute la maison se remplit de lumière. Cependant, l’inquiétude gagna ses parents : que faire pour que les Egyptiens ne s’emparent pas du nouveau-né et ne le jettent pas dans le Nil ? Du fait qu’il était né prématurément, ils purent le cacher à la maison trois mois. En effet, les Egyptiens ne s’attendaient à une naissance que neuf mois après le retour de Yokhéved dans son foyer. 

Le 6 du mois de Sivan, trois mois après la naissance de Moché, ses parents comprirent qu’il devenait dangereux de continuer à le garder à la maison. N’ayant pas d’autre choix, ils essayèrent de le sauver et optèrent pour une solution dont les chances de réussite semblaient, a priori, infimes. Ils conçurent un petit berceau creux et placèrent le bébé à l’intérieur. Ils le déposèrent sur le Nil. Laissant le bébé livré à lui-même, sachant qu’il risquait de se noyer à tout instant et craignant qu’il ne soit découvert, c’est avec un cœur lourd et plein d’appréhension qu’ils mirent leur plan à exécution.

Batia "adopte" Moché

Ce matin-là, Batia, la fille de Pharaon, sortit se baigner dans le Nil. Pour quelle raison avait-elle besoin de s’immerger dans le fleuve ? Certains disent qu’elle désirait par là se purifier de l’idolâtrie pratiquée dans la maison de père afin de pouvoir se convertir. D’autres, qu’elle était atteinte de Tsara’at (sorte de lèpre) et qu’elle voulait soulager ses douleurs dans les eaux salvatrices et réparatrices du Nil. Elle aperçut alors le berceau de Moché. Elle étendit le bras pour s’en saisir. Batia étendit son bras qui s’allongea sur une longueur de 12 amot (six mètres

Myriam, la sœur de Moché, s’était tenue tout le temps sur le côté afin de surveiller ce qui se passait. Elle continua à suivre le déroulement des évènements et vit que Batia cherchait pour Moché une nourrice qui pourrait l’allaiter, mais que celui-ci n’était disposé à boire d’aucune femme. Alors, Myriam se présenta à Batia et lui proposa de lui donner une nourrice juive. Elle accepta et Myriam amena Yokhéved afin qu’elle allaite son fils. Batia, évidemment, ignorait le lien qui existait entre la nourrice et le bébé. Yokhéved put ainsi nourrir Moché pendant deux ans jusqu’à son sevrage.

Moché dans le palais de Pharaon

Ainsi grandit Moché dans le palais du roi, vêtu d’habits princiers, disposant de tous les agréments royaux. Malgré cela, il sortait voir la souffrance de ses frères qui travaillaient dans la boue et pleurait. Il disait : « Je souffre de les voir ainsi, je suis prêt à donner ma vie pour eux ». Il soutenait et aidait les Bné Israël. Hachem lui dit : « Tu as abandonné le pouvoir et la grandeur et tu es parti voir la peine de ton peuple. Tu t’es comporté avec eux comme un frère. Je jure que Moi aussi, J’abandonnerai les anges et les habitants de la terre et Je viendrai te parler ».

Moché, voyant que les Bné Israël travaillaient sans relâche, se rendit auprès de Pharaon et lui dit : « Si quelqu’un a un serviteur et que ce dernier ne se repose même pas un jour par semaine, il peut mourir. De même, tes esclaves, si tu ne leur accordes pas un jour de répit, vont mourir ». Pharaon accepta et Moché institua que le Chabbath serait ce jour. 

Alors qu’il était âgé de douze ans, Moché sortit pour se rendre auprès de ses frères et vit un Egyptien frapper un Hébreu, avec l’intention de le tuer. Après avoir vérifié par Inspiration Divine qu’il ne sortirait de cet égyptien aucune descendance qui se convertirait, il le tua à l’aide du Nom Ineffable de D.ieu et l’enterra dans le sable. Puis, il s’en retourna au palais pendant que l’homme hébreu rentrait chez lui. Le lendemain, Moché fut témoin d’une dispute entre deux Hébreux [Datan et Aviram]. L’un d’eux levait la main voulant frapper le second. Moché lui dit sur un ton de reproche : « Pourquoi vas-tu frapper ton ami ? » Ils s’irritèrent contre lui et allèrent dénoncer auprès de Pharaon ses actes de la veille. 

Moché à Midian 

Moché s’enfuit au pays de Midian. Là-bas, près du puits, il vit les bergers de l’endroit conspirer contre les filles d’Yitro. Moché les sortit de cette situation et les aida même à puiser de l’eau. Alors, Yitro invita Moché à séjourner chez lui et lui donna sa fille Tsipora pour femme. Il eut un fils auquel fut donné le nom de Guerchom, car il est dit : « Etranger ("guer") j’étais sur une terre étrangère ».

Hachem se dévoile à Moché 

Le même jour, Hachem se dévoila à Moché. Il avançait dans le désert, quand il vit un buisson d’épines qui poussait dans l’eau. Celui-ci était en flammes, mais miraculeusement, il ne se consumait pas ! Et l’eau qui se trouvait en dessous n’éteignait pas le feu !

C’est de l’intérieur même du buisson qu’Hachem s’adressa à Moché. Il lui dit que la plainte des Bné Israël, en proie aux souffrances et à la douleur, ne L’avait pas laissé indifférent. Le moment était enfin venu de les libérer. Il l’avait choisi, lui, Moché, pour être celui qui irait les sauver. Durant sept jours, Moché, dans son immense humilité, refusa ce rôle, pensant qu’il revenait à Aharon, son frère aîné. A ce moment, c’était lui qui dirigeait les Bné Israël en Egypte. Hachem ordonna à Moché de retourner en Egypte, le Bâton Divin dans la main, afin d’accomplir, à l’aide de celui-ci, signes et prodiges aux yeux des Bné Israël et de Pharaon

Moché retourne en Egypte

Quand les Bné Israël virent Moché, ils crurent immédiatement dans le fait qu’il était envoyé par Hachem. Afin de renforcer davantage leur confiance, Moché leur montra trois signes, comme Hachem lui avait ordonné. Premièrement, il jeta le bâton à terre qui prit immédiatement l’apparence d’un serpent. Deuxièmement, il mit sa main sur sa poitrine et la ressortit couverte de lèpre. Il la réintroduisit et elle réapparut guérie. Ainsi, Hachem montra au peuple que Lui seul détient les clés de la vie et de la mort. Par Sa parole, le bâton inerte se transforma en créature vivante et également par Sa parole, Il enleva la vie à la main de Moché en le recouvrant de plaies. En troisième lieu, Moché déversa de l’eau sur le sol qui se changea en sang. 

Après avoir fait l’annonce au peuple de sa libération prochaine, Moché et Aharon rassemblèrent les soixante-dix Anciens, et ensemble, ils se dirigèrent vers le palais de Pharaon               

Ils se présentèrent à Pharaon, enveloppés de leurs vêtements, leurs bâtons dans leurs mains. Ils ne le saluèrent ni ne l’honorèrent. Il en fut humilié. Lorsqu’il vit Moché et Aharon, il fut saisi de panique, car leur apparence était celle des anges de service et leur stature, celle des cèdres du Liban. 

La transformation du bâton en serpent

Moché et Aharon entrèrent au palais sans autorisation. Ils dirent à Pharaon : « Hachem nous envoie pour te dire de laisser sortir les Bné Israël d’Egypte ». Il leur répondit : « Faites-moi un prodige par lequel je vais pouvoir vérifier la force et les possibilités de votre D.ieu ». Aharon, qui s’était préparé à une telle demande, jeta immédiatement son bâton à terre. Moché dit : « Qu’il soit un serpent », et il en fut ainsi. Tout le monde fut témoin que le serpent avait été créé par la parole de Moché

Pharaon se moqua d’eux et ricana. Il fit amener quelques enfants âgés de quatre ou cinq ans. Ils prirent chacun un bâton et en produisirent un serpent. Même la femme de Pharaon en fit de même. 

Que fit Aharon ? Après que tous les serpents redevinrent des bâtons, il prit le sien et le fit avaler tous les autres. Pharaon et tous les grands de la royauté en furent très troublés. Pharaon, effrayé et surpris, dit : « Que va-t-il se passer si Aharon ordonne à son bâton de m’avaler, moi et mon trône ? »

Mais de nouveau, Pharaon endurcit son cœur et refusa d’écouter. Chaque fois que Moché quittait le palais, Pharaon disait : « S’il revient, je le tuerai, je le brûlerai ! » Et quand Moché arrivait, Pharaon devenait comme un morceau de bois, immobile et il ne pouvait pas porter la main sur lui. Pharaon pensait être capable de faire tout ce qu’il désirait. Mais Hachem lui prouvait que même sur son propre corps, il n’avait aucun pouvoir. 

La sortie d’Egypte

Comme Pharaon refusait de libérer les Bné Israël, Hachem envoya sur lui et sur toute l’Egypte les dix plaies, des épreuves difficiles et amères. Au terme de celles-ci, Pharaon accepta de faire sortir le peuple. 

En 2448 après la Création du monde, le cinquième jour de la semaine, le quinze du mois de Nissan, les Bné Israël sortirent d’Egypte. « En ce jour-là même », au milieu de la journée. Pas la nuit, comme le font les voleurs. D.ieu a dit : « Je vous fais sortir au milieu du jour, et celui qui a la force de s’y opposer, qu’il vienne et s’y oppose ! »

Cependant, pas une personne ne vint les retarder ou essayer de les contrer. Même les chiens ensorcelés des Egyptiens firent honneur aux Bné Israël et n’aboyèrent pas, alors que pendant toute la nuit où la plaie des premiers-nés avait sévi, les chiens avaient aboyé et avaient sorti tous les morts de leur tombe. Les Egyptiens ne leur demandèrent qu’une chose : qu’ils partent. Pharaon lui-même les accompagna un peu et leur demanda qu’ils prient en sa faveur.

Le plus grand des Prophètes

Le Créateur du monde témoigne à propos de Moché Rabbénou : « Dans toute Ma maison, il est fidèle. Face à face Je parlerai avec lui, et Me révélant dans une vision et non dans des énigmes, et il contemplera l’image d’Hachem ». (Bamidbar 12, 7-8) 

« Hachem parlera à Moché face à face, comme parlera un homme à son prochain, il retournera vers le camp ». (Chémot 33, 11) 

« Et il ne s’est plus levé de Prophète en Israël comme Moché, auquel Hachem S’est fait connaître face à face ». (Dévarim 34, 10)

Le décès de Moché Rabbénou, la paix soit sur lui


Personne ne s’occupa d’ensevelir Moché, ni un Ben Israël et ni un ange. Hachem l’enterra Lui-même. Comme il est dit : « Il l’enterra dans la vallée, dans le pays de Moav ». Pourquoi fut-il enseveli en dehors des limites d’Erets Israël ? Afin que par son mérite, les défunts se trouvant hors d’Erets Israël puissent également revivre. A quelle date Moché est-il parti de ce monde ? Le 7 Adar. Que son mérite nous protège ainsi que tout le Peuple d’Israël, Amen. (Midrach Rabba Dévarim – Midrach Rabba Vaét’hanan – Otsar Hamidrachim ‘Erekh Moché)